L'Organisation non-gouvernementale Reporter sans frontières (Rsf) vient de rendre public ce 19 avril, son rapport 2020 sur la liberté de la presse dans le monde. Une fois de plus le Cameroun se trouve parmi les pays non-respectueux de la liberté de la presse. Sur 180 pays évalués, le Cameroun se hisse aux 134 rangs dans un classement dans lequel la Norvège, la Finlande et le Danemark font figures de bons élèves en matière de respect de la liberté de la presse, avec respectivement 7,8 ; 7,9 et 8,1 points.
Le Cameroun perd ainsi 3 places par rapport au classement 2019 où il occupait la 131ème position (43,32 points). D'après l'Ong, le pays a enregistré un score global de régression de 0,04 points. Le Maroc/Sahara occidental (133ème), la République centrafricaine (132), et le Zimbabwe (126) précèdent le Cameroun dans ce classement. Alors que le Soudan du sud (138), l'Eswatini (141), et l'Algérie (146) enregistrent, derrière le Cameroun, de mauvais indicateurs parmi les pays africains évalués par Rsf.
En Afrique centrale, le Cameroun se classe après le Gabon (121ème avec 37,20 points), le Tchad (123ème avec 39,70 points), la République centrafricaine (132ème avec 42,87 points). La Guinée équatoriale (165ème avec 56,38 points) fait figure de mauvais élève de la sous-région en matériels de respect de la liberté de la presse. Yaoundé n'a pas encore réagi à la suite de ce rapport au moment où l'actualité sur la tragédie de Ngarbuh refait surface, après un rapport accablant de l'ONG Human right watch sur le Cameroun.
Que dit Rsf sur le Cameroun ? (Extrait du rapport)
Le Cameroun poursuit sa longue marche arrière en matière de liberté de la presse. Le nombre pléthorique d'organes de presse souvent mis en avant par les autorités ne suffit pas à assurer un environnement favorable aux médias. Champion africain des coupures internet en 2017, le pays a de nouveau connu des perturbations de son réseau à la suite de la réélection de Paul Biya pour un septième mandat en octobre 2018. Ce scrutin aura été entaché de nombreuses exactions commises à l’encontre des journalistes et des médias : menaces, agressions, intimidations et arrestations se sont multipliées en marge de l’élection et lors de la contestation des résultats qui a suivi. Les détentions arbitraires de journalistes et les poursuites, notamment devant des tribunaux militaires ou des juridictions spéciales, ne sont pas rares dans le pays. La loi antiterroriste de 2014 avait été utilisée pour maintenir en prison le correspondant de RFI pendant deux ans et demi. La détention provisoire prolongée et sans condamnation depuis 2016 de l'ancien dirigeant de la radiotélévision publique camerounaise symbolise à elle seule le poids des représailles qui peuvent s'abattre sur des journalistes qui font de l'indépendance et de la résistance aux ingérences du pouvoir une ligne de conduite professionnelle. La permanence des menaces sur l’exercice du journalisme, notamment pour traiter les sujets les plus sensibles comme la crise anglophone et la lutte contre le terrorisme, fait régner une atmosphère de crainte et d’autocensure.
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