La palette des produits du groupe de presse EcoMatin étoffe son offre. En sus du tabloïd et du site internet, elle s’enrichit ainsi d’un nouveau magazine dont le rayon éditorial couvre les six pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), qui regroupe le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale, la République Centrafricaine et le Tchad. Une zone dont le dynamisme et les préoccupations sont au centre des attentions dans cette édition.
Si le paysage sous-régional demeure assombri par des défis structurels persistants, une vitalité nouvelle, source d’optimisme, émerge s’agissant principalement de l’attractivité croissante de la zone dans le domaine bancaire. De fait, tandis que l’on observe le retrait continu des multinationales bancaires occidentales, le vide que l’on pourrait assimiler à un désintérêt, est rapidement comblé par l'intérêt croissant de puissants groupes bancaires ouest-africains, attirés par le potentiel de croissance et les performances affichées par les groupes locaux. A titre d’illustration, Coris Bank du Burkinabè Idrissa Nassa, a racheté la filiale de Société Générale au Tchad en 2024. Au Cameroun, si le Groupe Vista de Simon Tiemtoré, a presque bouclé son entrée au capital de ACEP Cameroun à travers le rachat de la maison-mère de cet opérateur privé de microfinance et se positionne pour le rachat de Société Générale Cameroun passée sous pavillon étatique, les groupes Zenith, Nsia et Coris sont aussi en embuscade pour la même acquisition.
Ce phénomène démontre outre la résilience du système financier local, mais aussi l’optimisme des investisseurs régionaux quant aux perspectives économiques futures de la zone. Une perspective qui a amené Wave, fintech américaine, connue pour son modèle tarifaire à bas coût en Afrique de l'Ouest dans le mobile money, à débarquer au Cameroun le 11 juin 2025, suite à un partenariat avec la Commercial Bank Cameroon et l'autorisation du régulateur bancaire communautaire. Son arrivée rebat les cartes du marché contrôlé à 90% par le duopole MTN Money et Orange Money.
Un autre signe extrêmement encourageant pour cette sous-région est la désignation du Camerounais George Elombi à la tête de Afreximbank.
La vitalité de la place financière de la CEMAC se confirme également par la montée en puissance de nouveaux acteurs. La récente publication du classement EcoMatin des Asset managers témoigne de la sophistication et de la vigueur croissante de cet écosystème. Un autre signe extrêmement encourageant pour cette sous-région est la désignation du Camerounais George Elombi à la tête de la Banque africaine d'Import-Export (Afreximbank). Une nomination qui renforce la crédibilité et le rayonnement de la CEMAC sur la scène financière continentale, offrant un gage de compétences et d'expertise régionales au service de l’Afrique.
Vigilance
Malgré cette vague d'optimisme sectoriel, la CEMAC navigue au milieu de craintes. Des points d’attention émergent ainsi au sujet des contractions régulières et significatives des réserves de change, estimées à 1 000 milliards de FCFA entre juin et septembre. Cette situation est exacerbée avec le statut des ressources destinées à la restauration des sites miniers et pétroliers. En effet, conformément au « compromis de Washington » du 13 octobre, cette manne financière de plus de 6000 milliards de FCFA ne pourra pas servir comme réserve de changes mais soumise à une cogestion impliquant les États, la Banque des États de l'Afrique Centrale et les industries extractives.
Ce florilège d’évènements riches aux plans économique et financier constituent la colonne vertébrale des problématiques abordées dans ce second numéro. 2026 sera aussi un millésime plein de rendez-vous, dont l’un des plus importants sera assurément la 5ème édition de la Finance Week by EcoMatin. Ce forum, devenu incontournable en Afrique centrale, est prévu à la deuxième semaine du mois d’avril à Yaoundé. Un autre défi que nous ne cessons de relever avec le concours de nos partenaires - que nous tenons à saluer une fois de plus ! -, pour le rayonnement et l’attractivité de l’écosystème financier régional. Avec le plaisir renouvelé de vous y retrouver.


