Dénis Sassou Nguesso, le chef de l’Etat du Congo Brazzaville, s’est chargé en personne de lui passer le cordon vert flanqué d’une médaille. Le 10 septembre, Louis Paul Motaze a été élevé à la dignité de grand commandeur dans l’Ordre du mérite communautaire, lors du sommet ordinaire des chefs d’Etat de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (Cemac), à Bangui. Une distinction reçue en compagnie d’un aréopage prestigieux, constitué du président de la commission de la Cemac, Baltasar Engonga Edjo'o, du ministre équato-guinéen de l'Intégration régionale et ancien banquier central, Lucas Abaga Nchama, et du premier président de la Cour des comptes de la Cemac, Rosario Mbasogo Kung Nguidang.
Deux jours plus tôt, le ministre camerounais de Finances participait activement, en tant que membre, à la session du comité ministériel de l'Union économique d'Afrique centrale (UEAC), l’une des deux instances de coordination, à l’échelle gouvernementale, des activités des différentes institutions régionales.
Double responsabilité
La distinction a le mérite de sanctionner un parcours qui est le fruit d’une combinaison de deux facteurs. Le natif de l’arrondissement de Meyomessi, dans le département du Dja-et-Lobo (région du Sud), doit sa longévité dans les arcanes de la Cemac à ses différentes affectations gouvernementales. Comme ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat de 2007 à 2011 et de 2015 à 2018) et ministre des Finances depuis 2018, il a été amené à siéger à la plupart des sessions de l’UEAC et de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (UMAC) dont il a du reste assuré la présidence du comité ministériel en 2021.
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Cet organe de décision, qui chapeaute les institutions financières de la Cemac (banque centrale, banque de développement, régulateurs bancaire et boursier), n’est pas le seul qu’il a dirigé. Grâce au principe communautaire de la rotation à des postes de responsabilité, l’argentier de 66 ans préside, depuis le 3 janvier, le conseil d'administration et l'assemblée générale de la Banque de développement des Etats de l'Afrique centrale (Bdeac). Une double responsabilité qu’il avait déjà assumée il y a six ans. De même, il a officié en 2021 à la tête du conseil d’administration de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac).
Mutations et défis
Autant de positions qui ont permis à cet administrateur civil section économie et finance, lauréat de l’Ecole nationale d’administration et de la magistrature (Enam), d’être au cœur des mutations majeures et des défis ayant affecté cette communauté commune au Cameroun, au Gabon, au Tchad, au Congo, à la RCA et à la Guinée équatoriale. Des chantiers qui, sans être exhaustifs, vont de l’unification des marchés financiers au financement des projets intégrateurs, en passant par la mise en place de la nouvelle règlementation de changes. Sans compter la réponse communautaire à la crise sanitaire du covid19 et l’impact économique qui en a résulté.
Une contribution que les chefs d’Etat de la Cemac et ses pairs ont tenu à saluer. Une façon aussi d’en redemander à ce manager qui fait ses classes à la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS) du Cameroun. Auparavant, ce titulaire d’un diplôme d’études approfondies (DEA) en droit public et d’un diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS) en transport international s’était fait la main à la division des affaires économiques de la présidence. Pour ensuite se frotter au monde de l’entreprise, notamment à Cameroon Shipping Lines (Camship) et à la défunte Cameroon Airlines (Camair).

