Le groupe brésilien Tace Trading, spécialisé dans la fourniture de produits et services, s’apprête à financer un ambitieux projet de développement de la filière bovine au Cameroun. Selon des informations obtenues par Ecomatin, l’entreprise est en négociation avancée avec le Conseil de l’interprofession bovine du Cameroun (Cibovic) pour injecter 128 milliards FCFA dans la construction d’un marché interrégional ultramoderne destiné à transformer 20 000 têtes de bétail à Douala et Édéa, dans la région du Littoral. Ce financement représenterait 80 % du coût total du projet, estimé à 160 milliards FCFA. Les travaux devraient démarrer le 26 juillet prochain, pour une mise en service prévue à l’horizon 2027.
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Ce projet vise à répondre à la flambée des prix et à la pénurie de viande bovine sur le marché national. « Les villes de Douala et d’Édéa consomment en moyenne entre 800 et 1 000 bœufs par jour. Disposer d’un parc de 20 000 têtes à proximité immédiate de ces deux agglomérations garantirait un approvisionnement stable pour les populations, tout en facilitant l’accès à une viande de qualité à un coût contrôlé », avait souligné Djawa Abega Mustapha, président du Cibovic, lors d’une réunion avec les maires des deux villes le 17 avril dernier.
Concrètement, le marché s’étendra sur 110 hectares, répartis en trois sites : Sikoum (12 hectares) et Mongombé (50 hectares), situés à Édéa, ainsi que Dibamba Beach (45 hectares), à Douala. Les deux premiers sites abriteront des parcs à bétail, des installations dédiées à l’engraissement et à la commercialisation, tandis que le site de Douala servira de point de transit vers les abattoirs ou les ports de Douala et Kribi, en vue d’exportations. Le Cibovic prévoit d’acquérir des bovins auprès des éleveurs locaux, mais aussi d’importer des espèces venues du Tchad. Cette initiative devrait permettre d’introduire environ 10 000 tonnes de viande bovine sur le marché national, et 40 000 tonnes d’ici 2030.
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Ce projet arrive dans un contexte de recul marqué de la production nationale de viande bovine, qui est passée de 130 169 tonnes en 2023 à 94 300 tonnes en 2024, soit une baisse de 27,6 %, selon les données officielles communiquées par le Premier ministre en décembre dernier. Il s’agit de la première baisse depuis cinq ans, après une croissance continue enregistrée entre 2020 (106 965 tonnes) et 2022 (126 512 tonnes).

