Un an après la signature à Malabo de l’accord entre le Nigeria et la Guinée équatoriale pour la construction d’un gazoduc transfrontalier à travers le golfe de Guinée, la mise en œuvre n'a pas beaucoup progressé. Le 21 août dernier, lors d’un webinaire consacré au secteur gazier, le ministre nigérian d’État au Pétrole, Ekperikpe Ekpo, a pointé du doigt des freins du côté de Malabo. « Le Nigeria va de l’avant avec le gazoduc Nigeria-Guinée équatoriale. Ce projet illustre notre engagement en faveur de l’interconnectivité énergétique régionale et de la monétisation des actifs gaziers bloqués. Cependant, sa mise en œuvre peine à se concrétiser à cause des blocages en Guinée Equatoriale », a-t-il rappelé.
Selon le ministre nigérian, la Guinée équatoriale « traîne le pas » sur un projet pourtant présenté comme une « collaboration stratégique » entre Abuja et Malabo. Lui-même n’a toutefois pas détaillé les axes d’avancement du côté nigérian. Aux blocages non précisés imputés à Malabo s’ajoutent, d’après M. Ekpo, « des contraintes de financement, des déficits d’infrastructures et la nécessité d’une plus grande implication du secteur privé ». Ces déclarations interviennent deux mois après la signature, en juin dernier, de la feuille de route de mise en œuvre du projet avec son homologue équato-guinéen Antonio Oburu Ondo. Soit dix mois après l’accord initial. Un constat demeure : le chantier tarde à se concrétiser.
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Ce retard compromettrait les retombées économiques attendues par le Nigeria. Pour l’autorité nigériane, le gazoduc doit permettre aux producteurs locaux d’acheminer leur gaz vers le complexe de Punta Europa, en Guinée équatoriale, afin d’alimenter ses installations de gaz naturel liquéfié (GNL), de méthanol et de gaz de pétrole liquéfié (GPL). Abuja soutient que l’initiative s’inscrit dans une stratégie de valorisation de ses 210 trillions de pieds cubes de réserves prouvées, soit environ 5 940 milliards de mètres cubes, tandis que Malabo y voit un levier pour renforcer son ambition de devenir un hub gazier régional.
Rappelons que c’est en août 2024 que les présidents Bola Tinubu et Teodoro Obiang Nguema Mbasogo avaient signé l’accord-cadre encadrant l’établissement et l’exploitation du gazoduc. Celui-ci devait garantir le transit transfrontalier du gaz, définir les structures de propriété et préciser les règles réglementaires. En juin 2025, un communiqué conjoint a encore été signé à Abuja, marquant la volonté des deux pays de relancer le chantier à travers la mise en place de comités conjoints de pilotage.

