Depuis le mois de juin, l’espace public bruit de révélations scandaleuses, mettant en scène l’icône du football mondial et non moins président de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot), Samuel Eto’o Fils. Longtemps avant que la Toile ne prenne en otage ce sujet qui passionne et divise, EcoMatin a reçu copie de ce faisceau d’éléments compromettants et accablants contre un homme qui suscite un immense espoir quant au renouveau du football camerounais.
Les documents parvenus à notre rédaction, retracent avec un luxe de détails, l’historique richement documenté des matchs amicaux disputés par l’équipe nationale A de football du Cameroun contre la Russie, le 12 octobre 2023, la Corée du Sud, le 27 septembre 2022, et l’Ouzbékistan, le 23 septembre 2022. Des faits, des noms, des dates, des codes Swift, des banques, des contrats etc., sont donnés dans une cohérence qui défie les théories de l’authenticité. Et comme pour donner une onction de crédibilité à ces allégations, un membre du comité exécutif de la Fécafoot saisit son Comité éthique d’une plainte contre Samuel Eto’o Fils.
EcoMatin, journal de référence de l’actualité économique et financière, se trouve face à l’incapacité de faire son travail d’investigation parce que toutes les parties prenantes dans cette affaire observent l’omerta.
Du coup, l’icône de la jeunesse camerounaise et africaine se retrouve au cœur d'une controverse qui, si elle est avérée, contribuerait aussi à écorner gravement l’image du Cameroun au moment où son économie a besoin d’être attractive pour capter des investisseurs.
De tout ce qui précède, EcoMatin, journal de référence de l’actualité économique et financière, se trouve face à l’incapacité de faire son travail d’investigation parce que toutes les parties prenantes dans cette affaire observent l’omerta : les fédérations des pays concernés gardent le silence face à des accusations d’une telle gravité ; la Fécafoot ne parle pas, les personnes nommément citées dans les documents reçus n’assument ni ne démentent rien. En tout état de cause, quelqu’un devrait assumer l’authenticité de ces documents ou démentir ces allégations parce qu’en plus de l’icône de la jeunesse africaine, c’est l’image des Lions Indomptables qui s’en trouve vilipendée et traînée dans la boue.
Le silence assourdissant qui règne actuellement est insupportable, que ces accusations soient fondées ou non. De plus, l’on ne peut pas continuer de laisser aux seules meutes « églisiennes » et « hiboux », mues par des passions primitives et fanatiques qui frisent la barbarie, l’exclusivité d’une affaire aussi grave qui salit l’image d’un Etat et nuit à la réputation établie des Lions Indomptables. Un label national, cité en exemple par tous, et qui, aujourd’hui, représente bien plus que le football au Cameroun, tant les acteurs politiques, économiques, culturels… s’identifient à lui.
En tout état de cause, quelqu’un devrait assumer l’authenticité de ces documents ou démentir ces allégations parce qu’en plus de l’icône de la jeunesse africaine, c’est l’image des Lions Indomptables qui s’en trouve vilipendée et traînée dans la boue.
C’est pour cela que Samuel Eto'o doit agir, et vite. Le temps des atermoiements est révolu. Le président de la Fécafoot a deux options claires s’il a à cœur de préserver l'intégrité de l'institution qu'il dirige, celle du label « Lions Indomptables » et la sienne propre. Soit déposer une plainte pour diffamation contre tous ceux qui font circuler ces documents si ces accusations sont infondées. C’est le seul moyen de défendre son honneur, démonter publiquement un « ramassis de calomnies », de rétablir la vérité et de décourager toute tentative de nuire à sa réputation. Soit effectuer une sortie publique pour expliquer de manière plausible ces supposés transferts de fonds sur ses comptes personnels et ceux des personnes qui semblent lui être proches. Il est impératif d'expliquer chaque transaction, de fournir les preuves nécessaires, de justifier pourquoi les procédures habituelles de la fédération n'ont pas été suivies et pourquoi aurait-on demandé à l’Etat d’assurer la prise en charge desdits matchs alors que celle-ci l’était déjà par les fédérations demandeuses des rencontres amicales. La transparence doit être la clé de sa défense.
…l’on ne peut pas continuer de laisser aux seules meutes « églisiennes » et « hiboux », mues par des passions primitives et fanatiques qui frisent la barbarie, l’exclusivité d’une affaire aussi grave qui salit l’image d’un Etat et nuit à la réputation établie des Lions Indomptables.
L'État du Cameroun, qui aurait financé ces trois rencontres à coup de centaines de millions de francs de deniers publics, ne peut rester indifférent face à ces allégations de détournement de fonds publics et ne saurait être dédouané. Le football, passion nationale, est financé en grande partie par les impôts des citoyens et des partenariats qui engagent l'image du pays. Il est impératif que les autorités compétentes, qu'il s'agisse des Ministères des Finances, de la Justice, des Sports, du Contrôle Supérieur de l'État ou de la Chambre des Comptes, se saisissent de cette affaire.
La frivolité, qui se pare d'impunité, ne saurait être tolérée lorsque l’attractivité économique d’un pays est en jeu, et le football n'échappe pas à cette logique.
Une enquête approfondie et indépendante doit être menée pour faire la lumière sur l'utilisation de chaque franc – d’origine publique - destiné aux Lions Indomptables et aux activités de la Fédération. Il est crucial d'établir si des malversations ont eu lieu et, auquel cas, identifier les responsables et les traduire en justice afin de laver l’opprobre dont est couvert aujourd’hui le patrimoine commun que sont les Lions Indomptables et notre icône nationale qu’est Samuel Eto’o Fils.
La frivolité, qui se pare d'impunité, ne saurait être tolérée lorsque l’attractivité économique d’un pays est en jeu, et le football n'échappe pas à cette logique. Pour le bien du sport et la dignité des institutions de la République.
Par Emile FIDIECK
DP EcoMatin
Promoteur de la Finance Week



