Dans un communiqué rendu public le 30 septembre 2025, le ministre camerounais de la Santé publique (Minsanté), Manaouda Malachie, a ordonné le « retrait préventif et immédiat » du lait en poudre dénommé Nestlé Nido Encore plus délicieux (saveur chocolat, petit format). Le membre du gouvernement justifie cette décision par un « constat de non-conformité » signalé par un consommateur et porté à l’attention des autorités.
Le ministre n’a pas précisé les indices exacts permettant d’établir la non-conformité du produit, destiné prioritairement à la nutrition des enfants. En attendant les résultats des investigations « engagées pour garantir sa qualité et la sécurité », il a exhorté les consommateurs à « ne pas consommer le produit susmentionné jusqu’à nouvel ordre » et à signaler tout événement indésirable suspect (troubles digestifs, réactions inhabituelles) auprès des structures de santé.
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Cette décision a immédiatement suscité des interrogations au sein de la société civile. La Fondation Camerounaise des Consommateurs (FOCACO), par la voix de son président Alphonse Ayissi Abena, a dénoncé le 1er octobre une « ambivalence » dans la communication du Minsanté et appelé à plus de clarté et de transparence afin de préserver la confiance des citoyens.
Nestlé réagit et dénonce une décision « préjudiciable »
De son côté, Nestlé Cameroun, producteur et distributeur de la marque Nido, a réagi avec fermeté, affirmant avoir été « surpris » par le communiqué ministériel. « Nous sollicitons une audience auprès du Ministre afin de clarifier et résoudre une situation qui porte préjudice à notre marque et à notre réputation », a déclaré l’entreprise dans un communiqué.
Le groupe agroalimentaire assure que NIDO Choco est « produit dans le strict respect de toutes les normes de qualité et de sécurité sanitaire des aliments en vigueur ». Nestlé insiste également sur le fait que « la sécurité des consommateurs est la priorité absolue » et affirme traiter « toutes les observations et commentaires des consommateurs avec rigueur et transparence ». La multinationale réitère enfin son « engagement à pleinement collaborer avec les autorités » et promet de fournir des informations supplémentaires au fur et à mesure de l’évolution de la situation.
Un climat de méfiance autour des produits infantiles
Cette affaire intervient dans un contexte sensible pour le secteur, quelques semaines seulement après le rappel par Danone-Blédina d’une gamme de produits pour nourrissons, à la suite de la détection d’aflatoxine, une substance potentiellement cancérigène.
Laurent Onguéné

