Le projet hydroélectrique de Minkouma, dans la région du Centre au Cameroun, se précise sur le plan financier. Selon le rapport annuel 2025 de la Banque de développement des États de l'Afrique centrale (BDEAC), consulté par EcoMatin, sa phase préparatoire est évaluée à 7,6 milliards de FCFA. Quatre contributeurs sont prévus : CAM-HYDRO SA pour 3,6 milliards de FCFA, la Banque africaine de développement (BAD) et la BDEAC pour 1,5 milliard chacune, et l'État camerounais pour 1 milliard.
Cette étape prépare un projet autrement plus vaste. Évalué à environ 584 milliards de FCFA, Minkouma prévoit une centrale hydroélectrique de 240 à 300 MW sur le fleuve Sanaga, couplée à une installation solaire de 50 MW, extensible à 300 MW. Le programme comprend aussi un poste électrique de 225/90/30 kV, une ligne de 225 kV de 16,5 kilomètres vers Ntui et une ligne de 90 kV de 37 kilomètres vers Nkoteng. L'un des objectifs affichés par le promoteur est de fournir aux industriels une électricité plus stable et plus compétitive.
CAM-HYDRO SA arrive ainsi en tête des contributeurs, avec 47,4 % de l'enveloppe, contre 39,5 % pour les deux banques de développement réunies. Dirigée par Justin Ntsama, cette entreprise camerounaise est à l'origine du projet, porté par Minkouma Energy Company SA, société créée en avril 2025 en partenariat avec l'État du Cameroun et la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS). Selon le promoteur, cette société de projet entend aussi accueillir de nouveaux investisseurs nationaux et internationaux.
La BDEAC a déjà franchi plusieurs étapes. Son conseil d'administration a approuvé, le 26 novembre 2025, un financement de 1,5 milliard de FCFA pour les études de faisabilité. Le 1er avril 2026, la banque a délivré son avis de non-objection, ce qui a permis à la société de projet de lancer, une semaine plus tard, des appels à manifestation d'intérêt pour sélectionner les cabinets chargés des études techniques. Celles-ci portent notamment sur la topographie, la géologie, l'hydrologie et l'évaluation du marché de l'électricité, en particulier les besoins des clients industriels.
Pour financer la construction, le gouvernement privilégie un partenariat public-privé (PPP). Dans son rapport, la BDEAC précise que ce choix doit permettre de mobiliser des capitaux tout en limitant l'impact du projet sur la dette publique. La participation des banques de développement à la phase préparatoire doit rendre le projet assez solide, techniquement et financièrement, pour attirer les investisseurs appelés à financer les travaux.
Le calendrier de la société de projet prévoit un bouclage financier fin 2026, avant le lancement de la construction, mais cette échéance reste conditionnée à l'achèvement des études et à la conclusion des accords de financement. Le projet s'inscrit dans l'ambition du Cameroun de porter sa capacité nationale de production électrique à 5 000 MW à l'horizon 2030.
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