Moins de neuf mois après avoir levé 850 millions de dollars sur le marché international, le Cameroun y retourne. Le ministère des Finances a annoncé le 6 octobre une émission de 300 millions de dollars (environ 170 milliards de F CFA), par la réouverture de son Eurobond à 8,875 % échéant en janvier 2033. Il s’agit en gros d'une émission de titres supplémentaires adossés à une souche déjà en circulation. Cette ligne avait permis à Yaoundé de mobiliser 850 millions de dollars en janvier 2026, avec un coupon de 8,875 %. En cas de placement intégral des 300 millions recherchés, son montant nominal atteindrait ainsi 1,15 milliard de dollars.
« Cette opération intervient dans le cadre du programme de financement de l’exercice 2026 et vise à mobiliser les ressources nécessaires à la mise en œuvre des priorités budgétaires de l’État, ainsi qu’à poursuivre l’apurement des arriérés de paiement », indique le ministère des Finances. Le coût réel de l'opération reste à connaître, le ministère n'ayant communiqué ni le prix des titres ni le rendement recherché. Le coupon, lui, reste fixé à 8,875 % par construction. Mais il ne reflète pas ce que Yaoundé paiera réellement. Au 6 octobre, l'obligation s'échangeait autour de 95,5 à 96 cents par dollar de nominal, soit un rendement d'environ 10,1 %, selon African Eurobonds.
L'opération est arrangée par Standard Chartered, avec Blend Finance et Horus Investment Group comme conseils financiers de l'État. Pour Horus, rouvrir une souche existante permet de s'appuyer sur « un titre déjà connu des investisseurs » et d'améliorer la liquidité de la courbe obligataire camerounaise, qui compte déjà des souches à échéance 2031, 2032 et 2033.










