Au 3ᵉ trimestre 2024, la dette publique du Gabon s’élève à 7 075 milliards de FCFA, enregistrant une baisse de 74,2 milliards de FCFA en glissement annuel, selon les données de la Direction générale de la Dette (DGD). Cette diminution traduit les efforts du gouvernement pour maintenir une gestion plus rigoureuse des finances publiques. En novembre 2024, le pays a notamment procédé au rachat de la moitié de son euro-obligation de 605 millions de dollars, arrivant à échéance en juin 2025, une opération qui, selon la Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur (Coface), pourrait renforcer la confiance des investisseurs.
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Toutefois, ces chiffres ne reflètent qu’une partie des engagements financiers du pays. La DGD précise que l’encours publié ne couvre que la dette gérée par ses services, excluant d’autres obligations comme les arriérés de paiement, les dettes liées à la TVA, les pensions ou encore les contentieux administratifs. En tenant compte de ces éléments, l’économiste gabonais Arnaud Ntoutoume Ndong estime l’encours réel de la dette publique gabonaise à 8 648,2 milliards de FCFA, un chiffre qui reste à confirmer. Un écart de 1 567 milliards de FCFA qui soulève des interrogations sur la transparence des données officielles. « Avec un encours total approchant les 8 648 milliards de FCFA, le Gabon se trouve dans une situation financière préoccupante, nécessitant des mesures urgentes pour éviter un surendettement », alerte l’économiste gabonais.
Risque d’endettement excessif
L’agence Fitch Ratings a récemment dégradé la note souveraine du Gabon en devises, confirmant une tendance inquiétante. Selon le FMI, le ratio dette-PIB pourrait frôler les 80% en 2025, la dette publique devant continuer à croître en raison des besoins de financement pour relancer l’économie et faire face aux défis structurels. La Banque mondiale, elle, met également en garde contre un endettement excessif, notamment en raison de la dépendance du pays aux recettes pétrolières, sujettes à de fortes fluctuations.
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De son côté, la BEAC appelle à une meilleure gestion de la dette pour éviter une crise de liquidité. L’institution souligne que le Gabon fait face à « un accès limité au marché régional de la dette, un manque de financements significatifs de la part des créanciers officiels et des amortissements externes élevés », entraînant, selon Fitch, « de graves tensions sur la trésorerie publique et une accumulation d’arriérés envers les fournisseurs et créanciers officiels ».

