Le gouvernement gabonais table sur une dynamique contrastée pour son secteur pétrolier au cours du prochain exercice. Selon le cadrage macroéconomique du projet de loi de finances 2027, adopté en Conseil des ministres le 18 septembre, l'État anticipe une hausse de la production nationale de 4,1 %. Les volumes extraits devraient ainsi atteindre 11,30 millions de tonnes métriques, contre 10,80 millions en 2026. Cependant, cette hausse de la production sera confrontée à une conjoncture internationale défavorable. Les prévisions gouvernementales s'appuient sur une hypothèse de recul du prix du baril gabonais de 12,5 %, s'établissant à 70 dollars contre 80 dollars l'année précédente.
Sur la base de ces prévisions, la filière devrait subir un effet ciseaux mécanique. La baisse des cours mondiaux étant trois fois plus prononcée que la hausse de la production extractive, l'impact final est mathématiquement négatif. Le Gabon pourrait ainsi capter 1 013,2 milliards de FCFA de recettes budgétaires directes issues des hydrocarbures en 2027. Ce montant acterait une contraction d'environ 9 % des revenus pétroliers par rapport aux 1 113,4 milliards de FCFA estimés pour 2026.
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Pour atteindre cet objectif d'extraction de 11,30 millions de tonnes qui limite le manque à gagner, le Gabon s'appuie sur un écosystème d'opérateurs industriels en pleine recomposition. La dynamique extractive est principalement portée par la société nationale Gabon Oil Company, qui a récemment consolidé sa position en rachetant les actifs d'Assala Energy, aux côtés de producteurs historiques comme le franco-britannique Perenco, le français Maurel & Prom, TotalEnergies ou encore BW Energy. Ces acteurs déploient des stratégies d'optimisation des champs matures et de forages intercalaires pour maintenir et accroître les rendements dans le bassin sédimentaire national.
Malgré ce repli de recettes projeté, le pétrole conserve sa domination absolue sur l'économie gabonaise. En s'appuyant sur ces mêmes prévisions de volumes et de prix, la valeur brute d'exportation générée par les hydrocarbures sur les marchés est estimée à environ 5,7 milliards de dollars, soit près de 3 400 milliards de FCFA. C'est cette manne globale qui permettra de reverser les 1 013,2 milliards de FCFA dans les caisses de l'État.
Sur des recettes publiques totales évaluées à 3 291,7 milliards de FCFA pour 2027, la contribution directe du pétrole représente ainsi près du tiers des ressources budgétaires.
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