Breaking News
Chargement des breaking news...
App Logo
Magazine
    Bientôt disponible...
Je m'abonne
App Logo
MagazineJe m'abonne
Je m'abonne
Politiques PubliquesEecomembre

Financement : les PME toujours marginalisées dans l’octroi des crédits

En janvier 2018, le ministère des Finances a annoncé l’ouverture d’une ligne de crédit de 76 milliards de FCFA dans les livres de la Banque camerounaise des PME mais la multiplication des structures d’encadrement des PME locales n’arrive pas encore à trouver une solution durable à l’épineux problème de financement des PME camerounaises.

Publiée lundi 2 avril 2018 à 14:51:05Modifiée vendredi 3 mai 2024 à 16:30:05Temps de lecture 7 minPar EcoMatin

transfer argent
Création d’une banque des PME, promotion du crédit-bail et de l’affacturage, des organismes de placement collectif en valeur mobilière, Agence de promotion des PME, les Centres de formalités de création d’entreprise, Centres de gestion agréés, baisse de 1 000 000 à 100 000 FCFA le montant minimum du capital social des Sociétés à responsabilité limitée (Sarl) ; autant d’initiatives qui montrent la place centrale qu’occupe la question du financement des PME dans l’agenda du Gouvernement. Lire aussi : Régulation : la Beac en guerre contre le phénomène des crédits douteux En effet, les PME constituent un maillon essentiel du tissu économique national. Selon les résultats préliminaires du deuxième recensement général des entreprises réalisé par l’Institut national de la statistique en 2016, La géographie de l’écosystème économique national est composée de très petites entreprises (TPE, 75%) ; de petites entreprises (PE, 19%) ; de moyennes entreprises (ME, 5,2%) et de grandes entreprises (GE, 0,8%).D’après les analystes, le secteur des PME (99% des entreprises, 35% du PIB) représente contribue énormément à la croissance économique du Cameroun et assure 70% de la création des emplois. L’essor économique du pays est donc lié à la santé des PME, dominé par les microentreprises (79,1%) et essentiellement constitué d’entreprises individuelles (97% en 2016 contre 89% en 2009). Mais encore faudrait-il que le secteur vienne à bout de sa bête noire : le financement. En effet pour leur développement, les PME ont besoin de financement pour leurs investissements (machines, sites de productions, etc.) ; de fonds de roulement (stocks, facteurs de production, charges courantes d’exploitation, etc.) ou d’une combinaison en investissement et en fonds de roulement. Or, l’analyse de la répartition des crédits par le secteur bancaire montre une prédominance des crédits aux entreprises privées (majorité en volume pour GE), ne laissant qu’une portion congrue aux entreprises individuelles assimilables aux PME (TPE, PE, ME). Maladies infantiles En cause, une organisation du secteur caractérisée par des structures fortement personnalisées, l’insuffisance d’une culture du respect des engagements, le lancement des activités par simple imitation, la mauvaise tenue de comptabilité, les lacunes dans la gestion financières, une connaissance insuffisante du marché, un environnement règlementaire inapproprié (très peu contraignant envers les débiteurs), un accompagnement de l’Etat à développer, une faible structuration des filières de l’économie, l’absence ou l’insuffisance de sûretés, une fiscalité pas très adaptée. Actuellement au Cameroun, il n’existe pas un dispositif public ou privé de financement de la création des entreprises impliquant la mise en place des crédits de longues durées en faveur des PME. Dès lors, beaucoup de PME ayant un réel besoin de financement pour le démarrage de leurs activités, n’en trouvent pas. Leur bilan d’ouverture est alors fortement déséquilibré à cause de la faiblesse des capitaux propres. Ce déficit initial des capitaux permanents, s’il n’entraine pas rapidement la faillite de la PME, aura des conséquences négatives le long de la vie de l’entreprise. Ainsi par la suite, les tensions financières seront aggravées au niveau du cycle d’exploitation avec notamment des délais de recouvrement très longs imposés par les créanciers et complétement en inadéquation avec la structure financière d’une petite entreprise. Lire aussi : De nouvelles missions pour l’APME Comment l’Etat pousse les PME à la faillite Dans le Document de Stratégie de Croissance et d’Emploi du Cameroun, l’un des objectifs de croissance et d’emploi est de ramener le sous-emploi actuel, de 75,8% à moins de 50% en 2020 à travers la création de dizaines de milliers d’emplois formels par an pendant les dix prochaines années en s’appuyant sur un tissu de plus en plus dense des PME/PMI. Le Gouvernement a donc mis les PME/PMI au cœur de la stratégie de relance de la croissance et de l’emploi . Malgré la loi du 13 avril 2010 portant promotion des PME au Cameroun, force est de constater que peu ou presque rien n’est fait pour s’attaquer de façon significative et de façon conséquente au problème majeur que rencontrent les PME, à savoir le financement de leurs investissements et/ou de leurs exploitations courantes. Discours de fin d’année du président de la République, Cameroon business forum (CBF), Foire internationale des Affaires du Cameroun (FIAC), la question du financement des PME semble incontournable, avec une constance : la responsabilité de l’Etat, mauvais payeur. Pour l’économiste Dieudonné Essomba, « Une des grosses contraintes que vivent les PME locales dans un contexte ou L’Etat est le principal client est celui du conflit entre les délais de paiements et les engagements sociaux. Beaucoup de jeunes entreprises meurent avant la fin de leur troisième année, parce qu’il y a une pratique qui s’est installée au Cameroun, le non-paiement des factures. L’Etat est au-devant de cette pratique. Imaginez seulement que le stock de la dette intérieure, détenue essentiellement par les PME est de plusieurs centaines de milliards de Fcfa dont certaines durent depuis des années. » En effet, la Caisse autonome d’amortissement(CAA), organisme en charge de la gestion de la dette publique du Cameroun, estime l’encours de la dette intérieure à plus de 1000 milliards de FCFA au 31 décembre 2017. La dette due aux entreprises locales qui comprend la dette non structurée et la dette structurée non bancaire se situerait à un peu plus de 270 milliards de FCFA. Si on y ajoute, les «restes à payer» qui se situent à plus de 500 milliards de FCFA, estime Protais Ayangma, vice-président de la Plateforme des organisations du secteur privé, l’Etat devrait aux entreprises non bancaires un peu plus de 750 milliards de FCFA. « Pour mieux se rendre compte de l’ampleur de ce montant, on pourrait le mettre en parallèle avec le chiffre d’affaire annuel moyen des entreprises au Cameroun qui a été estimé par l’Institut national à l’issue du 2ème recensement général des entreprises à environ 64 millions de FCFA », a-t-il confié Protais Ayangma, le 12 mars 2018 à Douala lors de la 9ème session du CBF, sur le thème « Financement des petites et moyennes entreprises et développement du tissu industriel camerounais». C’est donc avec raison que la loi des Finances 2018 prévoit de consacrer 1027 milliards de FCFA pour le remboursement de la dette publique soit 22,76% du budget. Dans cette enveloppe, la dette publique extérieure représente 357 milliards de FCFA contre 670 milliards pour la dette publique intérieure. Si ces projections sont réalisées, ce sera donc une bouffée d’oxygène pour les entreprises locales. Ce d’autant plus que dans son Message de fin d’année 2017 à la Nation, le chef de l’Etat a annoncé qu’«une attention particulière sera accordée à la situation des PME, notamment pour ce qui est du règlement prioritaire de la dette qui leur est due, comme de l’amélioration de leur accès au crédit bancaire.» Déjà en 2017, pour soutenir les activités des entreprises pénalisées par les difficultés de trésorerie de l’Etat, principal pourvoyeur des contrats dans le pays, le président de la République a dû instruire le paiement exceptionnel de 180 milliards de FCFA au profit des entreprises. Ce qui a été fait à partir du 21 août 2017. Il s’agissait notamment du paiement des factures des prestataires de l’Etat et du remboursement des crédits TVA, pour une enveloppe totale de 100 milliards de FCFA. Selon le ministère des Finances, 80 milliards de FCFA ont été mis à la disposition des banques pour la relance des crédits aux entreprises. Cette mesure présidentielle venait en complément au Compte séquestre dédié au remboursement des crédits de TVA, opérationnel depuis mai 2017 ; une dotation six milliards de FCFA y est automatiquement versée tous les 15 de chaque mois à cette fin.

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article nécessite un abonnement EcoMembre pour y accéder.

Contactez le service client
  • Accueil
  • Politiques Publiques
  • Financement : les PME toujours marginalisées dans l’octroi des crédits
EtatcréditBCPMEfinancementpmeArchive
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Dans la même catégorie

CAMEROUN - La ville de Sangmelima, au milieu de la foret tropicalePolitiques PubliquesAgriculture : le Cameroun veut immatriculer au moins 500 000 titres fonciers d’ici 2030 Alors que moins de 1 % des communes disposent d’un plan cadastral numérisé, Yaoundé veut sécuriser les terres agricoles, dans un secteur qui revient régulièrement en tête des domaines les plus dénoncés pour corruption.il y a 1 jourEpremiumAllocations familiales CNPSPolitiques PubliquesSécurité sociale : le Cameroun veut élargir les prestations de l'assurance volontaireLe régime destiné aux indépendants et aux travailleurs informels s’essouffle. Selon la CNPS, les nouvelles adhésions à l’assurance volontaire ont chuté de plus d’un quart en un an.il y a 3 joursYaounde VillePolitiques PubliquesCameroun : la participation du public à l’élaboration du budget de l’État s’effondre de 20 à 9 points (rapport)Le Cameroun associe de moins en moins le public à ses décisions budgétaires. Selon l’Enquête sur le Budget Ouvert 2025, le pays obtient une note de 9/100 sur cet indicateur, contre 20/100 deux ans plus tôt.il y a 4 joursEpremiumdouanesTransport et LogistiqueCameroun, Nigeria et Bénin préparent l’interconnexion de leurs systèmes douaniersCes trois pays avec l’appui d’Afreximbank, préparent un vaste chantier pour fluidifier leurs frontières, dans un contexte où le commerce intra-africain reste marginal comparé au reste du monde.il y a 4 joursEpremiumLe ministre centrafricain des Finances et du Budget XXXPolitiques PubliquesDette publique : la Centrafrique lance une nouvelle offre de rachat de 7,5 milliards FCFA après un premier essai décevantLa première tentative n'avait guère convaincu les investisseurs. Le Trésor centrafricain revient à la charge, alors que plusieurs échéances de remboursement approchent.il y a 5 joursCAMEROON-YAOUNDE-CHINA AID-CONFERENCE CENTERPolitiques PubliquesFitch abaisse la note souveraine du Cameroun à « B- »L’agence américaine de notation a abaissé d’un cran la note du Cameroun à « B- », malgré une croissance attendue à 3,7 % et une dette publique relativement contenue.il y a 5 jours

Articles similaires

BANGE couronnée Meilleure Banque 2026 de Guinée Équatoriale par Global FinanceBanques et FinanceBANGE désignée par Global Finance meilleure banque 2026 en Guinée ÉquatorialeLa multinationale équato-guinéenne trône ainsi en tête du marché bancaire du pays pour la seconde année consécutive. La distinction a été remise en marge des assemblées annuelles du Groupe de la Banque mondiale, le 17 octobre, à l'hôtel Dusit Thani de Bangkok. Le prix Best Bank Awards classe les banques du monde entier en fonction d'un ensemble de critères fondamentaux comme l'acquisition de nouveaux clients, la collecte de dépôts et l'augmentation du volume de prêts.il y a 5 joursARGENTINA-ECONOMY-MINING-ERAMETMines et énergiesL'Etat français vole au secours d’Eramet avec une recapitalisation pouvant atteindre 500 millions d’eurosFragilisé par une perte nette de 477 millions d’euros en 2025 et un endettement élevé, Eramet prépare une recapitalisation pouvant atteindre 500 millions d’euros. L’opération doit permettre à l’État français, déjà détenteur de plus de 27 % du capital, de dépasser la famille Duval et de devenir le premier actionnaire du groupe minier.il y a 1 semaineStart-Up 237 finConjonctureStart-Up 237 : la France mobilise 2 millions d'euros pour soutenir 100 projets entrepreneuriaux au CamerounLancé en 2023, Start-up 237 a financé des équipements, du mentorat et des formations pour soutenir l'entrepreneuriat camerounais. Selon l'ambassadeur de France, les 100 entreprises accompagnées étaient encore actives à la clôture du programme.il y a 1 semainesite_webBanques et FinanceLa BADEA renforce son soutien à la BDEAC avec un prêt de 20 milliards FCFA destiné aux PMEDéjà actionnaire et créancière de la BDEAC, la BADEA vient d’accorder à l’institution régionale une nouvelle ligne de crédit de 30 millions d’euros, soit 19,7 milliards de FCFA, destinée au financement des PME. Une nouvelle étape dans un partenariat qui s’étend également au vaste chantier de recapitalisation de la banque.il y a 1 semaine
Actuellement en kiosque

Les plus lus

1Affaire Garoubé : la justice française maintient une saisie de 11,7 milliards FCFA contre l’État du Camerounil y a 3 jours2Cameroun : le projet de brasserie Krieger Brewery franchit l’étape des audiences publiquesil y a 2 jours3Tchad : le groupe ivoirien AFG en passe de prendre le contrôle de la Banque de l’Habitatil y a 4 jours4Cameroun : l’offre aérienne s’étoffe avec 21 compagnies, portée par les liaisons africainesil y a 5 jours5Cameroun : le français Camusat lève 12 milliards FCFA auprès de deux banques locales pour ses infrastructures de télécomsil y a 4 jours6Fitch abaisse la note souveraine du Cameroun à « B- »il y a 5 jours7CEMAC : les capitaux étrangers reculent dans les banques, les nationaux contrôlent désormais 23 établissements sur 54il y a 3 jours8Abidjan, Lomé, Libreville… : Idrissa Nassa remanie les états-majors de Coris Bank en Afriqueil y a 1 jour9Congo : l’État accorde dix ans d’avantages fiscaux et douaniers aux activités de Franprix à Brazzavilleil y a 1 jour10Guinée équatoriale : Tradex menacé de perdre ses réservoirs de stockage de carburantil y a 3 jours
📧

Newsletter EcoMatin

Recevez notre briefing économique quotidien directement dans votre boîte mail

Analyses exclusives • Décisions économiques • Afrique centrale

App Logo
Je m'abonne
MarchéCotationBoursesFondsMatières premièresConvertisseur
AbonnementsMon compteMes abonnementsNewslettersArticles achetés
ServicesConditions généralesPolitique de confidentialitéPolitique en matière de cookiesContact & Suggestions
La rédactionQui sommes-nous?Nous rejoindreNotre équipeLettre du DP
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.