L’objectif des assises nationales du financement du développement post transition, ouvertes à Libreville la capitale gabonaise le 17 mars 2025, vise un changement de paradigme économique. Il est question d’opérer une migration d’une économie de rente à un modèle de production agressif qui émancipe le pays du diktat des importations et de la propension à l’évasion des devises. La redéfinition du modèle économique du pays visant à « bâtir un avenir plus inclusif et durable » repose, selon les organisateurs, sur trois fondamentaux : un modèle de développement plus inclusif et résilient ; une approche intégrée du financement et le renforcement du cadre institutionnel et réglementaire.
Pour que le nouveau modèle économique devant être adopté par les partenaires techniques et financiers, les institutions multilatérales, les universitaires, la société civile et les experts de haut niveau soit inclusif et résilient, l’économie gabonaise doit sortir de la situation de dépendance aux ressources naturelles vers un système plus diversifié et innovant. Cela passe par l’industrialisation des filières, la transformation locale des matières premières et l’essor de l’agriculture, de l’économie verte, bleue et numérique.
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Lors de la cérémonie d’ouverture présidée par le vice-Président de la République, Joseph Owondault Berre, les experts ont indiqué que cette transition passera par des réformes structurelles profondes, une volonté politique forte et une collaboration étroite entre tous les acteurs économiques.
Financements innovants
S’agissant de l’approche intégrée du financement, la stratégie économique post-transition doit être guidée par le souci de convergence entre sources de financement et priorités nationales. Les autorités envisagent de repenser toute la stratégie de mobilisation des ressources en y intégrant les recettes internes, les investissements privés, les financements innovants ou encore la coopération internationale. Pour le ministre gabonais de l’Economie, Mark Doumba, qui appelle à une plus grande mobilisation des recettes internes, le développement du pays « ne doit pas reposer essentiellement sur les financements extérieurs ».
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Le classement du Gabon dans la catégorie des pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure, l’exclut souvent des mécanismes de financement concessionnels, renseigne la Coordonnatrice Résidente des Nations Unies au Gabon, Savina Ammassari. Ce qui, souligne-t-elle, « contraint le pays à faire face à des coûts de financement plus élevés ». Pour elle, il faut mobiliser des instruments innovants tels que les obligations thématiques, l’investissement à impact et les échanges de dettes, etc.
Cadre légal
Pour Alexandre Barro Chambrier, Vice-premier ministre et ministre de la Planification, le financement de l’économie passe aussi par une meilleure mobilisation des recettes non pétrolières et l’exploration de niches fiscales dont la taxe foncière, la taxation du secteur informel et du e-commerce.
Le dernier pilier concerne la refonte du cadre légal et réglementaire. Ce qui passe par des réformes profondes de la gouvernance économique et financière en vue d’améliorer l’attractivité du pays. Quant au retour de la confiance des investisseurs, un accent doit être mis sur la transparence budgétaire, l’optimisation fiscale et la modernisation de l’administration financière.
Ces assises sont assorties d’un chronogramme de mise en œuvre d’évaluation et d’actualisation de la nouvelle stratégie de financement étalé sur 08 mois.
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