L’industriel chinois Sunda, fabricant des produits d’hygiène féminine et infantile sous la marque Softcare, est au cœur d’une vive controverse née sur les réseaux sociaux. À l’origine, une vidéo postée sur le réseau social TikTok par la Nigériane Linda (près de 600 000 abonnés), affirmant avoir souffert d’éruptions cutanées après l’utilisation des serviettes hygiéniques Softcare. « Le mois d’août dernier j’ai ressenti des brulures et des picotements sur ma partie intime pendant mes menstruations sachant que j’utilise les serviettes de la marque Softcare. Et après mes menstrues, les douleurs sont parties. Les mêmes symptômes sont revenus ce mois. Le troisième jour de mes règles, j’ai décidé de changer de serviette, et depuis je suis en paix ». Son témoignage a rapidement fait boule de neige, suscitant d’autres récits similaires au Cameroun, au Gabon, en Côte d’Ivoire, au Nigeria, au Kenya et en Guinée-Bissau.
Au Cameroun notamment, plusieurs internautes évoquent « des rougeurs, irritations, gonflements ou infections ». Certaines clientes lient ces désagréments à l’introduction récente d’emballages roses, verts et bleus, en plus des versions jaune et violette jusque-là disponibles. « Depuis que j’ai commencé à utiliser Softcare rose, j’ai des irritations et des odeurs pendant ma période menstruelle. Après traitement, les symptômes reviennent aux prochaines règles», confie Lisette Nkem.
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La polémique a été amplifiée par des créateurs de contenus. Le Congolais Godwin Clarck (300 000 abonnés sur Tik Tok), se présentant comme laborantin, a publié une vidéo où il dit avoir observé sous microscope des particules « inhabituelles » dans des serviettes Softcare, sans fournir de preuve scientifique. Sa publication, partagée près de 10 000 fois, a nourri la méfiance. D’autres comme la Camerounaise Laure Keliane (+500 000 abonnés) et la Guinéenne Ada (+33 000 abonnés), affirment également avoir constaté des « traces irrégulières » sur certains échantillons.
Contactée par EcoMatin, la filiale camerounaise de Sunda rejette fermement ces accusations. « Ces produits relèvent de la contrefaçon. L’emballage du fake Softcare n’a rien à voir avec nos produits authentiques », indique un responsable. L’entreprise précise que seuls les emballages bleu, violet et jaune sont fabriqués localement. Les versions roses et vertes seraient issues d’importations parallèles ou de contrefaçons circulant sur le marché. Une procédure judiciaire est envisagée contre les auteurs de diffusion jugée « nuisible à la marque déposée au Cameroun ».
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Cette affaire intervient alors que Sunda a obtenu en avril 2025 un prêt de 50 millions de dollars (28,8 milliards FCFA) de la Société financière internationale (SFI) pour financer l’extension de ses capacités de production en Afrique de l’Est et de l’Ouest (Ghana, Kenya, Tanzanie, Zambie).

