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Mines et énergiesEecomembre

L’industrie camerounaise du ciment face à des défis structurels malgré une capacité de production élevée

Des prix toujours élevés malgré le potentiel en ressources locales et les appels à la réforme des experts.

Publiée lundi 29 septembre 2025 à 15:27:58Modifiée lundi 29 septembre 2025 à 16:27:55Temps de lecture 4 minPar EcoMatin

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Willy Valère Nono, Directeur Général de Central Africa Cement

[Publirédactionnel] L’industrie du ciment au Cameroun, essentielle à la croissance économique du pays, est confrontée à des défis structurels malgré une capacité de production annoncée de près de 8 millions de tonnes. En réalité, la production effective plafonne autour de 5 millions de tonnes, couvrant tout juste la demande nationale et sous-régionale. Paradoxalement, les prix du ciment demeurent élevés. Comme le souligne Willy Valère Foamouwe Nono, Directeur Général de Central Africa Cement : « Le marché du ciment connaît une saturation inquiétante, mais paradoxalement, les prix restent très élevés. »

Une dépendance coûteuse aux importations

La fabrication du ciment repose sur le clinker, matière obtenue en portant à plus de 1 400 °C un mélange de calcaire, d’argile et de sable. Or, aucune cimenterie camerounaise ne dispose aujourd’hui d’une chaîne complète de production intégrée. Résultat : le clinker est massivement importé, ce qui alourdit le coût final en raison des frais de transport maritime et des droits de douane. Cette dépendance fragilise également l’industrie, exposée aux aléas logistiques ou aux tensions internationales qui perturbent l’approvisionnement.

Des ressources locales sous-exploitées

Pourtant, le pays dispose de gisements prometteurs. Le calcaire de Bidzar (Nord), celui de Mintom (Sud) ou encore celui de Wapouzé (Adamaoua) ont tous été identifiés comme exploitables. La compagnie britannique Oriole Resources a même mis en évidence un gisement de qualité cimentaire à Wapouzé, mais attend toujours un partenaire local pour le développer. À Mintom, l’exploitation est compliquée par l’inondation partielle du site par le fleuve Dja.

Outre le calcaire, la pouzzolane représente également une alternative stratégique. Cette roche volcanique, utilisée comme substitut partiel du clinker, permettrait de réduire les coûts et l’empreinte carbone de la production. Mais comme le rappelle Willy Nono, « l’État devrait faciliter l’octroi d’agréments aux cimentiers pour l’extraction de cette matière première ».

Les leviers d’une industrie plus compétitive

Face à ces défis, plusieurs pistes sont mises en avant par les acteurs du secteur :

Renforcer l’exploitation locale du calcaire, de l’argile et de la pouzzolane pour limiter la dépendance extérieure ;

Encourager les partenariats public-privé, afin de mobiliser l’investissement technique et financier nécessaire à l’exploitation des gisements ;

Réduire les coûts d’importation pour les intrants indispensables comme le gypse et le laitier (slag), qui restent nécessaires dans le processus de production ;

Stabiliser la fiscalité et la régulation, afin de donner de la visibilité aux cimentiers et leur permettre d’investir dans des équipements modernes.

Selon Willy Nono, la mise en œuvre de ces mesures contribuerait à ramener le prix du ciment à un niveau plus accessible, stimulant à la fois la construction et la croissance économique.

Une filière décisive pour l’émergence

Pour l’expert, l’industrie du ciment n’est pas un simple marché, mais une condition préalable à la réussite des grands chantiers nationaux, du logement social aux infrastructures routières. À la tête de Central Africa Cement, il insiste sur la nécessité de bâtir une filière compétitive et durable, capable de soutenir l’essor du pays. « Le développement de notre pays passe aussi par une filière cimentaire performante et abordable », conclut-il.

À propos de Willy Valère Nono

Originaire de Bandjoun, Willy Valère Foamouwe Nono est un professionnel camerounais du secteur cimentier. Titulaire d’une licence en sciences économiques de l’Université de Douala et d’un Global MBA, il a occupé des postes de responsabilité chez Afrique Construction, Dangote Cement Cameroon et Medcem Cameroun, où il a contribué au lancement du BX Master Cement. Fort de cette double expérience locale et internationale, il a été nommé en 2025 Directeur Général de Central Africa Cement.

Par Willy Valère Nono, Directeur Général de Central Africa Cement

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