Le 20 janvier 2026, Yaoundé a servi de cadre à une séance de travail entre le ministre des Travaux publics (Mintp) du Cameroun et une délégation de la Banque mondiale. Au centre des échanges : la modernisation des infrastructures de transport reliant le port de Douala à la capitale centrafricaine. Franz Drees-Gross, Directeur régional des infrastructures de la Banque mondiale, a officiellement exprimé la volonté de l'institution de soutenir la réhabilitation du corridor Douala-Bangui (1 500 km). Selon les informations du ministère des Travaux publics, l’appui financier envisagé s’élève à 350 millions de dollars, soit environ 210 milliards FCFA.
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Cette offensive financière de la Banque mondiale fait suite aux préoccupations exprimées dès novembre 2025 au cours d’une réunion présidée par le Mint sur la dégradation avancée de certaines sections, victimes du trafic intense des poids lourds. Ce dossier n'est pas nouveau : en 2022, une rencontre entre Hervé Ndoba, ministre des Finances de la RCA, et Jean Ernest Masséna Ngallè Bibehè, ministre des Transports du Cameroun, avait déjà jeté les bases d'une collaboration pour faciliter les échanges commerciaux. À cette époque, Bangui martelait que « les investissements dans les infrastructures le long du corridor Douala-Bangui, grâce à la collaboration entre le secteur public et le secteur privé, paraissent plus urgents que jamais ».
L'enjeu est crucial pour la Centrafrique qui, dépourvue de façade maritime, voit plus de 80 % de ses biens importés transiter par les ports de Douala et de Kribi. La redynamisation des flux est donc une question de sécurité nationale pour la RCA, mais aussi une opportunité majeure pour le Cameroun. Selon l’Institut national de la statistique (INS), la RCA figure parmi les clients majeurs du Cameroun. En 2023, le pays de Faustin Archange Touadéra se classait comme le troisième client africain du Cameroun, avec 58 400 tonnes de marchandises acquises pour une valeur de 34 milliards FCFA (1,1 % de parts de marché), se positionnant derrière le Tchad, leader du classement.
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La réhabilitation du corridor promet des retombées concrètes. En l’occurrence, une route moderne stabilise les prix des produits de première nécessité en réduisant les frais d'entretien des véhicules et la consommation de carburant. Bien plus, la réduction drastique de la durée des trajets, notamment en saison des pluies, permettrait une rotation plus rapide des capitaux. Par la même occasion, le Cameroun pourrait consolider sa position de hub incontournable face à la concurrence des autres ports du Golfe de Guinée en sécurisant l'accès à son hinterland.
Du reste, la nature exacte du financement de la Banque mondiale (don ou prêt) n’a pas encore été officiellement détaillée. L'institution de Bretton Woods affichait déjà un portefeuille robuste de 4,5 milliards de dollars (environ 2 700 milliards FCFA) au Cameroun en avril 2025. Le budget global définitif et le calendrier précis du démarrage des travaux restent toutefois à confirmer par les deux gouvernements, dans l'attente du ralliement éventuel d'autres partenaires financiers.

