Le constat de la Banque mondiale dans sa dernière « Revue des Finances publiques du Gabon 2026 » est sans appel : « 96 % du coût des subventions à l’essence et au gasoil bénéficient à la moitié la plus aisée de la population ». L’institution de Bretton Woods souligne que ce coût est « considérable ». En 2024, les subventions aux carburants ont consommé 1 % du Produit intérieur brut (PIB) du pays, plus élevé que la moyenne de l’Afrique subsaharienne. La même année – même si comparaison n’est pas raison –, les subventions aux carburants ont consommé l’équivalent de l’ensemble du budget alloué à la santé.
L’institution financière internationale que préside l’Indien Ajaypal Singh Banga déplore le fait que ces subventions favorisent fortement les groupes à revenu élevé et profitent à la consommation importée, évinçant ainsi les dépenses sociales vitales. Or, pour la Banque mondiale, le régime de subvention des carburants apparaît comme une question particulièrement difficile pour le budget, les risques budgétaires étant plus élevés en raison de la hausse des prix du pétrole induite par le conflit au Moyen-Orient depuis le début de cette année.
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Du coup, la réduction des subventions aux carburants prévue dans la loi de finances initiale de 2026 n’a pas eu lieu, « les réformes n’ayant pas encore été mises en œuvre en mai 2026, rendant crédible l’anticipation d’un réajustement à la hausse qui a atteint les 55,374 milliards de FCFA inscrits dans la loi de finance rectificative 2026 », précise la Banque mondiale dont la Revue des finances publiques 2026 prédit une augmentation, non seulement des recettes pétrolières mais aussi du coût des subventions aux carburants avec la flambée des prix mondiaux du pétrole causée par le conflit au Moyen-Orient en cours depuis le début d’année. Ce qui pourrait avoir un impact sur le calendrier de réformes.
Réformes
A Bretton Woods, les experts de la Banque mondiale pensent qu’une élimination progressive mais déterminée des coûts des subventions aux carburants pourrait être envisagée. Elimination associée à des mesures d’atténuation et à la préservation de ces subventions pour les carburants utilisés par les plus vulnérables. « Les économies réalisées grâce à la baisse des subventions aux carburants pourraient être réorientées vers des transferts monétaires ciblés et des investissements dans les soins de santé primaires et l’éducation, améliorant ainsi l’impact social et l’efficacité des dépenses publiques », pense-t-on à Washington D.C., aux États-Unis, le siège de la Banque mondiale. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la baisse des subventions aux carburants fait partie des réformes recommandées.
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Il est suggéré de ramener ces subventions à 0,9 % du PIB en couplant les réformes à des mesures d’atténuation des impacts. Ce, à court et à moyen termes. Les résultats attendus sont l’équité, l’efficience et le climat social. Car, selon la Banque mondiale, les subventions aux carburants sont l’une des causes des difficultés rencontrées en matière de gestion des finances publiques, difficultés qui entravent l’exécution budgétaire et l’efficacité de l’action de l’État, amplifiant ainsi les risques budgétaires. Concrètement, l’exécution des dépenses publiques a représenté en moyenne 111 % des allocations budgétaires de 2019 à 2024, avec des dépassements prononcés pour les subventions aux carburants estimés à 192 %.















