Les estimations de croissance de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), espace commun au Cameroun, au Congo, au Gabon, à la Guinée équatoriale, à la République Centrafricaine et au Tchad, sont pondérées à un peu plus de 3,4% cette année (FMI et Banque mondiale). Au moment où le continent bouge sur fond de transition politique, la Cemac, zone la moins intégrée du continent selon plusieurs institutions et organismes internationaux, et qui cumule nombre de superlatifs peu favorables, fait face à d’importants freins à l’investissement et au développement du fait, entre autres, du contexte politique, de la faiblesse de ses infrastructures et équipements sociaux de base.
L’instabilité que vivent certains Etats de cette communauté économique est adossée aux contraintes liées à l’attrait des investisseurs ; ce qui permet de comprendre l’origine des incertitudes qui pèsent sur cette zone. C’est le cas au Cameroun où, en plus des préoccupations inhérentes à l’avenir politique du pays, mises en évidence par plusieurs officines diplomatiques et financières, les incursions de la secte islamiste Boko Haram, les troubles dans la partie anglophone du pays, sont sources de réticence et plombent la croissance économique.
De même, le changement anticonstitutionnel survenu au Gabon n’a pas manqué d’impacter les relations de ce pays avec ses partenaires financiers. Les élections au Tchad sur fond de tensions et les affres des groupes rebelles qui sévissent en RCA, annihilent les efforts de développement et font craindre pour la stabilité et la paix dans ces deux Etats.
Cependant, en dépit de ce contexte morose, la sous-région fait montre d’une résilience à toute épreuve et enregistre quelques performances qui font fleurir l’avenir cette année. Ainsi, par exemple, après une succession de dégringolades, l’agence de notation américaine Standard & Poor’s Global Ratings (S&P) a rehaussé la note de la dette souveraine du Cameroun de CCC+/C à B- avec des perspectives stables le 22 mars 2024 mettant en avant l’atténuation des risques pesant sur la trésorerie, le retour à la discipline de paiement au Trésor public, l’amélioration de la gestion de la trésorerie, la stabilité de la croissance du PIB sur trois exercices; une note confirmée le 17 mai 2024 malgré une perspective négative par Fitch Ratings en raison d’«une croissance résiliente du produit intérieur brut (PIB), un déficit budgétaire faible et un ralentissement du niveau d’endettement du pays ». De son côté, Bloomfield Investment a octroyé à la RCA la note BB+ (note spéculative) avec une perspective stable à long terme, ainsi que la note B (note spéculative) avec une perspective stable.
Cependant, en dépit de ce contexte morose, la sous-région fait montre d’une résilience à toute épreuve et enregistre quelques performances qui font fleurir l’avenir cette année.
Au Gabon, l'agence Fitch Ratings a relevé et confirmé la note du pays de CCC à B- avec perspectives stables. En quelques mois, le Congo est parvenu à devenir le bon élève du « Big Three » de la notation souveraine. En effet, Moody’s, S&P et Fitch Rating ont tous relevé la note du Congo de B- à B sur le court terme, et de CCC+ à C sur le long terme, avec une perspective stable. Ceci est également valable pour le Tchad et la Guinée équatoriale.
Les marchés, non sans réserve, manifestent donc de l’optimisme pour les Etats de la Cemac, en raison de leur capacité de résilience. Ceci est le fait d’un marché financier de plus en plus dynamique. Ainsi, suite aux nombreuses réformes mises en œuvre dans la plupart des Etats, les lois de finances adoptées cette année ici et là affichent dans l’ensemble, des contenus consistants.
Dans ce premier numéro d’EcoMatin Magazine, nous donnons de la visibilité aux résultats obtenus grâce à cet ensemble de réformes au niveau budgétaire, financier et économique. Les lois de finances de plusieurs Etats donnent cette année à voir des programmes de finances publiques ambitieux, où la volonté d’efficacité est affichée. Bien que l’impact soit mitigé et que sur certains plans, des limites soient perceptibles, ces réformes offrent et étendent tout de même les marges de mobilisation des ressources financières des Etats auprès des partenaires multilatéraux.
Dans ce premier numéro d’EcoMatin Magazine, nous donnons de la visibilité aux résultats obtenus grâce à cet ensemble de réformes au niveau budgétaire, financier et économique.
La réduction des subventions des produits pétroliers à la pompe au Cameroun, au Congo ou encore au Tchad illustre à suffire cette volonté de rompre avec une politique providentielle, dont les effets sont restés stériles dans le soulagement des souffrances des plus démunis.
Outre les chantiers institutionnels, la politique infrastructurelle, l’exploitation des minerais et des hydrocarbures, l’énergie, les grands projets routiers et aéroportuaires qui émergent ou qui sont engagés dans chaque pays, sont également abordés, sous le prisme de l’impact sur les populations communautaires et de l’intégration sous-régionale.
Ces projets et bien d’autres constituent la colonne vertébrale d’EcoMatin Magazine. Le journal est l’aboutissement de 10 années de déploiement et de développement d’une expérience média en Afrique centrale, plus exactement au Cameroun. Au bout de cette période, la portée de notre positionnement éditorial se mesure à l’aune de notre stratégie, qui consiste à mettre sur pied une publication qui se situe à l’avant-garde des enjeux et des défis économiques et financiers communautaires, et qui se positionne comme la tribune de référence des décideurs de la Cemac.
C’est la raison qui a motivé le choix de Bruxelles comme siège de notre magazine. Celui-ci est stratégique, en ce sens que, comme indiqué plus haut, la sous-région est une zone très peu intégrée ; ce qui constitue un sérieux handicap pour la distribution d’un tel produit. Ce qui est différent avec le distributeur européen France Distribution, leader de la distribution sur le vieux continent, dont le réseau et l’expérience permettent de couvrir entièrement la sous-région et de donner à la diaspora, un outil d’information qui la renseigne sur les grands challenges en cours dans la Cemac.
La réduction des subventions des produits pétroliers à la pompe au Cameroun, au Congo ou encore au Tchad illustre à suffire cette volonté de rompre avec une politique providentielle.
Aussi, la plupart des grandes entreprises installées dans la zone (sociétés agroalimentaires, banques, sociétés de transport et logistique, etc.) sont des filiales locales des multinationales basées en Europe. Aussi les mutations qui surviennent au sein de ces groupes transnationaux, impactent-elles durablement les économies de la Cemac.
À titre d’illustration, la banque française, Société Générale, en pleine redéfinition de sa stratégie en Afrique, pourrait céder ses parts à un autre groupe au Cameroun, après le Congo, la Guinée équatoriale, le Tchad. La filiale de ce groupe bancaire dans ce dernier pays est pourtant classée en 2ème position dans le « Classement EcoMatin des banques camerounaises 2022 ». On peut aussi évoquer le cas de la multinationale pétro-gazière française Total, qui a quitté la RCA, ou encore le géant français du coton, Geocoton, qui manifeste des envies de départ du capital de l’agroindustriel camerounais Sodecoton.
Être au cœur de l’Europe nous permet donc de suivre au plus près l’actualité de ces différents groupes, et d’alerter sur les grands bouleversements à même de modifier certains équilibres dans la sous-région.
Notre ambition s’en trouve motivée par la confiance des lecteurs à travers le tabloïd édité et distribué au Cameroun, et le site Internet www.ecomatin.net, sur lequel on enregistre mensuellement des millions de lectures et de partages.
Le nombre croissant de nos lecteurs nous sert d’aiguillon pour peaufiner en continu notre stratégie éditoriale dont le nouveau déploiement se décline ainsi : un site internet relooké, le lancement du magazine trimestriel EcoMatin Magazine que vous tenez entre vos mains, et la poursuite de la publication du tabloïd et de ses magazines dédiés, dont le « Classement EcoMatin des banques camerounaises », qui devient à partir de cette année le « Classement EcoMatin des banques de la Cemac ».
Être au cœur de l’Europe nous permet donc de suivre au plus près l’actualité de ces différents groupes, et d’alerter sur les grands bouleversements à même de modifier certains équilibres dans la sous-région.
Ce positionnement au sein de la Cemac nous sert de carburant pour l’organisation de « La Finance Week », une plateforme de prospective où décideurs, institutions bancaires et financières, opérateurs économiques et acteurs du marché boursier croisent les idées sur les enjeux économiques et financiers majeurs de l’espace communautaire. La deuxième édition, qui se prépare déjà, aura lieu au mois de septembre 2024, dans le magnifique cadre du Tagidor Garden Hôtel de Bangou, situé dans la région de l’Ouest du Cameroun.



