Le ministère tchadien des Finances, du Budget, de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale a publié, le 6 août 2025, un arrêté instituant un droit de sortie sur certains produits agricoles et animaux. Sont concernés : l’arachide (décortiquée et non décortiquée), la gomme arabique, les graines de sésame, ainsi que les peaux et cuirs.
Selon le texte, qui sera appliqué par l’administration douanière, « un droit de sortie de 5 % de la valeur imposable » est instauré, auquel s’ajoute une redevance statistique de 2 %, soit une charge totale de 7 % sur la valeur d’exportation. Si le document n'explicite pas les motivations de cette mesure, elle s’inscrit visiblement dans une stratégie d’optimisation des recettes d’exportation, notamment sur la gomme arabique dont les performances commerciales sont en nette hausse.
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En 2024, la tonne de gomme arabique s’est échangée sur les marchés internationaux à 3 000 dollars (environ 1,6 million FCFA), contre 1 800 dollars en 2022. Sur le marché local, le prix du kilogramme est passé de 700 FCFA en 2023 à 1 750 FCFA en 2024, soit une hausse de 150 %. Cette embellie a permis une progression de 97 % des recettes d’exportation, principalement tirées par les ventes vers la France et les États-Unis, les deux principaux clients du Tchad. Selon le cabinet N’Kalô, les exportations vers la France ont grimpé de 40 % à 12 787 tonnes, tandis que les expéditions vers les USA ont progressé de 37 %, à 2 041 tonnes. Ensemble, ces marchés ont généré 42,28 millions USD (environ 25,9 milliards FCFA), contre 21,39 millions USD en 2023.
La dynamique haussière est soutenue par une croissance soutenue de la production et des volumes exportés. En 2024, le Tchad a exporté 52 500 tonnes, contre 42 000 tonnes en 2022 (+25 %). Côté production, la BEAC estime qu’elle est passée de 48 700 tonnes en 2022 à 57 000 tonnes en 2024, avec une prévision de 62 000 tonnes pour 2025.
Rappelons que la gomme arabique est un produit stratégique pour l’économie tchadienne, aux côtés du pétrole, du coton et du bétail. Elle représente environ 7 % du PIB du pays, d’où l’enjeu fiscal et économique de cette nouvelle taxation à l’export.
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