Le Gabon projette la création d’une Centrale d’achat (CEAG) dans le secteur de la distribution contrôlée majoritairement par les nationaux. Dans ce sens, un projet d’ordonnance a été adopté par le gouvernement gabonais, le 12 août dernier, à Libreville, au cours d’un conseil des ministres présidé par le président Brice Clotaire, Oligui Nguema. Selon les informations de la présidence de la République, cette centrale sera une société d’économie mixte détenue à 37 % par l’État et à 63 % par des opérateurs nationaux du secteur de la distribution. Elle sera placée sous la tutelle du ministère de l’Economie et de finances. Ce qui signifie que l’Etat veut laisser le contrôle de ladite société aux capitaux privés.
« La CEAG aura pour mission d’acquérir, stocker, transporter et distribuer des biens essentiels, notamment les denrées alimentaires, les matériaux de construction et autres produits stratégiques », apprend-on. Toujours selon le gouvernement, cette société anonyme sera dotée de l’autonomie de gestion. « La CEAG s’inscrit dans la vision du Président de la République pour lutter contre la vie chère, renforcer la souveraineté économique et protéger le pouvoir d’achat des Gabonais », indique la présidence de la République.
Lire aussi : Le Gabon muscle sa politique économique avec la création de cinq fonds stratégiques
La même source précise que, cette initiative vise à mutualiser les volumes pour réduire les coûts, négocier directement avec les pays exportateurs stratégiques, aménager des corridors logistiques prioritaires, contrôler les hausses excessives sur les produits essentiels et initier une dynamique de souveraineté alimentaire.
C’est depuis le conseil des ministres du 4 juin 2025 que le gouvernement gabonais a décidé la mise en place d’une centrale d’achat. A cette date, le président Brice Clotaire Oligui Nguema avait exigé la présentation, dans un délai de 45 jours, d’un plan opérationnel détaillé pour la mise en œuvre de cette structure. Deux membres du gouvernement ont été chargés de piloter ce chantier : Henri-Claude Oyima, ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations chargé de la lutte contre la vie chère, et Zenaba Gninga, ministre du Commerce. La mission qui leur avait été confiée était de définir le cadre institutionnel, les modalités de financement, ainsi que les mécanismes logistiques et de gestion pour garantir l’efficacité et la pérennité de cette centrale d’achat.
Lire aussi : Gabon : la subvention de la vie chère bondit de 114% au mois d’octobre
Pour l’heure, la géographie de cette Centrale a déjà été définie ainsi que son modèle de fonctionnement. Il reste, pour la prochaine étape, la mobilisation du capital ainsi que la nomination des dirigeants qui vont rendre cette société opérationnelle.

