La pression du Groupement interpatronal du Cameroun sur le gouvernement ne faiblit pas. Après le Ministre du commerce Luc Magloire Mbarga Atangana, le 1er octobre 2021, ce mouvement patronal a de nouveau égrené une liste de difficultés auxquelles font face le secteur privé en général, et les entreprises du Gicam en particulier, face à Achille Bassilekin lll, le Ministre des petites et moyennes entreprises, de l'économie sociale et de l'artisanat (Minpmeesa): pression fiscale, insécurité des investissements, difficile accès au financement, infrastructures insuffisantes (énergie, transport, télécommunications etc....). «La crise sanitaire qui sévit depuis 2019 a remis en exergue les risques d'une économie extravertie comme la nôtre. Ainsi, du fait de notre forte dépendance à l'importation, tant des matières premières que des produits finis, notre économie est en passe de faire face à l'une des crises les plus importantes de son histoire. En effet, la difficulté des entreprises et des importateurs à répercuter la hausse des coûts d'approvisionnement et l'absence d'un accompagnement des pouvoirs publics, aura pour corollaires un arrêt d'activité de la part des entreprises, un défaut d'approvisionnement des marchés et des pénuries aux conséquences sociales regrettables», s'est exprimé Célestin Tawamba, le Président du Gicam.
Cette nouvelle sortie intervient en effet au lendemain d'une concertation des entreprises du Gicam sur «la flambée des prix à l'importation». Concertation du 9 novembre 2021, au terme de laquelle les entreprises membres du Gicam qui ne pourront plus s'ajuster, envisagent un «arrêt des activités d'importation et de production au 1er janvier 2022». La célébration de la 3ème édition de la semaine mondiale de l'entrepreneuriat au Cameroun aura ainsi été l'occasion pour le Gicam de rappeler au Ministre des petites et moyennes entreprises, de l'économie sociale et de l'artisanat, l'envolée vertigineuse des prix des produits à l'importation, ainsi que du renchérissement du fret (+ de 400 % de hausse), clinker (+ de 80%), le blé dur (+ de 40%), huile de palme (+ de 65%), les engrais (+ de 72%), le maïs (+ de 72%), l’orge (+ de 65%) etc....Les entreprises du Gicam expriment par conséquent leur impuissance face aux pénuries, aux arrêts temporaires des achats, l'augmentation des prix ou les licenciements.
Partenariat avec le Gicam
Tout en reconnaissant la pertinence des difficultés conjoncturelles des entreprises camerounaises depuis 20 mois, le Ministre Achille Bassilekin lll dévoilera quelques efforts du gouvernement camerounais au profit des petites et moyennes entreprises et jeunes startups: 52 milliards de FCFA débloqués par la Banque Islamique de Développement (BID) au profit, 30 milliards de FCFA par la Banque Européenne d'Investissement, 2 milliards de FCFA pour soutenir les incubateurs dans les universités et grandes écoles du Cameroun, en plus de l'ouverture de 162 clubs d'entrepreneuriat dans les lycées et collèges du pays, entre autres actions réalisées et financements décaissés par l'entremise du Ministère des petites et moyennes entreprises. «Nous devons soutenir, inspirer, connecter et permettre aux entreprises d'agir sur la société. Nous avons toujours pris toutes les mesures incitatives en faveur des petites et moyennes entreprises de notre pays. Nous les appelons à préparer la période post-Covid, car l'ouverture des frontières se précise sur le plan international. Nous avons signé avec le Gicam une convention de partenariat pour explorer de nouveaux horizons visant à bâtir un mode entrepreneurial plus offensif, plus résilient, davantage porté vers l'enrichissement de notre pays», a ajouté le Minpmeesa.
A titre de rappel, la rencontre entre la délégation ministérielle et le groupement patronal entrait dans le cadre du lancement officiel dans la capitale économique, de la 3ème édition de la semaine mondiale de l'entrepreneuriat placée sous le thème «la capitalisation des opportunités entrepreneuriales en temps de crise». D'après les chiffres de l'Institut national de la statistique datant de 2018, le Cameroun enregistre 34.688 entreprises modernes recensées. Pour l'occasion, le Ministre des petites et moyennes entreprises, de l'économie sociale et de l'artisanat a signé deux accords de partenariat avec le Réseau mondial de l'entrepreneuriat et Youth Business Cameroon dans le cadre de l'accompagnement des startups et des petites et moyennes entreprises camerounaises dans leurs activités.

