Le groupe français Rougier spécialisé dans l’industrie du bois, a réalisé un chiffre d’affaires consolidé de 35 millions d’euros (environ 23 milliards de FCFA) au premier semestre 2026, contre 38,7 millions d’euros un an plus tôt. Ces chiffres figurent dans les résultats financiers publiés le 30 octobre. Cette contraction de 9,6 % reflète le ralentissement des activités au Gabon, où le groupe concentre une part importante de ses opérations en Afrique centrale. Les revenus de la filiale Rougier Gabon ont reculé de 20,3 %, passant de 18,5 millions d’euros au premier semestre 2025 à 14,7 millions d’euros (environ 9,6 milliards de FCFA) entre janvier et juin 2026.
Dans son communiqué, le groupe attribue ce recul à trois facteurs : « le redémarrage progressif des chantiers à la suite de la mesure administrative du quatrième trimestre 2025 interdisant le transport et l’exportation des bois », l’arrêt temporaire d’un chantier en mai et juin 2026, désormais levé, et un volume budgétisé annuel inférieur à celui de l’exercice précédent. Cette contre-performance prolonge les perturbations administratives du quatrième trimestre 2025. Dans une note circulaire datée du 17 octobre 2025, le ministère gabonais des Eaux et Forêts avait suspendu le transport et l’exportation de bois de plusieurs opérateurs, pour non-paiement de taxes et de redevances dues à l’État. Rougier Gabon figurait parmi eux. L’objectif : contraindre les sociétés forestières à régulariser leur situation vis-à-vis du Trésor public.
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Précisons que cette baisse prolonge une tendance déjà observée en 2025, lorsque le chiffre d'affaires gabonais avait chuté de 23,9 % à 33 millions d’euros contre 43,4 millions en 2024. Dans ses résultats annuels 2025, le groupe avait déjà fait état de 31 jours ouvrés d'interruption de la production forestière et industrielle au Gabon en raison de ces perturbations administratives. Au premier semestre 2026, la reprise progressive des chantiers n'a pas encore permis de retrouver le niveau d'activité antérieur.
Dans le détail, la production de grumes a reculé de 23,3 % et celle des bois débités de 39,8 %. Rougier évoque également l'arrêt temporaire d'un chantier en mai et juin 2026, désormais levé, ainsi qu'un volume budgétisé annuel inférieur à celui de l'exercice précédent. Le résultat opérationnel est passé d'environ 2,7 millions d'euros au premier semestre 2025 à 425 000 euros sur la période sous revue, soit un recul de 84,1 %. Quant à son résultat net contributif, il est ressorti déficitaire de 274 000 euros, contre un bénéfice de 2,1 millions d'euros un an auparavant.
Au Congo, le gasoil continue de perturber la production
La situation est également difficile au Congo-Brazzaville, où la filiale Mokabi reste confrontée aux tensions sur l'approvisionnement en gasoil. Présente depuis septembre 2024, cette pénurie a entraîné 28 jours cumulés d'arrêt de production au premier trimestre 2026 et renchéri les coûts d'approvisionnement en carburant, selon le groupe. Le phénomène avait déjà pesé sur les comptes de 2025, avec un recul de 41,1 % du chiffre d'affaires de la filiale et 81 jours cumulés d'interruption de production.
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Malgré ces contraintes, les revenus de Mokabi ont progressé de 21,2 % au premier semestre 2026, à 8,3 millions d'euros. Cette hausse s'explique notamment par la commercialisation de bois restés en forêt à la fin de 2025 et la reprise de la production industrielle au deuxième trimestre. Elle doit toutefois être relativisée : près de 98 % de ce chiffre d'affaires correspond à des opérations intragroupe. Après retraitement de ces échanges, les ventes externes attribuables à la filiale ressortent à environ 163 000 euros.
Au niveau consolidé, Rougier doit également composer avec une demande et des prix moins favorables sur les marchés internationaux. Les ventes en Afrique subsaharienne ont reculé de 27,2 %, tandis que celles réalisées en Europe ont progressé de 11,5 %. L'EBITDA du groupe s'établit à 3,6 millions d'euros, contre 6,6 millions un an auparavant. Le résultat net consolidé affiche une perte de 2 millions d'euros, dont 1,2 million à la charge des actionnaires du groupe.









