visa-2026-08-01
Breaking News
Chargement des breaking news...
Breaking News
Chargement des breaking news...
App Logo
Magazine
    Bientôt disponible...
Je m'abonne
App Logo
MagazineJe m'abonne
Je m'abonne
Business et EntreprisesEecomembre

Justice/Cameroun : comment l’inertie du Conseil supérieur de la magistrature plombe le climat des affaires

L’expiration, le 15 juin dernier, du mandat de nombre de membres de cette instance censée réguler la carrière des magistrats et les sanctionner, le cas échéant, fait peser une lourde hypothèque sur l’environnement des affaires.

Publiée mercredi 23 juillet 2025 à 16:10:17Modifiée mercredi 23 juillet 2025 à 16:10:32Temps de lecture 4 minPar EcoMatin

conseil_superieur_de_la_magistrature

Le bras de fer judiciaire opposant le magnat camerounais Baba Ahmadou Danpullo à des intérêts locaux d’origine sud-africaine, en l’occurrence l’opérateur de télécom MTN Cameroun et le chocolatier Chococam, filiale de Tiger Brands, entamé depuis trois ans, n’a pas encore livré son fin mot. En septembre 2022, l’entrepreneur, considéré comme l’une des plus grandes fortunes d’Afrique francophone, obtenait de la justice locale le gel des comptes bancaires des deux entités, en représailles à la saisie de ses biens immobiliers au pays de Nelson Mandela pour n’avoir pas honoré des échéances de remboursement d’un prêt auprès de sa banque. Mais le volet camerounais de ce différend à tiroirs a mis à nu le caractère discutable de certaines décisions de justice, notamment celles du tribunal de première instance de Douala Bonanjo, dont la plupart ont été retoquées en appel. Un dossier dont aurait pu intéresser le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) dont le mandat des membres vient d’expirer.

Les communautés économiques préoccupés

Désignés en effet le 15 juin 2020 pour 5 ans, les 14 conseillers n’ont siégé qu’une fois – le 10 août de cette année-là - jusqu’au terme de leur bail, le 15 juin dernier. Pourtant, cet organe joue un rôle essentiel de régulation dans le domaine judiciaire. La carrière des magistrats en exercice stagne, faute de convocation, avec des effets prévisibles sur le moral du corps. Signe de son impuissance sur le cours des choses, Laurent Esso était allé de sa facétie le 14 juin 2024, devant l’interpellation d’un député SDF sur la non-tenue de ce cénacle, alors que cinq promotions d’auditeurs de justice sortis de l’Ecole nationale d’administration et de magistrature (Enam) étaient en attente d’intégration. « J’ai pris bonne note de votre préoccupation », avait répondu le ministre d’Etat en charge de la Justice. Ce parti est du reste revenu à la charge en février dernier, lors de son comité exécutif national, pour exiger expressément la une convocation de cette assemblée. Une demande restée jusqu’à présent lettre morte.Une situation qui préoccupe les milieux économiques. « Les lenteurs judiciaires décriées notamment par la communauté des affaires sont en partie liées à l'insuffisance des ressources humaines dans les tribunaux qui entraine une surcharge de travail pour les magistrats. Le nombre de magistrats est largement insuffisant au regard du volume des affaires enregistrées dans les cours et tribunaux, les mêmes magistrats connaissant généralement de plusieurs affaires à la fois. Ils doivent ainsi traiter simultanément un grand nombre d’affaires, avec des portefeuilles qui excèdent largement les standards internationaux, fixés à dix affaires par magistrat », déplorait le Groupement des entreprises du Cameroun (Gecam) en mai.

Lire aussi : Des irrégularités dans la désignation des membres du conseil supérieur de la magistrature

Sentiment d’impunité

Sur un autre plan, l’examen des dossiers disciplinaires affectant les magistrats reste bloqué, puisque le conseil, qui a la compétence pour sanctionner les juges indélicats, ne s’est plus réuni depuis le 10 août 2020. Cette inertie entretient le sentiment d’impunité qui gagne certains membres du corps, accentuant une insécurité juridique et judiciaire dans le traitement de certaines affaires, à l’instar du contentieux relevé plus haut. « Un CSM inactif entraîne une augmentation des pratiques de corruption, car il n'y a pas d'organe pour superviser et sanctionner les comportements illégaux au sein du système judiciaire », s’indigne le consultant Ange Ngandjo. Ce spécialiste du secteur bancaire ne manque par ailleurs pas, entre autres, de relever l’impact d’une telle inertie sur le coût du crédit. « Ça rend les banques moins enclines à accorder des prêts, car estimant que les recours juridiques en cas de défaut de paiement ne seront pas traités adéquatement. Une situation qui augmente les taux d'intérêt ou diminue l'accès au crédit », énonce-t-il.

Cette lourde hypothèque sur l’environnement économique ne risque pas d’être levée de sitôt, dans une conjoncture politique marquée par une ambiance préélectorale de plus en plus tendue et où l’absence du chef de l’Etat, unique déclencheur de la tenue du CSM, de la scène publique nourrit des appréhensions. Dans un pays qui enregistre annuellement plus de 80 000 litiges commerciaux, la note pour les acteurs économiques n’en sera que salée. Sauf si un sursaut inespéré point à l’horizon.

Lire aussi : Cameroun : voici les nouveaux membres du conseil supérieur de la magistrature 

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article nécessite un abonnement EcoMembre pour y accéder.

Contactez le service client
La suite après cette publicité
diamondcapitalconvention-2026-08-18-in article
  • Accueil
  • Business et Entreprises
  • Justice/Cameroun : comment l’inertie du Conseil supérieur de la magistrature plombe le climat des affaires
CamerounConseil supérieur de la magistratureArchive
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Dans la même catégorie

EpremiumFrancis Nana DjomouAgro-industrieLe patron de Biopharma, Francis Nana Djomou, se lance dans l'aviculture industrielleLe patron de Biopharma ne compte visiblement pas s'arrêter aux cosmétiques. L'industriel camerounais prépare son entrée dans l'aviculture couvrant toute la chaîne de valeur, de l'élevage à la transformation alimentaire.​il y a 7 heuresEpremiumATR-100135HD-scaledBusiness et EntreprisesGuinée équatoriale : Malabo négocie l'achat de six ATR 72-600 pour Ceiba IntercontinentalMalabo envisage également l’installation d’un centre de maintenance aéronautique dans le pays.il y a 7 heuresCérémonie de Clôture du Draft ANAFOOT : Une Nouvelle Génération de Talents CélébréeBusiness et EntreprisesPartenariat : Orange Cameroun et l’ANAFOOT propulsent 60 jeunes talents aux clubs professionnelsLa 4e édition du Draft de l’Académie nationale de football (ANAFOOT) s’est tenue le 26 août 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé, avec le soutien d’Orange Cameroun. Une initiative qui illustre l’engagement de l’opérateur télécommunications dans la promotion du football et l’accompagnement de la jeunesse camerounaise.il y a 8 heuresEpremiumCDCBusiness et EntreprisesCameroun : la relance de la CDC rattrapée par un litige foncier à MutengeneCinquante-deux palmiers en pleine production ont été abattus le 20 août sur une plantation stratégique pour l’entreprise. Le différend, qui remonte à plusieurs années, est désormais pendant devant la Cour suprême.il y a 9 heuresATR 72-500Business et EntreprisesTransport aérien : Royal Airways Tchad acquiert un ATR 72-500 pour lancer ses opérations vers le Bénin et le NigeriaEn pleine phase d'expansion, la compagnie privée tchadienne densifie sa flotte avec un aéronef de plus grande capacité pour soutenir l'ouverture imminente de nouvelles lignes vers l'Afrique de l'Ouest.il y a 13 heuresEpremiumUsine de raffinage d'huile végétaleAgro-industrieCameroun : le producteur des savons Sanet veut construire une nouvelle huilerie à DibombariL’investissement intervient quelques mois après le renforcement de son capital à 9,7 milliards de FCFA, dans un secteur confronté à un déficit persistant de matière première.​il y a 1 jour

Articles similaires

Le chef de l'Etat Paul Biya et le ministre des Finances du Cameroun, Louis Paul MotazeBanques et FinanceDette publique : le Cameroun emprunte moins cher que ses voisins sur le marché les titres publicsMalgré un environnement de taux durablement élevés, le Cameroun continue de se financer à des conditions plus favorables que les autres grands États de la CEMAC. il y a 1 jourEpremiumle volume global des crédits lui, s'est plutôt contracté entre décembre et mai 2026 (c)AfcBanques et FinanceCameroun : les créances douteuses des banques grimpent à 910 milliards FCFA à fin mai 2026En l’espace de 5 mois, les créances en souffrance des 18 banques camerounaises ont augmenté de plus de 40 milliards FCFA, portant le taux brut de dégradation du portefeuille à près de 13 %.il y a 2 jours
Actuellement en kiosque

Les plus lus

1Cybercriminalité : le Cameroun dans le viseur d’Interpol après 40,5 millions d’incidentsil y a 3 jours2Cameroun : Ariane de Rothschild et Pierre Guerrini se disputent un domaine de chasse de 1 640 km²il y a 3 jours3Cameroun : la Présidence de la république relance la cession de l’ex Société générale au tandem NSIA-CNPSil y a 2 jours4Cameroun : après le gel de la cession, Yaoundé dépêche un comité interministériel sur les sites de Sosucamil y a 2 jours5Cameroun : combien gagnent les DG des entreprises et établissements publics ?il y a 3 jours6Transport aérien : Asky Airlines brise le monopole d'Afrijet sur la liaison Yaoundé-Banguiil y a 5 jours7Deloitte Afrique Centrale échappe à la dissolution anticipée malgré des fonds propres inférieurs à la moitié de son capitalil y a 2 jours8Cameroun : l'égyptien Arab Contractors piétine sur trois projets routiers de 134 millions de dollarsil y a 6 jours9Hilton Yaoundé : les factures impayées des clients grimpent à 7,7 milliards FCFA (+31 %)il y a 2 jours10Hydrocarbures : Brazzaville valide 23 milliards USD d'investissements chinois pour doper la production pétrolièreil y a 6 jours
📧

Newsletter EcoMatin

Recevez notre briefing économique quotidien directement dans votre boîte mail

Analyses exclusives • Décisions économiques • Afrique centrale

App Logo
Je m'abonne
MarchéCotationBoursesFondsMatières premièresConvertisseur
AbonnementsMon compteMes abonnementsNewslettersArticles achetés
ServicesConditions généralesPolitique de confidentialitéPolitique en matière de cookiesContact & Suggestions
La rédactionQui sommes-nous?Nous rejoindreNotre équipeLettre du DP
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.