Les 10 et 11 septembre 2025, le président camerounais Paul Biya a signé une série de décrets autorisant le ministre de l'Économie à signer des accords de prêt d'un montant total de 345,7 milliards de FCFA. Ces fonds, à emprunter auprès d'institutions financières et de banques internationales, sont destinés à financer des projets dans les secteurs de l'éducation, des infrastructures et de l'agriculture.
Dans le secteur de l'éducation, le Cameroun va emprunter 36 milliards de FCFA auprès de trois institutions financières pour soutenir le Projet d’appui à l’éducation de base au Cameroun (PAEBC). L'objectif de ce projet est d'améliorer l'accès équitable à une éducation de base de qualité, en ciblant particulièrement les régions défavorisées du pays. Ces accords de prêt se décomposent comme suit : la signature d’un accord de prêt de 6,05 milliards de FCFA (9,2 millions d'euros) avec la Banque islamique de développement (BID), 18,075 milliards de FCFA avec la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (Badea) et un accord de financement sous forme de "vente à tempérament" d'un montant de 12,05 milliards de FCFA (18,4 millions d'euros).
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Pour ce qui est des infrastructures, Yaoundé projette de contracter un prêt de 121,3 milliards de FCFA auprès de la Banque mondiale, via l'Association internationale de développement (IDA). Ce financement est consacré au Projet Villes et gestion foncière durables (PVGFD), qui, selon le ministère de l’Habitat et du Développement urbain (Minhdu), vise à améliorer l'administration foncière et l'accès aux infrastructures et services dans les villes de Yaoundé et Douala.
Le ministre de l'Économie est aussi habilité à emprunter 121,3 milliards FCFA (184,9 millions d'euros) auprès de la Banque mondiale pour la première phase du Programme multi-phase de sécurité de l'Eau au Cameroun (Sewa SH). Ce programme, qui s'étendra jusqu'en 2036, a pour but de renforcer les institutions, d'améliorer la gestion des ressources en eau et d'accroître l'accès à l'eau potable et aux services d'assainissement dans plusieurs régions du pays.
Dans le domaine de l'agriculture, le Cameroun va signer un accord de "financement Murabaha" (remboursables en plusieurs fois, Ndlr) de 66,9 milliards de FCFA (102 millions d'euros) avec la Société islamique de financement du commerce. Ce financement est destiné à l'acquisition d'intrants agricoles et à la commercialisation du coton et du soja. Si le décret le mentionne pas, l'achat d'intrants (engrais, semences de qualité, pesticides) et la mise en marché de ces cultures stratégiques permettraient de moderniser l'agriculture, de renforcer la chaîne de valeur, de stimuler les revenus des agriculteurs et de rendre les produits plus compétitifs à l'échelle régionale et internationale.
Bien que ces prêts aient le potentiel d'améliorer les conditions de vie des populations et de stimuler la croissance économique, ils alourdiront inévitablement la dette publique du Cameroun, déjà évaluée à plus de 14 000 milliards de FCFA à fin juin 2025, selon la Caisse autonome d’amortissement (CAA), en hausse de 1,8 % en glissement annuel.
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