La major pétrolière française TotalEnergies, active en Guinée équatoriale dans la commercialisation des produits et services, veut se relancer dans l’amont pétrolier du pays, abandonné depuis cinq ans. Autrefois active seule, la compagnie pilotée par Patrick Pouyanné mise sur un consortium composé de partenaires américain et qatari, selon l’information du bureau de presse de la vice-présidence qui révèle un début de négociation effectif le 22 septembre à New York, en marge de la 81e session de l'Assemblée générale des Nations Unies. « Le vice-président de la République, S.E. Nguema Obiang Mangue, a tenu des réunions de travail à New York avec des représentants du consortium formé par TotalEnergies, ConocoPhillips et QatarEnergy. Il a analysé les nouvelles possibilités d'exploration et de développement centrées sur les projets que ces entreprises développent ou étudient pour les mettre en œuvre en Guinée équatoriale. »
Concrètement, la presse présidentielle précise que les discussions ont inclus cinq nouveaux blocs - deux situés au sud du pays et trois soumis à une possible location de bail de reconnaissance -, ainsi qu'un projet plus large étudié avec d'autres entreprises américaines. L’identité des blocs n’a pas été révélée. Cependant, sur la carte actualisée des blocs en promotion, la partie sud du domaine maritime affiche des blocs en exploration ouverte (EG-24, EG-26, EG-21, EG-03, EG-04) et des blocs en négociation avec ConocoPhillips (EG-28 et EG-29). Au nord-ouest du domaine maritime, les blocs sous statut de reconnaissance (EG-07, EG-13, EG-14, EG-16, EG-17, EG-30 et EG-31) encadrent les infrastructures existantes d'Alen, d'Aseng et de Punta Europa.
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Ces négociations surviennent dans un contexte où la campagne de promotion de blocs pétroliers se poursuit pour contrer le déclin de la production, tombée sous 70 000 barils par jour selon l’Opep. L'octroi de ces blocs s'inscrit dans la stratégie du Gouvernement équatoguinéen visant à alimenter le hub gazier national. Pour TotalEnergies, ce consortium permet de mutualiser les coûts d'exploration. Sa collaboration avec QatarEnergy et ConocoPhillips s'appuie sur une dynamique déjà opérationnelle, formalisée en mai dernier par un accord sur la zone offshore Block 3 en Syrie.
Cette relance constitue la quatrième tentative de la major française dans l’amont équatoguinéen. Entrée au pays en 1984 après l’absorption d'Elf Aquitaine, elle participe à la découverte du gisement de gaz et condensats d'Alba au nord de l'île de Bioko, en partenariat avec l'État et la compagnie espagnole Hispanoil. En l'absence d'infrastructures d'exportation de gaz et face aux cours bas du pétrole, Total ne participe pas à l’exploitation. En 1995, alors que les majors américaines s'emparent des blocs d'exploitation, TotalFinaElf se positionne sur des blocs d'exploration périphériques dans le bassin du Rio Muni et au large de Bioko, via des campagnes de sismique 3D et des prises de participations minoritaires non opérées.
Dans le cadre de l'appel d'offres Ronda de Licitaciones 2017, Total signe un contrat d'exploration et de partage de production (CEPP) pour le bloc offshore EG-11. Le groupe s'engage à mener des études géologiques et des relevés sismiques pour évaluer le potentiel en sous-sol profond. Faute de découvertes commerciales capables d'atteindre le seuil de rentabilité exigé post-crise COVID-19, TotalEnergies décide en 2021 de rendre ses actifs d'exploration à l'État équatoguinéen.
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