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Banques et FinanceEecomembre

La Banque mondiale suspend de nouveau les financements du Gabon pour insolvabilité

Selon le ministère gabonais des Comptes publics, cette suspension est la conséquence d’arriérés de dettes établis au 10 janvier 2025 à la somme de 17 milliards de FCFA.

Publiée mardi 14 janvier 2025 à 11:02:56Modifiée mardi 14 janvier 2025 à 11:02:59Temps de lecture 4 minPar Simon Pierre Mbarga

Banques mondiale.

Six mois après qu’elle ait levé sa suspension de financements, la Banque mondiale vient à nouveau de couper des décaissements au bénéfice du Gabon pour insolvabilité. Dans un communiqué publié le 13 janvier dernier, le ministère gabonais des Comptes publics fait la révélation suivante : « La Banque mondiale a mis en œuvre la suspension de ses décaissements en faveur du Gabon en raison d’arriérés de dettes établis au 10 janvier 2025 à la somme de 17 milliards de FCFA ».

Cette situation « ponctuelle », explique le ministère, tient à plusieurs facteurs : l’insuffisante mobilisation sur le marché international de ressources prévues dans la loi de finances ; la prise en charge volontariste de mesures sociales additionnelles fortes particulièrement attendus de longue date par les populations ; l’affection circonstancielle de ressources importantes à des opérations stratégiques pour le pays.

Lire aussi : Finances publiques : le Gabon débloque plus de 36 milliards de Fcfa pour des rappels de soldes des agents de l’État

Néanmoins, indique le ministère des Comptes publics, l’Etat gabonais s’engage à mettre en œuvre toutes les dispositions nécessaires « pour apurer dans les meilleurs délais, les arriérés en question ». A preuve, souligne le ministère, à fin novembre 2024, l’Etat des paiements de la dette publique du Gabon est de 1 210 milliards de FCFA.

Cette situation de suspension à répétition des financements de la Banque mondiale est contre productive pour le Gabon. Car, elle remet en question sa signature sur le marché financier international, et même local. Car, être dans l’incapacité d’honorer ses engagements rend les investisseurs méfiants et les prêteurs frileux. La conséquence, c’est que le Gabon peut se retrouver dans une situation où les marchés financiers pourraient ne plus lui prêter l’argent nécessaire pour booster son économie.

Arguments de défense

Il y a six mois pourtant, la Banque mondiale avait levé sa dernière suspension de financements. C’était le 10 juillet 2024, à la suite d’un règlement de créances effectuées par les autorités gabonaises. Ce retour à la normale est intervenu après une semaine de brouille. En effet, le 3 juillet 2024, le ministère gabonais des Comptes publics avait révélé que la Banque mondiale a suspendu ses décaissements « en raison de l’existence d’échéances impayées ». Pour se défendre, ce ministère a expliqué que, « le retard dans le règlement des échéances dues à la Banque mondiale est lié à des raisons techniques, qui n’ont pas permis d’honorer la totalité des engagements à la date du 30 juin 2024 ».

Afin de remédier à la situation, le ministère des Comptes publics avait déclaré avoir procédé au paiement de ces impayés et que, l’ensemble des échéances de dette au profit des autres créanciers multilatéraux était en cours de paiement. Comme pour prouver sa bonne foi, ce ministère a indiqué à l’époque que la direction générale de la comptabilité publique et du trésor a été amenée à régler pour près de 136 milliards de FCFA de dettes de marché pour le seul mois de juin 2024.

En outre, du 1er septembre 2023 au 31 mai 2024, les remboursements de la dette publique conventionnée (sous la gestion de la Direction Générale de la Dette) ont représenté 857,92 milliards de Fcfa, dont 616,87 milliards de FCFA en capital et 241,05 milliards de FCFA d’intérêts. Sur la même période, les tirages (décaissements d’emprunts) ont représenté 453,92 milliards de FCFA. Il en résulte que du 1er septembre 2023 au 31 mai 2024, le désendettement net de l’État a représenté 162,95 milliards de FCFA. Au 31 mai 2024, l'encours de la dette publique conventionnée de l’État était de 6 988,87 milliards de FCFA.

A fin 2024, le portefeuille de la Banque mondiale au Gabon compte trois projets actifs pour un montant total de 214 50 millions de dollars (129,8 milliards de FCFA). Le portefeuille courant des engagements de la Société financière internationale (IFC) s’élève à 111.3 millions de dollars (68,3 milliards de FCFA) et l'Agence multilatérale de garantie des investissements (Miga) appuie trois projets d'un encours brut total de 118.1 millions de dollars (71,4 milliards de FCFA). Soit un total d’actifs de 269,5 milliards de FCFA.

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