La production de gaz naturel de la République du Congo devrait quadrupler en 2026 pour atteindre 2 121,1 milliers de tonnes, contre 563,3 milliers de tonnes en 2025, selon le rapport du Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque des États de l'Afrique centrale (Beac). Soit une hausse de 276,5 % en glissement annuel, qui propulserait le gaz parmi les trois principaux produits d'exportation de Brazzaville, derrière les huiles brutes de pétrole et le bois. Ce volume pourrait servir d'effet de levier aux performances globales du secteur gazier de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cemac), où cinq des six pays membres sont producteurs d'hydrocarbures, à l'exception de la République centrafricaine (RCA).
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En effet, le document table sur une production gazière de la Cemac de 6 771,1 milliers de tonnes en 2026, en hausse de 13,4 % par rapport aux 5 969,4 milliers de tonnes attendues en 2025. Cette progression intervient alors même que le Cameroun et la Guinée équatoriale, qui représentaient à eux seuls 85,2 % de la production régionale en 2025, devraient enregistrer des baisses significatives. Au Cameroun, la production reculerait de 1 358,6 à 814,2 milliers de tonnes, tandis qu'en Guinée équatoriale, elle diminuerait de 7,2 %, à 3 729,4 milliers de tonnes. Dans ce contexte, l'essor attendu de la production congolaise compenserait largement ces replis et contribuerait à atteindre les objectifs régionaux fixés par la Beac.
Deuxième producteur devant le Cameroun
Dans ce nouvel équilibre régional, la République du Congo verrait sa contribution passer de 9,4 % de la production totale de la Cemac en 2025 à 31,3 % en 2026. Le Gabon fournirait, pour sa part, 375,5 milliers de tonnes, contre 318,2 milliers un an plus tôt. Cette progression lui permettrait de maintenir une part de marché proche de 5,5 %, confirmant son rôle de complément dans le nouveau paysage gazier régional. Dans le même temps, le Cameroun céderait sa place de deuxième producteur de gaz naturel au profit du Congo. Le Tchad, en revanche, ne disposerait toujours d'aucune production gazière selon les prévisions de la Banque centrale.
La montée en puissance du Congo apparaît encore plus marquée lorsqu'on compare les projections de 2026 aux volumes effectivement produits en 2024. La production régionale devrait alors dépasser le précédent record de 6 701,4 milliers de tonnes, atteint cette année-là, alors que le Congo n'avait contribué qu'à hauteur de 342,5 milliers de tonnes, soit 5,1 % du total régional.
Si le rapport du Comité de politique monétaire ne détaille pas les facteurs précis de cette accélération, celle-ci s'inscrit dans le déploiement de plusieurs projets gaziers de grande envergure. Le principal est le développement du gisement offshore Marine XII, au large de Pointe-Noire, exploité par le groupe italien Eni. Selon son rapport d'activité 2025, l'entreprise prévoit de porter ses capacités de production de gaz naturel liquéfié (GNL) de 600 000 tonnes à 3 millions de tonnes par an dès 2026, puis à 6 millions de tonnes entre 2027 et 2029, confortant ainsi le rôle moteur du Congo dans la dynamique gazière de l'Afrique centrale.
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