alios-cameroun-27-10-2026
Breaking News
Chargement des breaking news...
App Logo
Magazine
    Bientôt disponible...
Je m'abonne
App Logo
MagazineJe m'abonne
Je m'abonne
Politiques PubliquesEecomembre

Relance de l'économie : Celestin Tawamba poursuit son plaidoyer auprès du Premier ministre.

Le Président du Gicam, la plus importante organisation patronale du pays, qui a eu un nouvel entretient avec le Premier ministre, Chef du gouvernement, appelle ce dernier à une action plus résolue, plus claire, plus forte et plus courageuse pour aider les entreprises, durement affectées par la crise, à se relever.

Publiée mardi 28 juillet 2020 à 22:46:19Modifiée mardi 7 décembre 2021 à 14:15:10Temps de lecture 7 minPar EcoMatin

ecomatin.net-milieux-des-affaires-ce-que-le-gicam-propose-au-grand-dialogue-national-celestin-tawamba-dion-ngute

En moins d’une semaine, ils se seront parlé deux fois. La première, à la demande du Président du Groupement Inter patronal du Cameroun (Gicam), la plus grande et la plus puissante des organisations patronales du pays, venu alors présenter à son hôte les conclusions particulièrement anxiogènes de la deuxième étude menée par le Gicam sur l’impact de la Covid-19 sur les entreprises camerounaises. Le Premier ministre, Chef du gouvernement, qui conduit la riposte gouvernementale face à la crise sanitaire et ses débordements socio-économiques, laquelle riposte a été consolidée sur la base des conclusions de l’étude menée par le gouvernement et l’administration publique camerounais à ce sujet, avait promis à Célestin Tawamba, de le recontacter «rapidement». Il a donc tenue parole ce 27 juillet 2020, certes par visio-conférence, et le Président du Gicam dit y voir une «grande preuve de (sa) volonté d’un dialogue public-privé respectueux car équitable et partagé».

Mais cet homme que l’on dit pragmatique et peu à l’aise avec les interminables prévenances des diplomates, n’a pas tardé, dès l’entame de cette visio-conférence, à aller «droit au but» : «l’oxygène dont manquent les malades de la Covid-19 est un symptôme identique à celui des entreprises dont l’air financier se raréfie avec un marché qui se contracte sous la conjonction de plusieurs crises», assure gravement Célestin Tawamba, qui peint aussitôt le portrait d’une économie nationale aux couleurs sombres.

«Nos entreprises de l’économie formelle, et largement regroupées au sein du Gicam, vivent en effet des moments particulièrement difficiles. À l’évidence du fait de l’impact de cette crise sanitaire mondiale mais aussi parce que nos entreprises vivent depuis plusieurs années déjà, les effets d’autres crises sécuritaires et de devises. À cela s’ajoutent une baisse de pouvoir d’achat et l’informalisation croissante de notre économie au sein d’une sous-région en détresse car dépendante d’une économie pétrolière et gazière totalement en panne et volatile», constate le Président du Gicam, en écho aux conclusions de la deuxième enquête menée auprès des patrons camerounais, dont les résultats, pire que ceux de la première étude effectuée en avril 2020, priveraient de sommeil même le plus distrait des dirigeants : entre avril et juin 2020, 96,6% d’entreprises camerounaises ont été impactées négativement par la Covid-19 ; les estimations de pertes de chiffre d’affaires se montent à 310,1 milliards Fcfa pour le seul mois d’avril 2020, soit une baisse de 31% en glissement annuel, ce qui représente une réduction de la contribution fiscale de ces entreprises d’un montant de 51,5 milliards Fcfa ; quant aux pertes de chiffre d’affaires sur l’année 2020, celles-ci se chiffrent 3139 milliards Fcfa par rapport à l’année 2019 ; sur le volet de l’emploi, 53 346 employés auraient déjà été mis en chômage technique selon l’étude, tandis que 13 834 employés auraient purement et simplement été licenciés du fait de cette crise. (Consultez ecomatin.net pour avoir les détails des conclusions de cette étude).

Lire aussi : Covid-19 : le Gicam revendique un plan de relance économique

Esprit combattif

Mais ce qui peuple et enserre les nuits et l’esprit des patrons camerounais selon le Président du Gicam, c’est avant tout l’option du gouvernement d’appliquer les recettes de la médecine douce à un patient qui lui, relève de la thérapie de choc. De quoi réveiller l’esprit combattif de l’industriel, qui refuse de se résoudre à «accepter, qu’avec les évolutions actuelles, tout soit perdu !». «En effet tout ne sera pas perdu si nous agissons d’une part la main dans la main, et d’autre part, rapidement. Agir là est la clé et surtout, agir ensemble et autrement, car toutes ces menaces sont autant d’opportunités d’améliorer et donc finalement de réinventer notre économie pour accroître sa résilience et son dynamisme et affirmer son rôle majeur de locomotive de l’Afrique centrale», assure ce patron construit à la conception anglo-saxonne des affaires, qui cherche en chaque menace, une occasion de «Take a chance».

«Agir là», dit Célestin Tawamba au Premier ministre, c’est mettre un terme à ce «système fiscal inadapté, car basé sur le chiffre d’affaires», un système fiscal «unique au monde (et) terriblement injuste». Sans doute par souci de ménager son interlocuteur, n’a-t-il pas qualifié ce système fiscal de «confiscatoire», comme en d’autres circonstances, mais à l’évidence, il ne le pensait pas moins. «Agir là» c’est donc passer à une fiscalité fondée sur la création des richesses, et procéder à un élargissement de l’assiette fiscale, qui constituent, avec d’autres critères (création d’emplois, montant d’investissements directs étrangers et privés…) les aunes plus objectives d’évaluation d’une politique fiscale, en tout cas plus objectives que la simple arithmétique positive des recettes fiscales collectées, mesure que tente d’imposer l’administration fiscale camerounaise pour évaluer tout aussi positivement la politique fiscale actuelle et interdire tout débat constructif sur sa pertinence (voir enquête page 8).

Accueil favorable

«Agir là», selon Tawamba c’est procéder à la «formalisation des filières prioritaires et des champions nationaux, (à) la consécration de la notion du Local content et de la souveraineté nationale, pour les inscrire dans un processus de protection et de stabilité de la part de l’Etat» ; c’est «(étendre) la validité des mesures de soutien fixée au 30 juin sur l’ensemble de l’année» ; c’est aussi «(suspendre) jusqu’en fin d’année 2020 (les) contrôles fiscaux, douaniers, (la) CNPS ainsi que ainsi que tous les autres contrôles diligentés par les autres administrations »; c’est poursuivre le remboursement «systématique des crédits de TVA» ; c’est prendre des «mesures de soutien à la trésorerie des entreprises notamment par l’aménagement des règles de provision de la COBAC afin de permettre aux banques d’accorder les reports d’échéances de paiement, la mise en place de fonds de soutiens aux GE (Grandes entreprises, ndlr) et PME(Petites et moyennes entreprises, ndlr) avec des emprunts garantis par l’Etat-ce qui permettrait en sus de bénéficier des taux bonifiés, l’octroi de subventions à certaines filières et secteurs touchés par la pandémie». Le détail, en somme, d’un véritable Plan de relance économique, que le Président du Gicam appelle de tous ses vœux, et dont les contours devraient arrêtés d’accord partie avec le gouvernement dans le cadre d’une concertation franche.

«Le temps est venu de rompre avec la tentation bien établie dans notre pays de différer l’engagement de réformes économiques structurelles d’envergure, qui nous auraient mieux préparé à faire face aux déséquilibres et ruptures nés de la pandémie de la Covid-19. Le temps est venu de mettre l’entreprise au centre des politiques économiques et sociales. Ne l’oublions jamais, l’entreprise est le principal créateur de richesses et des emplois, et le principal contributeur aux recettes budgétaires de l’Etat», a martelé le Président du Gicam au Premier ministre chef du gouvernement.

Joseph Dion Ngute aurait, sur la base des recoupements effectués par EcoMatin, accueilli favorablement cet appel à une action plus résolue et aurait même instruit les ministres compétents, aux premiers rangs desquels ceux en charge de l’Économie et des Finances, d’examiner ces propositions. Mais Célestin Tawamba le dit bien : l’heure est à «l’agir là».

Lire aussi : Covid-19 : le Gicam insatisfait des mesures d’assouplissements du gouvernement

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article nécessite un abonnement EcoMembre pour y accéder.

Contactez le service client
  • Accueil
  • Politiques Publiques
  • Relance de l'économie : Celestin Tawamba poursuit son plaidoyer auprès du Premier ministre.
CamerounGICAMDion NgutecoronavirusArchive
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Dans la même catégorie

Banque africaine de l'EnergiePolitiques PubliquesPétrole : l’Afrique se dote d’une banque de l’énergie d’un capital de 5 milliards de dollarsLa nouvelle institution financière, portée par Afreximbank et l’Organisation des producteurs de pétrole africains (APPO), naît alors que plusieurs pays de la Cemac qui en sont membres peinent à raffiner leur brut.il y a 5 heuresEpremiumLa Guinée éauqtoriale se tourne vers les compteurs prépayésPolitiques PubliquesCameroun : une fraude aux compteurs prépayés coûte 1,4 milliard FCFA à SocadelL'ARSEL révèle le démantèlement d'un réseau de fraude aux recharges électriques, impliquant plus de 4 300 clients. Le régulateur estime le manque à gagner à 1,4 milliard de FCFA et pointe plusieurs failles dans le système de facturation.​ il y a 3 joursEpremiumDélestagePolitiques PubliquesCameroun/coupures d’électricité : 126 heures par client en 2025 selon l’ARSEL, 46 heures selon SOCADELLa mise en service complète du barrage hydroélectrique de Nachtigal (420 MW) n'a pas empêché une nouvelle dégradation de la qualité du service électrique au Cameroun. Selon l'ARSEL, la durée moyenne des coupures a augmenté de 29 % en 2025, alors que les volumes d'électricité injectés sur le réseau progressaient de 5,7 %.il y a 4 joursEpremiumeneoPolitiques PubliquesÉlectricité : le Cameroun prévoit 40 milliards FCFA par an jusqu'en 2029 pour restructurer la Socadel La Société camerounaise électricité devra se redresser avec 40 milliards dès 2027. Une enveloppe jugée « faible » par les conférences budgétaires, alors que son prédécesseur a laissé une dette de 850 milliards FCFA.il y a 4 joursEpremiumWhatsApp Image 2026-10-29 at 12.27.31Politiques PubliquesCameroun : l'État envisage de reprendre à sa charge la dette issue du contrat rompu avec TollcamPlus de deux ans après la suspension du partenariat avec Tollcam, le gouvernement camerounais cherche toujours à régler les conséquences financières de cette rupture. L’opérateur réclame 30 milliards FCFA à l’État.il y a 4 joursART - Orange Cmr1Politiques PubliquesCameroun : l’ART opère une mission d’inspection des investissements et réalisations d’Orange Cameroun à DoualaA l’issue d’un conclave tenu la semaine dernière dans la capitale économique, l’Agence de régulation attend des actions de l’opérateur et plusieurs décisions ont été prises.il y a 4 jours

Articles similaires

Daniel DINDJI, Grand Prix Prestige Étoile d'Afrique du PADEV 2026, Kigali, 23 octobre 2026.Business et EntreprisesPaiement électronique : le patron de CinetPay distingué trois fois à KigaliRéuni à Kigali les 22 et 23 octobre 2026, le Prix Africain de Développement (PADEV) a distingué à trois reprises Daniel DINDJI, fondateur et directeur général de CinetPay. Une reconnaissance qui vise autant l'entrepreneur que l'infrastructure de paiement qu'il a bâtie depuis Abidjan.il y a 2 joursWhatsApp Image 2026-10-29 at 11.04.46 AMBusiness et EntreprisesBertrand Mbouck prend la tête de Dangote Oil & Gas Cameroon, nouvelle société du groupe Dangote dédiée aux hydrocarburesBasée à Douala, avec un centre opérationnel déclaré à Kribi, la nouvelle filiale camerounaise du groupe Dangote ambitionne d'intervenir dans le stockage, le raffinage et le transport d'hydrocarbures, mais aussi dans la très disputée distribution de carburants et de gaz domestique. Un marché où règnent déjà TotalEnergies, Tradex, MRS et Neptune Oil.il y a 4 jours
Actuellement en kiosque

Les plus lus

1Cameroun : le patron de Gulfcam démissionne pour prendre la tête d'un distributeur pétrolier au Congoil y a 1 semaine2Groupe Ecobank : une assemblée annulée, des administrateurs menacés de révocation et une gouvernance sous tensionil y a 5 jours3Cameroun : le Prince Albert II de Monaco attendu à Yaoundé ce 30 octobreil y a 4 jours4Bertrand Mbouck prend la tête de Dangote Oil & Gas Cameroon, nouvelle société du groupe Dangote dédiée aux hydrocarburesil y a 4 jours5Produits pétroliers : comment le Cameroun a négocié son approvisionnement en carburants avec Dangoteil y a 4 jours6Le parapétrolier français Stapem Offshore ouvre une nouvelle succursale au Congoil y a 1 semaine7Viande bovine : le Cameroun redoute une flambée des prix après l'arrêt annoncé des exportations tchadiennes en 2028il y a 4 jours8Cameroun : Elvis Berlin Mouafo élargit son empire commercial à la microfinanceil y a 1 semaine9Guy Laurent Fondjo (Afriland First Bank Guinée) : « La signature de l’État guinéen inspire une forte confiance »il y a 1 semaine10Cameroun : une fraude aux compteurs prépayés coûte 1,4 milliard FCFA à Socadelil y a 3 jours
📧

Newsletter EcoMatin

Recevez notre briefing économique quotidien directement dans votre boîte mail

Analyses exclusives • Décisions économiques • Afrique centrale

App Logo
Je m'abonne
MarchéCotationBoursesFondsMatières premièresConvertisseur
AbonnementsMon compteMes abonnementsNewslettersArticles achetés
ServicesConditions généralesPolitique de confidentialitéPolitique en matière de cookiesContact & Suggestions
La rédactionQui sommes-nous?Nous rejoindreNotre équipeLettre du DP
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.