Le français TotalEnergies se retire du capital de la Société ivoirienne de raffinage (SIR). L’entreprise a cédé ses participations évaluées à 20,35% du capital de l’entreprise ivoirienne à la Nigériane Sahara Energy à hauteur de 200 millions d’euros soit 131,1 milliards de Fcfa. L’annonce a été faite le 19 février 2025 par les médias locaux.
Avec cette acquisition, Sahara Energy augmente à 27,33% sa participation au capital de la SIR et devient par conséquent son deuxième actionnaire en remplacement de TotalEnergies. Le premier étant la compagnie nationale d'opérations pétrolières de Côte d'Ivoire (Pétroci) qui détient 45,74% du capital. Toutefois, le géant français des hydrocarbures –sauf nouveau rebondissement- restera présent dans le segment de la distribution et de la fourniture des produits pétroliers en Côte d’Ivoire.
Repositionnement
L’annonce du retrait de TotalEnergies de la SRI intervient au lendemain d l’officialisation du départ de TotalEnergies du Burina Faso. En effet, le 18 février dernier, l’entreprise française par la voie de son responsable du développement commercial pour l’Afrique de l’Ouest, Bandara Mbacké annonçait avoir cédé ses actifs au groupe burkinabé Coris invest de l’homme d’affaires Idrissa Nassa. C’était au cours d’une audience avec le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat Serge Gnaniodem Poda.
C’est donc le 3e actif que TotalEnergies cède à des locaux dans l’Union économique et monétaire ouest-africain (Uemoa). De manière plus large dans l’espace de la zone Franc où elle est active, il s’agit de la 4e cession en l’espace de deux ans. Le premier étant en République centrafricaine où TotalEnergies a cédé ses activités à Tamoil, puis au Mali à Coly Energy Mali en partenariat avec Benin pétro SA. Si l’entreprise que dirige Patrick Pouyanné n’a pas annoncé de manière officielle un désengagement du continent africain, elle a tout de même indiqué avoir une nouvelle vision. Celle de vouloir réorganiser ses activités sur le continent africain où elle est présente dans 28 pays.
Effet domino
Une décision qui peut-être justifier par un désengagement massif des entreprises tricolores sur le continent. Ainsi, Le glas a été donné par les banques. De grosses pointures tels que BNP Paribas, Crédit Agricole et Société générale accélèrent la vente de leur filiale, ce malgré des résultats financiers positifs dans certains cas. Les industrielles qui sont tributaire des banques ont suivi. On a par exemple Air Liquide.
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Le départ des entreprises françaises s’expliquent aussi par un départ des forces armées française du continent sensées protégées les intérêts de ressortissants français. De manière chiffrée selon TV5 cette ex puissance coloniale comptait en 2022 outre quelque 1.600 forces prépositionnées en Afrique de l'Ouest et au Gabon, plus de 5.000 militaires au Sahel dans le cadre de l'opération antidjihadiste Barkhane. Rendu au mois de juin 2024, le pays tricolore envisageait maintenir sa présence militaire à un dispositif de 600 militaires sur le continent. Un chiffre qui sera encore réduit quand on sait que le Tchad, la Côte d’Ivoire et le Sénégal viennent de rejoindre la liste de pays ayant acté le départ de troupes françaises (il s’agit ici du Niger, Mali et Burkina Faso,Ndlr). Sur cette base, les effectifs devraient être ramenés à terme à 100 militaires au Gabon et 1.500 à Djibouti. Précisons au passage que ce retrait généralisé de la France du continent découlerait de la dégradation des relations diplomatiques de la France avec certains pays africains.
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