La République du Congo a annoncé, le 6 juin 2025, la résiliation du bail emphytéotique accordé trois ans plus tôt au Rwanda sur 12 000 hectares de terres agricoles situées à Maloukou, à environ 70 km au nord de Brazzaville. Cette décision a été confirmée par Thierry Moungalla, ministre congolais de la Communication, lors de la « Quinzaine du gouvernement ».
« Le dossier est terminé », a-t-il déclaré, précisant que l’accord est devenu caduc après l’échéance du 8 décembre 2024, date limite fixée dans le contrat pour le démarrage effectif des activités agricoles. Celui-ci stipulait alors qu’au 8 décembre 2024, si aucune des entreprises qui avait le bail sur les terrains cédés ne se déployaient, l’accord devenait désuet. « Ce deal appartient désormais au passé. On avait une date butoir qui était au 8 décembre, mais figurez-vous que le 8 décembre, n’ayant pas eu de retour positif eu en tout cas, pas de retour cohérent des entreprises concernées, le ministre d’Etat Mabiala, ministre des Affaires foncières, qui avait délivré au nom du gouvernement les autorisations a informé les partenaires que c’était annulé », a expliqué le ministre de la Communication.
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Pour bien comprendre la décision de la partie congolaise, il faut remonter aux origines. Le 13 avril 2022, les gouvernements congolais et rwandais procédaient à la signature d’accord de coopération dans les secteurs minier, culturel, éducatif et économique. C’est sur ce dernier point qu’intervient un accord de bail emphytéotique d’une durée de 20 ans de 12 000 hectares de terres cultivables dans la localité de Maloukou dans le Nord de Brazzaville (70 KM). Les entreprises bénéficiaires de cette concession étant des sociétés à capitaux rwandais, parfois associées à des acteurs italiens. L’une d’elles étant Eleveco Congo, filiale du conglomérat Crystal Ventures, propriété du Front populaire rwandais, le parti au pouvoir au Rwanda.
L’annonce de ce partenariat avait provoqué en 2022 une vague d’indignation à Brazzaville, de nombreux acteurs de la société civile et politiques dénonçant une "vente déguisée des terres nationales". Le gouvernement congolais avait alors justifié la concession au nom de la coopération Sud-Sud, affirmant vouloir tirer parti de l’expertise agricole rwandaise pour valoriser une partie des 10 à 12 millions d’hectares de terres arables, dont moins de 5 % sont exploités à ce jour.
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