Au Gabon, les autorités minières ont officiellement approuvé la cession par Ivanhoe Gabon SA de deux permis d’exploitation aurifère à petite échelle au profit de Imperator Ressources Gabon SA, pour un montant global estimé à près de 700 millions Fcfa, selon deux arrêtés ministériels consultés par EcoMatin. « Le présent arrêté porte approbation de cession des droits et obligations d’exploitation minière à petite échelle entre la société Ivanhoe Gabon SA et la société Imperator Ressources Gabon SA », stipule les documents.
Les deux arrêtés, publiés le 14 novembre dernier, portent respectivement sur les permis G7-939 « Lobi-Lobi » et G7-710 « Loubou-Ndangui », tous deux situés dans le département de Mouloundou, dans la province de l’Ogooué-Lolo, un bassin aurifère stratégique du Sud-Est gabonais.
La sortie d’Ivanhoe Gabon SA, filiale locale du groupe canadien Ivanhoe, intervient alors que la compagnie, connue pour ses mégaprojets de cuivre en RDC, semble recentrer ses opérations africaines sur les actifs stratégiques à forte rentabilité. La reprise par Imperator Ressources Gabon SA a été validée après examen technique et administratif de la Direction générale de l’Exploitation des Mines.
Lire aussi : Or du Gabon : un recensement national pour reprendre le contrôle de la filière
Conformément à l’Article 195 de la loi minière gabonaise, chacun des permis cédés est soumis au paiement d’un droit fixe de 50 millions Fcfa à l’Etat, correspondant à 15% de la valeur totale de la transaction. Cette base permet d’estimer la cession d’un permis à environ 333,3 millions Fcfa, soit près de 700 millions Fcfa pour les deux permis. Ce qui représente environ 100 millions FCFA à reverser au trésor public.
Pour Libreville, l’opération confirme le renforcement du contrôle de l’État sur les transactions minières et l’application stricte de la fiscalité sectorielle. Les droits fixes de cession constituent une manne budgétaire non négligeable pour les finances publiques et pour le financement du développement local.
Pour Imperator Ressources Gabon SA, l’acquisition simultanée de deux permis aurifères de petite échelle, chacun portant sur une superficie maximale de 50 km², marque une montée en puissance dans l’exploitation de l’or au Gabon. L’entreprise devra désormais assurer la continuité des activités et se conformer au régime des substances souveraines ainsi qu’aux exigences environnementales et sociales récemment renforcées.
Cotée au Canada, Ivanhoe Mines est connue pour ses gigantesques projets cuprifères en République démocratique du Congo, dont Kamoa-Kakula, l’une des mines de cuivre les plus prometteuses au monde. Sa filiale gabonaise, active depuis plusieurs années sur des permis aurifères de petite échelle, semblait en retrait depuis 2023, en raison d’un recalibrage stratégique visant à concentrer les investissements sur ses actifs les plus rentables.
Lire aussi : Le Tchad veut construire la première raffinerie d’or de la CEMAC en 2026

