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Hysacam réclame 10 milliards de F CFA aux communes

Ce montant constitue un peu plus de 5 mois d'arriérés de paiement des droits de cette entreprise, et environ 20% de son chiffre d'affaires.

C’est le 4 décembre 2018 que Michel Ngapanoun avait crevé l’abcès. Le Directeur général de l’entreprise Hysacam (Hygiène et salubrité du Cameroun) dévoilait alors l’enveloppe de dette due par certaines municipalités du Cameroun à l’entreprise dont il a la charge. «Lorsqu’on prend l’ensemble des villes, Hysacam réclame l’équivalent de 7 mois d’arriérés de paiement de nos droits», avait-il indiqué. En 2017, ladite dette atteignait 14 milliards de FCFA, «soit 25% du chiffre d’affaires de l’entreprise», ajoutait Michel Ngapanoun. En situation de quasi-cessation d’activités, Hysacam allait bénéficier fin décembre 2017, d’une enveloppe de 6 milliards de FCFA de l’Etat du Cameroun.

Plus de 2 ans après ce coup de gueule de Michel Ngapanoun, la situation semble avoir légèrement évolué, bien que toujours tendue. Face à la presse ce 29 mai 2020, le Directeur de la communication d’Hysacam a de nouveau jeté un pavé dans la mare. La dette globale de la société de collecte, traitement et transformation des déchets ménagers se divise ainsi entre l’Etat du Cameroun et les collectivités territoriales décentralisées partenaires d’Hysacam. «Nous avons obtenu de l’Etat du Cameroun des petits paiements qui nous permettent de tenir. Il y’a une planification qui est faite avec le gouvernement et ils sont entrain de la respecter, c’est une planification mensuelle», a précisé Garba Ahmadou sans indiquer le montant précis de l’ardoise due par Yaoundé à Hysacam. 

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Arriérés

L’embellie observée dans le partenariat avec l’Etat du Cameroun tranche avec celui signé avec des mairies du triangle national. Hysacam a en effet signé des contrats de service avec quelques collectivités territoriales décentralisées du Cameroun. Une vingtaine de villes au total. Ce partenariat fonctionne malheureusement cahin-caha. « La difficulté demeure dans les partenariats que nous avons au niveau des villes. Elles ne pas à payer leur quote-part. Si les villes paient régulièrement, nous sommes convaincus de pouvoir relever à 100% la satisfaction plus complète», avoue Garba Ahmadou.

La quote-part impayée par les collectivités territoriales décentralisées est  évaluée en 2019 à plus de 10 milliards de FCFA. Soit 5 mois d’arriérés de paiement des droits, et 20% du chiffre d’affaires de l’entreprise. 

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Parallèlement, Hysacam doit s’acquitter d’une importante ardoise auprès de ses partenaires financiers. Ladite dette s’élevait en 2018 à 6 milliards de FCFA, contractées auprès de trois banques locales tels qu’Ecobank Cameroun, Société générale (Sgc), et la Banque internationale du Cameroun pour le crédit et l’épargne (Bicec). Au-delà des problèmes financiers, Hysacam connaît des problèmes techniques et matériels majeurs: indisponibilité des pièces de rechange des camions de ramassage, nombre insuffisant de bennes à ordure, saturation des sites de stockage d’ordures, vandalisme sur les équipements et matériels fixes de collecte des ordures etc…. L’entreprise s’est lancée dans un vaste plan de renouvellement de sa flotte de ramassage estimée à 600 camions, dont 60% sont opérationnels. Hysacam a été créée en 1969. Filiale du groupe Granjouan, ses activités s’étendent au-delà du Cameroun: au Bénin, et au Libéria notamment.

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