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Gabon : E-Doley conteste la victoire judiciaire revendiquée par BGFI et relance le litige sur BGFI Mobile

E-Doley Finance refuse de voir le dossier BGFI Mobile refermé. La fintech gabonaise annonce avoir fait appel du jugement parisien dont BGFI Holding s'était prévalu quelques jours plus tôt, estimant que la justice française ne s'est pas encore prononcée sur le fond du litige relatif à la propriété intellectuelle de la plateforme de banque mobile.

Publiée mercredi 15 juillet 2026 à 16:56:33Modifiée mercredi 15 juillet 2026 à 16:56:34Temps de lecture 5 minPar Jean Omer Eyango

E-Doley Finance refuse de voir le dossier BGFI Mobile refermé. La fintech gabonaise annonce avoir fait appel du jugement parisien dont BGFI Holding s'était prévalu quelques jours plus tôt, estimant que la justice française ne s'est pas encore prononcée sur le fond du litige relatif à la propriété intellectuelle de la plateforme de banque mobile.

La fintech gabonaise E-Doley Finance a contesté samedi la présentation faite par BGFI Holding Corporation d'un jugement rendu le 25 juin par le Tribunal judiciaire de Paris, estimant que cette décision ne tranche pas le fond du différend opposant les deux parties sur la propriété intellectuelle de la solution de banque mobile à l'origine de BGFI Mobile.

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Dans un communiqué, E-Doley affirme avoir interjeté appel de la décision et soutient que la cour d'appel de Paris sera amenée à réexaminer l'ensemble du dossier « en fait et en droit ». « Le Tribunal n'a pas comparé les logiciels ; il n'a jamais dit que BGFI Mobile était une création de la banque », ajoute la fintech, qui fonde l’espoir que la Cour d'appel de Paris « rejugera l'intégralité de l'affaire, en fait et en droit ». En gros, la société reproche au groupe bancaire d'avoir présenté ce jugement comme une victoire définitive, alors que, selon elle, les magistrats ne se seraient pas prononcés sur la comparaison technique des deux logiciels ni sur l'origine de BGFI Mobile.

À l'origine du contentieux, E-Doley Finance reproche en au groupe bancaire gabonais d'avoir repris sa solution de banque mobile développée en 2013, sous le nom « e-Doley Cash ». Selon son récit, cette solution avait été présentée à BGFIBank en 2014 avant d'être déployée par la banque sous l'appellation « e-Doley Cash by BGFI Bank ». Après l'échec des discussions sur un rachat et un partage des revenus en 2015, la banque aurait finalement lancé « BGFI Mobile », que la fintech considère comme une reprise de sa technologie sous une autre identité.

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Verdict

Devant le Tribunal judiciaire de Paris, E-Doley Finance invoquait des faits présumés de « contrefaçon de logiciel », de « parasitisme économique » et sollicitait une expertise judiciaire. Les juges ont cependant écarté l'ensemble de ces griefs, estimant qu'aucune des prétentions avancées n'était fondée. La justice dit être même allée plus loin en considérant que l'action engagée revêtait un caractère abusif.

E-Doley Finance a ainsi été condamnée à verser 8 000 Euros de dommages et intérêts à chacune des deux sociétés du groupe BGFIBank, soit BGFI Holding Corporation et BGFIBank Gabon. Elle est également condamnée à régler 25 000 euros de frais de procédure à chacune des deux entités, en plus des dépens. La fintech gabonaise conteste également cette appréciation. Elle affirme que la qualification de procédure abusive ne porte pas sur le fond du dossier, mais sur une omission procédurale liée à l'annulation d'expertises judiciaires, décision qu'elle attaque également en appel. Elle met en avant le fait que « deux expertises judiciaires ont conclu à des taux de similitude allant jusqu'à 100% sur certaines composantes entre les deux solutions » et annonce avoir engagé un recours en révision concernant ces expertises.

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Recours

E-Doley Finance rappelle en outre que le contentieux demeure ouvert dans trois pays. « La contrefaçon se juge à Paris ; le volet commercial à Libreville, puis à Abidjan, devant la Cour commune de justice et d'arbitrage (CCJA) de l'OHADA ». La société brandit également un arrêt rendu le 18 mars 2026 par la Cour d'appel judiciaire de Libreville, qui aurait reconnu l'existence d'une opération de nature commerciale entre les parties, un point qu'elle estime désormais définitivement acquis. Dans son communiqué publié le 6 juillet, le groupe bancaire s'était félicité de la décision parisienne tout en rappelant son attitude durant la procédure. « Depuis l'ouverture de cette procédure, le Groupe a pleinement coopéré avec les autorités judiciaires compétentes, animé par sa confiance dans les institutions judiciaires et dans leur capacité à établir les faits en toute indépendance et impartialité ».

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