Du statut de « participant ad hoc » à partir de 2015 à celui de membre prospectif depuis le 8 juillet 2022, l’Afrique du Sud est en voie de devenir le premier pays africain à intégrer le Club de Paris. « Dans un ou deux ans, l’Afrique du Sud peut devenir un membre permanent, il s’agit donc d’une période d’acclimatation », a déclaré un membre du groupe qui a requis l’anonymat.
L’acceptation du pays de Nelson Mandela en tant que membre permanent se fera sur la base d’un engagement prouvé au respect des principes du Club de Paris à savoir, la solidarité, le consensus, le partage d’informations et la comparabilité de traitement. Mais pour le moment, il « s'agit d'une période d'acclimatation », apprend-t-on.
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Une solution aux pays endettés
Créé en 1956, le Club de Paris a pour rôle d’aider les pays en difficultés à payer leurs dettes. De ce fait, les créditeurs du forum leur accordent un allègement de dette pour les aider à rétablir leur situation financière. Cet allègement de dette peut être obtenu par un rééchelonnement ou, en cas de traitements concessionnels, une réduction des obligations du service de dettes pendant une période définie.
En 66 ans, le Club de Paris compte 22 pays parmi lesquels les États-Unis, la Russie, la France, le Japon, l’Israël, le Brésil, le Royaume-Uni. Suivant la catégorie de créanciers, la dette peut être multilatérale, bilatérale ou privée. En termes de bilan, le Club de Paris a conclu 478 accords avec 102 pays endettés. Le montant total de la dette traitée par les accords du Club de Paris s'élève à 612 milliards de dollars.
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Une opportunité pour l’Afrique du Sud
Depuis 1982, l'Afrique du Sud a participé à 13 négociations du Club de Paris en tant que créancier. Intégrer le groupe serait d’un grand avantage pour ce pays africain qui a rencontré un certain nombre de difficultés ces dernières années. Fortement touchée par le Covid-19 avec environ 3 millions de cas détectés et plus de 70 000 morts, le pays doit refaire son économie.
L’Afrique du Sud est la première économie d’Afrique australe et la seconde en Afrique sub-saharienne (300 milliards de dollars en 2020) derrière le Nigéria (430 milliards de dollars). En 2020, le pays affichait un PIB par habitant de 5 070 dollars dans le top 10 des pays d’Afrique sub-saharienne.
Malgré tous ces avantages, il observe une tendance à la baisse de l’économie sud-africaine. Pour preuve, entre 2010 et 2019, le taux de croissance annuel moyen du pays n’a atteint que 1,7%, contre plus du double lors de la décennie précédente. La crise sanitaire a induit une contraction du PIB de 7% en 2020, après +0,2% en 2019. Selon les chiffres officiels, pour l’exercice 2020-2021, le déficit public a été supérieur à 11% du PIB et il devrait se maintenir au-delà de 6 points de PIB à moyen terme. Le ratio d’endettement public a augmenté de quinze points, pour atteindre 77% du PIB fin 2020.
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