Au cours de l’année 2023, le Cameroun a produit 241 561 tonnes de poissons contre 233 126 tonnes un an plutôt. Malgré une hausse de 8 435 tonnes (+4%) en glissement annuel, ce chiffre est resté inférieur à la demande projetée à 316 500 tonnes au cours de l’année dernière selon les objectifs de la Stratégie nationale de développement (SND 30) repris par le rapport sur la « Situation de la production et des importations du sous-secteur l’élevage, pêche et industries animales ». Entre la production halieutique atteinte et l’objectif escompté, il s’observe un déficit de 74 939 tonnes soit un taux de réalisation de 76%. Un gap qui a été comblé les importations ressorties à 234 588 tonnes (soit plus de 3 fois le déficit accusé, Ndlr) pour une valeur de 182,5 milliards de Fcfa.
Quatre régions en chute de production
La progression timide de la production pourrait se justifier par la contreperformance qu’ont affichée 04 régions sur les 10 que compte ce pays de la Cemac. Il s’agit principalement de la région de l’Est dont la production a chuté de plus de la moitié passant de 2 655 tonnes de poissons en 2022 à 1 204 tonnes de poissons en 2023 (-55%). Celle de l’Ouest est ressortie 1 169 tonnes (-42%), le Nord-Ouest avec 7 805 tonnes (-3%). Premier producteur, la région du Sud-Ouest fléchit de 1% pour s’établir à 99 962 tonnes. Par contre, le Littoral a connu une embellie avec 77 653 tonnes de poissons produites (+4%), le Sud, 33 686 tonnes (+14%) ou encore le Nord qui a réalisé 9 675 tonnes (+15%).
La pêche industrielle encore à la traine
Selon le rapport actualisé du Minépia, la pêche industrielle ne contribue qu’à hauteur de 8% de la production contre 76% pour la pêche artisanale maritime, 11% de la pêche continentale et 5% en ce qui concerne l’aquaculture. Pour inverser la tendance, le Cameroun pourrait par exemple compter sur le Plan intégré d‘import-substitution agropastoral et halieutique (Piisah) 2024-2026 ou encore, le projet d’appui stratégique aux investissements privés dans les sous-secteur industriels moteurs de la SND 30 ; partie intégrante du Programme d’impulsion initial (P2I) de la SND 30 dont la mise en œuvre permettrait d’après le ministère de l’Economie, de booster la transformation industrielle, gage de croissance économique visée à 8% à l’horizon 2030 contre 4,1% à date.
Même si le pays n’a pas atteint ses objectifs de production de poissons pour 2023, il convient tout de même de relever que son taux de dépendance aux importations s’est amélioré passant de 51% en 2022 à 49% en 2023 (-2%). « 51% des approvisionnement intérieurs disponibles de poissons proviennent de la production nationale », rassure le ministère de l’élevage, des pêches et des industries animales.

