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Élection à la BAD : Sidi Ould Tah, la « surprise du chef » ?

À quelques heures du vote décisif à l’hôtel Ivoire d’Abidjan, le Mauritanien Sidi Ould Tah apparaît comme le candidat le mieux armé pour renverser les pronostics à la tête de la Banque Africaine de Développement. Entré en « money-time », il fédère un large éventail de soutiens et peut briguer près de 30 % des voix dès le premier tour. Cependant, Amadou Hott, Swazi Tshabalala, Samuel Maimbo et Mahamat Tolli conservent eux aussi des atouts majeurs, laissant planer le doute jusqu’au dernier tour.

Publiée jeudi 29 mai 2025 à 13:45:33Modifiée jeudi 29 mai 2025 à 13:45:33Temps de lecture 4 minPar EcoMatin

Sidi Ould Tah, candidat à la présidentielle de la BAD

À l’hôtel Ivoire d’Abidjan, c’est l’effervescence : à quelques heures du scrutin qui désignera le successeur du Nigérian Akinwumi Adesina, cinq candidats s’affrontent. Mais c’est le Mauritanien Sidi Ould Tah qui cristallise toutes les attentions : arrivé « in extremis » en janvier dernier, il a su tisser, en dix ans à la tête de la BADEA, un réseau politique et financier sans égal.

Lire aussi : Election à la BAD : les grands axes du projet du Dr Sidi Ould TAH

Peuplé de confidences, le cercle proche de Sidi Ould Tah assure qu’il a patienté jusqu’à la clôture des candidatures pour mesurer ses chances. Cette stratégie lui a permis de sécuriser le soutien de neuf États africains (Mauritanie, Tunisie, Libye, Togo, Sierra Leone, Djibouti, Congo, Cameroun, Bénin, Mali) totalisant 5,22 % des droits de vote de la BAD, auxquels se sont ajoutés la Tanzanie (0,81 %), la France (3,71 %), la Belgique (0,65 %) et l’Espagne (1,06 %).

Le puissant relais saoudien

Plus décisif encore, l’Arabie Saoudite – actionnaire majeur de la BADEA avec 0,20 % de droits de vote – influence désormais l’Égypte (6,33 %), l’Algérie (5,33 %) et les États-Unis (6,09 %) en sa faveur. Grâce à ce lobbying, Sidi Ould Tah peut espérer dès le 1er tour environ 30 % des voix – un score inattendu face aux poids lourds du continent.

Renouveau et agilité institutionnelle

La candidature de Sidi Ould Tah séduit par sa promesse de « renouveau » : à la tête de la BADEA, il a démontré sa capacité à mobiliser des ressources nouvelles et à adapter l’institution aux défis contemporains. Ses partisans le décrivent comme « le seul capable d’injecter des fonds frais » et de rendre la BAD plus agile pour répondre aux priorités des pays africains.

Les « faiseurs de rois » restent indécis

À la veille du vote, les grands actionnaires africains (Nigeria 9,33 %, Égypte 6,33 %, Algérie 5,33 %, Afrique du Sud 5,06 %, Maroc 4,76 %, Côte d’Ivoire 3,82 %) et non-africains se préparent à jouer leur partition. Sidi Ould Tah, grâce à son solide alignement, apparaît toutefois comme l’outsider le mieux placé pour renverser les pronostics.

Amadou Hott

Fort d’un solide soutien initial du Sénégal (0,94 %) et du Gabon (0,46 %), il a glané des appuis de poids au Maroc (4,76 %) et au Nigeria (9,33 %), poussé par son expérience de ministre de l’Économie. Sa campagne met en avant la modernisation des outils de financement et la transition énergétique.

Swazi Bajulile Tshabalala

Seule femme en lice, elle bénéficie des 5,06 % du vote sud-africain et du soutien discret du Soudan du Sud (0,29 %). Sa légitimité repose sur son parcours financier et l’appui initial de Cyril Ramaphosa, aujourd’hui plus mesuré en raison des tensions régionales.

Samuel Munzele Maimbo

Ancien vice-président de la Banque mondiale, il a le bloc SADC et COMESA derrière lui, mais plusieurs États de la région ont rétropédalé. Il peut toutefois compter sur la Zambie (1,18 %), le Zimbabwe (1,72 %) et quelques pays nordiques (4,39 %), ainsi que sur l’ombre du Royaume-Uni.

Mahamat Abbas Tolli

Si sa campagne a duré plus d’un an, le Tchadien peine à convertir l’unité de la CEMAC (1,92 %) et de la CEEAC (4,82 %) en victoires concrètes. Aucun grand électeur supplémentaire ne lui a emboîté le pas, et il apparaît désormais distancé face aux manœuvres de ses rivaux.

Lire aussi : BAD : cinq visions pour refonder le développement économique de l’Afrique

Ce jour, à partir de 14 h, le verdict tombera : qui de l’outsider soudain ou des favoris de toujours saura rallier les « faiseurs de rois », ces actionnaires africains et extra-africains disposant chacun de plus de 3,5 % du capital ? La partie promet d’être serrée jusqu’au dernier vote.

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