Le 3 avril 2025, le ministre congolais des Finances, du Budget et du Portefeuille public, Christian Yoka, a signé un arrêté portant création, composition et fonctionnement du Comité de trésorerie de l’État. Cette structure remplira plusieurs missions, notamment le suivi régulier du recouvrement des recettes de l’État et l’adoption d’un plan de trésorerie annuel, trimestriel et mensuel, basé sur le budget approuvé. Le Comité sera également chargé de mettre en place un dispositif efficace de centralisation et de suivi de l’ensemble des engagements financiers de l’État, tout en assurant une communication fluide entre les directions et entités impliquées dans la gestion des finances publiques.
La création de cet outil n’est pas fortuite. Elle intervient dans un contexte où le Fonds monétaire international (FMI), principal créancier multilatéral du pays, déplore des « retards persistants » dans la mise en œuvre des réformes structurelles. L’institution de Bretton Woods insiste notamment sur l’amélioration des finances publiques, la gouvernance et la transparence, des facteurs jugés « essentiels » pour créer l’espace budgétaire nécessaire aux dépenses de développement et aux politiques sociales.
D’après la décision du gouvernement, le Comité de trésorerie de l’État est présidé par le ministère des Finances, assisté des directeurs du Trésor, de la Caisse congolaise d’amortissement (CCA), des Douanes, des Impôts, entre autres. Il s’appuie sur un secrétariat technique. « Il se réunit deux fois par mois pour examiner les réalisations des recettes et des dépenses de l’État, et s’accorder sur les prévisions », précise l’arrêté. Dans cette perspective, le dispositif devrait permettre d’améliorer la gestion des flux de trésorerie, d’optimiser les ressources financières, de mieux gérer les risques et de renforcer le contrôle des opérations de trésorerie pour garantir leur conformité et leur efficacité.
Cette réforme annoncée au sein du ministère congolais des Finances apparaît indispensable, au regard de la situation préoccupante de la dette publique. Selon la Caisse congolaise d’amortissement, l’encours de la dette du Congo s’est établi à 8 530,9 milliards de FCFA à fin 2024, soit 94,74 % du PIB, bien au-delà du seuil communautaire de 70 % fixé par la CEMAC. Le FMI prévoit toutefois un recul du taux d’endettement à 69,1 % en 2029, contre une projection de 91,7 % fin 2025, à condition que d’importants efforts soient fournis dans la gestion des ressources. Pour atteindre un taux d’endettement de 61 % du PIB en 2029, le gouvernement prévoit de réduire de moitié l’encours des arriérés, en le ramenant à 2 720,69 milliards de FCFA en 2030 contre 5 565,92 milliards en 2025.
Lire aussi : Congo-Brazzaville : la dette publique se maintient à 95% du PIB à fin 2024

