La Banque mondiale a relevé, le 5 juin 2025, le seuil international de pauvreté absolue pour les pays à faible revenu. Ce dernier est désormais fixé à 3 dollars par personne et par jour, soit environ 1 717,5 FCFA, contre 2,15 dollars précédemment. Les seuils applicables aux pays à revenu intermédiaire ont également été ajustés. 4,20 dollars par jour pour les pays à revenu intermédiaire inférieur (contre 3,65 dollars) et 8,30 dollars pour les pays à revenu intermédiaire supérieur (contre 6,85 dollars auparavant).
Cette révision constitue la cinquième mise à jour du seuil depuis son introduction en 1990. Selon un document publié par la Banque mondiale, ces nouvelles valeurs prennent en compte des données actualisées issues des enquêtes nationales sur les ménages. « Ces enquêtes sont essentielles pour mesurer et suivre l’évolution de la pauvreté à l’échelle mondiale. Elles permettent d’obtenir des informations représentatives sur les revenus, la consommation, les dépenses et les conditions de vie des populations, notamment celles qui ne sont pas couvertes par les bases administratives classiques ».
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Bien que cette évolution marque une avancée méthodologique dans l’appréciation globale des conditions de vie, elle soulève néanmoins des interrogations quant à la pertinence des indicateurs utilisés, particulièrement dans les pays à revenu intermédiaire. Certains experts estiment qu’il est nécessaire d’adapter les outils de mesure à la réalité socio-économique de chaque pays, en tenant compte de leur niveau de développement et de leurs besoins spécifiques.
Lant Pritchett, économiste anciennement à la Banque mondiale, souligne ainsi l’importance de relier les critères de pauvreté à la croissance économique nationale. De son côté, Sabina Alkire, professeure de développement international à l’université d’Oxford, affirme que la définition de la pauvreté ne peut rester statique. Selon elle, elle doit intégrer l’évolution des besoins fondamentaux liés au progrès technologique et à la mondialisation. Accès à une alimentation saine, à l’éducation, à l’électricité ou encore à Internet figurent désormais parmi les éléments à considérer dans l’évaluation du niveau de vie.
En 1990, la majorité des personnes vivant dans l’extrême pauvreté se trouvaient en Asie de l’Est et du Sud. Grâce à des politiques sociales et à des stratégies de développement, le nombre de personnes concernées a fortement diminué dans cette région. Aujourd’hui, près de 60 % des individus en situation d’extrême pauvreté résident en Afrique subsaharienne. Cette concentration s’explique par des chocs successifs tels que les pandémies, l’inflation alimentaire, les conflits armés et les effets du changement climatique, qui ont freiné les progrès économiques récents. À cela s’ajoute une croissance démographique rapide, qui exerce une pression accrue sur les systèmes éducatifs, sanitaires, d’emploi et sociaux du continent.
Rappelons que la Banque mondiale a mis en place ce seuil de pauvreté internationale en 1990. Depuis, il a été révisé cinq fois : en 2001, 2008, 2015, 2022, et récemment le 5 juin 2025.

