Au cours du conseil des ministres tenu le 30 mai à Libreville, le ministère en charge des Marchés publics a présenté un exposé révélant que, 93,25 % des marchés publics sont passés illégalement de gré à gré dans le cadre de l’exercice 2025. « Le Conseil a exprimé sa vive préoccupation face au constat selon lequel 93,25 % des marchés publics, en valeur, ont été attribués par entente directe dans le cadre de l’exercice budgétaire 2025, en violation manifeste des dispositions de l’article 71 du Code des marchés publics, qui plafonne ce mode dérogatoire à 15 %. », révèle le communiqué final des travaux.
Cette situation, a indiqué le ministère des Marchés publics, appelle un sursaut immédiat. Raison pour laquelle, le conseil des ministres a réaffirmé avec « fermeté » la nécessité de renforcer la discipline administrative et d’appliquer rigoureusement les règles relatives à la commande publique, dans un esprit de transparence, de concurrence équitable et de bonne gouvernance. Il a également invité le ministre en charge des Marchés à œuvrer à la fluidification des procédures, afin de concilier efficacité administrative et respect des normes en vigueur.
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La situation de passation des marchés publics en mode gré à gré n’est pas nouvelle au Gabon. Cette procédure est souvent prisée par les gestionnaires publics parce qu’elle favorise les ententes directes avec les prestataires. Ce qui entraîne très souvent le phénomène des pots-de-vin et dessous de table. Car, pour qu’une entreprise soit sélectionnée, elle doit monnayer. Il n’est donc pas rare qu’il y ait collusion entre les prestataires et les décideurs qui perçoivent au passage des rétrocommissions au lieu de lancer des appels d’offres permettant une saine concurrence. Dans plusieurs cas, les marchés ne sont même pas livrés du fait de ce mode de corruption.
Ce constat du ministère des Marchés publics intervient dans un contexte où les autorités gabonaises souhaitent démocratiser l’accès à la commande publique. C’est dans ce sens qu’en 2023, le gouvernement a décidé que les marchés des travaux publics inférieurs à 150 millions de FCFA seront réservés uniquement aux Petites et moyennes entreprises gabonaises. L’objectif était de permettre que les PME locales puissent aussi bénéficier des retombées des appels d’offres des marchés. Mais force est de constater que c’est plutôt le mode gré à gré, sans concurrence qui est privilégiée.

