Au Gabon, la Caisse nationale d’assurance-maladie et de garantie sociale (Cnamgs), organisme à capitaux publics, est désormais persona non grata dans les structures pharmaceutiques du pays pour défaut de paiement. Au point où depuis décembre dernier, tous ceux qui se présentent en pharmacie avec une ordonnance portant le visa de ladite Caisse, sont systématiquement refoulés. « La Cnamgs ne rembourse plus les médicaments que nous donnons à ces assurés. Raison pour laquelle nous n’acceptons plus sa caution », déclare le Syndicat.
Informée de la situation, le directeur général (DG) par intérim de la Cnamgs, Melima Marie Nkole Aboughe Obame, a protesté à travers un communiqué dont EcoMatin a obtenu copie ce 3 janvier. Pour elle, il y a abus de la part des pharmaciens. « Des discussions ont été engagées avec le syndicat des pharmaciens jusqu’au 17 décembre 2024, afin de poursuivre le service aux assurés. Au cours des échanges, le directeur général par intérim a réaffirmé la volonté de l’ensemble de la direction générale à procéder au paiement de la dette de la Cnamgs vis-à-vis des pharmacies », écrit-elle.
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Elle ajoute : « A cet effet, tous les services du circuit de la dépense sont à pied d’œuvre pour parvenir à l’apurement total de cette dette. Depuis le mardi 31 décembre 2024, le processus de paiement a été engagé et va se poursuivre. La direction générale rassure l’ensemble de la population gabonaise, notamment les assurés, qu’elle travaille avec le concours des plus hautes autorités, pour garantir la pérennité du service aux assurés ».
Pour l’heure, le syndicat des pharmaciens campe sur sa position. Les assurés, quant à eux, ne savent plus à quel saint se vouer. Ceci dans un contexte où, depuis l’arrivée au pouvoir des nouvelles autorités en août 2023, les populations avaient espoir que la situation de la Cnamgs allait s’améliorer. En effet, le général Brice Oligui Nguema a annoncé le 30 août 2023 la « mise sous gestion du secteur privé » des deux caisses de prévoyance sociale du Gabon, à savoir : la Cnamgs mise en place en 2007 dans le but de garantir la couverture maladie à l’ensemble de la population gabonaise et d’assurer le service des prestations familiales aux Gabonais économiquement faibles (GEF), ainsi que la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss) chargée d’assurer la sécurité sociale aux travailleurs du secteur privé. En clair, la Cnamgs et la Cnss devaient être privatisées. Depuis lors, que nenni. Le montant de sa dette jusqu’ici est tenu secret. Mais d’après certaines sources fiables, elle se chiffre en milliards de FCFA.
Pour bénéficier de la prise en charge des soins de santé par la Cnamgs, le travailleur du secteur privé (en activité) cotise à concurrence de 2,5 % de ses rémunérations (c’est-à-dire le salaire de base + indemnités et primes soumises à cotisation). L’employeur cotise à hauteur de 4,1 % au profit du travailleur (cotisation transférée de la CNSS à la Cnamgs). Le retraité ou le bénéficiaire d’une pension supérieur au salaire minimum interprofessionnel garanti cotise à concurrence de 1,5 % de sa pension.
Selon les derniers chiffres rendus publics par le gouvernement, au cours de l’année 2021, plus de 61 milliards de FCFA ont été dépensés au titre de la prise en charge sanitaire des Gabonais par le biais de la Cnamgs.

