Les crises sécuritaires telles que l’instabilité en République centrafricaine, la menace Boko Haram, et la crise qui sévit depuis plus d’un an dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ont entraîné un afflux de réfugiés et des déplacés internes dans certaines localités. Des facteurs qui à la longue constituent des risques d’éclatement des conflits sociaux du fait de la pression sur les ressources disponibles, la cohabitation des populations autochtones et migrants. «
Depuis 2013, nous avons reçu plus de 60 000 réfugiés dans notre commune. Une salle de classe peut par exemple contenir 250 élèves, ce qui est superflu », raconte
Yafondo Esther, maire de Garoua Boulai dans la région de l’Est. Scénario presque similaire à la commune de Touboro éprouvée par l’arrivée de près de
20 000 nouveaux occupants. «
Les réfugiés se déplacent en grande partie avec des enfants en âge scolaire, les effectifs dans les salles de classe sont passés du simple au triple », témoigne
Célestin Yandal, le maire de cette collectivité située à quelques kilomètres de la République centrafricaine et qui a vu déferler de nombreux réfugiés fuyant les bandes armées dans leur pays pour se retrouver en territoire camerounais. La commune de
Mogode, dans la région de l’Extrême-Nord, fait également face à l’afflux des réfugiés.
« Les populations ont accueilli les retournés, les déplacés internes et beaucoup de réfugiés. Du coup leurs conditions de vie a été désaxé. Nous avons le défi d’assurer l’éducation des enfants, la santé de ce beau monde sans oublier les autochtones, leur donner accès à l’eau potable, leur trouver de petits métiers. Un vrai problème social », raconte
Gilbert Yama, maire de la commune de Mogode.
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Pour renforcer la résilience des populations de ces communes, le gouvernement vient de lancer avec l’aide de ses partenaires le Programme de développement économique et social des villes secondaires exposées à des facteurs d’instabilité (
Prodesv).
« Il est important que ces populations qui accueillent, en même temps que ces populations réfugiées, bénéficient du soutien de l’Etat et de nos partenaires », explique
Alamine Ousmane Mey, ministre de l’Economie. Financé par l’Union européenne à hauteur de
20 millions d’euros, soit
13 milliards et
120 millions de FCFA, ledit projet va essentiellement se déployer dans les communes impactées par les facteurs d’instabilité, notamment les zones d’accueil de réfugiés, de déplacés internes et d’autres migrants.
15 communes des régions de l’Extrême Nord, du Nord, de l’Adamaoua, de l’Est et du Sud sont ciblées, soit en moyenne environ
un million d’Euro pour une trentaine de projets par commune. Il s’agira de manière spécifique de renforcer la capacité des villes secondaires pour faire face aux crises, accueillir de nouveaux arrivants et promouvoir le développement socio-économique communal inclusif dans le respect de l’environnement, explique une note des autorités en charge de l’implémenter.