Breaking News
Chargement des breaking news...
App Logo
Magazine
    Bientôt disponible...
Je m'abonne
App Logo
MagazineJe m'abonne
Je m'abonne
Politiques PubliquesEecomembre

Loi des finances : ces écueils qui plombent l’exécution du budget 2022

Covid-19, répercussions de la guerre en Ukraine, inflation galopante, lenteurs dans l’ajustement budgétaire, problèmes techniques et opérationnels constituent entre autres facteurs endogènes et exogènes qui rendent difficile la réalisation de plusieurs opérations en dépit du fait que l’Etat honore nombre de ses engagements régaliens et que certains chantiers se poursuivent sur le terrain.

Publiée lundi 9 mai 2022 à 13:12:45Modifiée jeudi 12 mai 2022 à 10:12:34Temps de lecture 9 minPar EcoMatin

Minfi-Cameroun

Lorsque l’on pose la question à des responsables de certains départements ministériels, notamment les ministères de l’Economie ou encore des Travaux publics, la réponse fuse tout de suite : «Le budget est exécuté normalement comme chaque année. Il n’y a pas de couacs». En effet, au ministère des Travaux publics, le 4 mai, l’on a procédé à une évaluation de l’exécution du budget d’investissement public au premier trimestre. En ce qui concerne l’exécution du Budget d’investissement public, sachant que le budget de fonctionnement s’exécute par blocage de précaution de 15% et par quotas trimestriels, un quota de 16% a été autorisé pour les engagements.

«Au 30 avril 2022, la situation consolidée affiche un montant de 55,937 milliards FCFA des ressources internes à gestion centrale, engagées dans le budget d’investissement public, sur une dotation de 163,100 milliards de Fcfa, soit un taux d’engagement de 34,30%.  Pour le compte du premier trimestre 2022, au 30 avril 2022, les décomptes en cours de traitement entre le contrôle financier et les services de la direction des affaires générales se chiffrent à 23,338 milliards de Fcfa », explique la note d’information publiée au terme de la réunion de cabinet tenue ce jour-là.

Lire aussi : Budget 2022 : les innovations douanières de la loi des finances

Au ministère des Finances, l’on rencontre les avis sur l’exécution du budget vont dans le sens de la régularité des opérations budgétaires. «Il y a la Can 2021 qui a été organisée au Cameroun en janvier ; les chantiers engagés par le gouvernement sont en cours de réalisation, la dette du pays est payée suivant les échéances en plus de la mobilisation des ressources budgétaires telle que prévue dans la loi des finances, les dépenses de personnels sont assurées pour ne citer que celles-là », explique un cadre de la direction du budget.

Si ces aspects font l’unanimité et sont observables par tous, reste que, assure un analyste budgétaire, des soucis existent dans l’exécution du budget cette année. «Il y a par exemple la réforme informatique que le ministère des Finances a engagée dans le but de donner plus d’efficacité dans la gestion du budget ; mais l’application Probmis ne marche pas. Elle est à l’origine de beaucoup de blocages ou de ralentissement de la chaine de dépenses budgétaires », explique un responsable de la direction du budget.

Lire aussi : Le budget 2022 de la région de l’Est augmente de 1,3 milliard de Fcfa

Des soucis relevés par le ministère des Travaux publics lors de sa réunion de cabinet le 4 mai dernier. «Certaines difficultés ont été mentionnées en rapport avec la dématérialisation des procédures de traitement, avec l’application Probmis Web. On peut, entre autres, citer la mobilisation laborieuse des fonds de contrepartie; l’exigence du paramétrage dans l’application métier du mode de calcul spécifique aux fonds de contrepartie pour leur traitement effectif et des contraintes liées à l’appropriation progressive de la nouvelle application », fait savoir le ministère.

Pour résoudre, l’on apprend tout juste que les ingénieurs sont à pied d’œuvre et que la situation devrait revenir à la normale d’ici quelques semaines. Si le budget s’exécute s’agissant de certains aspects, il y a cependant des facteurs inquiétants qui plombent le déploiement efficace de la machine budgétaire. «Lorsque le pays fait face à des difficultés conjoncturelles comme c’est le cas e ce moment avec la crise sanitaire qui ‘est totalement finie, la guerre en Ukraine et ses répercussions sur le commerce mondiale,  les Etats recherchent des voies qui les amènent à créer de la ressource financière. Donc le Cameroun doit engager des réformes pour faire face à la bourrasque qui vient d’Ukraine et à laquelle il ne peut pas échapper», explique un analyste économique.

Lire aussi : Exécution du budget 2022 : discipline, transparence et bonne gouvernance

En fait, le pays qui ploie sous une dépendance accrue des importations de denrées alimentaires et de produits pétroliers se trouve en situation de crise budgétaire. «Nous avons déjà la crise sanitaire qui n’est pas finie ; à cela est venue s’ajouter la guerre en Ukraine. Or, avec la guerre, nous sommes handicapés parce que nous importons tous les produits pétroliers que nous consommons au prix du marché international ; or en ce moment, les prix du baril de pétrole sont en hausse et nos provisions n’avaient pas plafonné ce prix à ce niveau. Quand on sait que tous les secteurs de l’économie sont tributaires du prix du pétrole, le transport aérien, maritime et terrestre, le Cameroun ne peut que subir et cela a un impact sur l’exécution du budget parce que nous devons faire face à des situations conjoncturelles imprévues», poursuit-il.

Face à la situation, le pays, admet-il, le pays ne peut qu’agir sur le levier de l’augmentation des transferts. «Dans la loi des finances, les subventions ont été plafonnées à un niveau ; mais il se trouve que si on doit afficher la vérité des prix à la pompe, l’inflation va battre des records et les ménages e pourront plus rien acheter. Du coup, on augmente le soutien de l’Etat dans les subventions  des produits pétroliers. Ce qui a un coût budgétaire énorme », étaye-t-on à la direction générale du budget.

Lire aussi : Budget 2022 : Plus de 23 milliards pour la région de l’Ouest

Il y a donc, de l’avis des experts de la direction générale du budget, un effet d’éviction qu’exercent ces dépenses supplémentaires sur l’exécution du budget qui doit, en attendant l’adoption de réformes structurelles audacieuses et inter-temporelles plus affinées, à sauver le plus urgent : payer les salaires et assurer la consommation des ménages. S’agissant des subventions sur les produits pétroliers par exemple, elles sont budgétisées à hauteur de 100 milliards de Fcfa il y a un an ; mais avec la hausse des cours du baril de pétrole, le pays qui est importateur net de pétrole, elles vont s’établir en fin d’exercice à 672 milliards de Fcfa, soit une hausse de 572 milliards de Fcfa.

En plus de l’explosion des subventions, le pays doit également faire face aux salaires des enseignants rentrés en grève en février. La dette des deux ordres éducatifs que sont le primaire et le secondaire s’établit à 331 milliards de Fcfa, dont 180 milliards de Fcfa pour les professeurs de lycées et collège et 150 milliards de Fcfa pour les instituteurs. «On a découvert qu’il y avait une dette salariale parce que les gens ne sont pas payés et si l’Etat ne les paie c’est un mauvais signal. En prenant en compte tous ces problèmes, on se retrouve face à des problèmes importants qui appellent des mesures drastiques », conclut un analyste budgétaire.

Lire aussi : Commune de Dschang : Le budget 2022 en hausse de 28%

Ainsi, au-delà de l’exécution physico-financière du BIP, le budget 2022 a du plomb dans l’aile en raison de l’inflation galopante, des chocs exogènes, de la flambée des prix des produits de grande consommation à l’instar des carburants, de la hausse des engagements budgétaires ou encore des lenteurs dans la prise de décision devant conduire à l’ajustement du train de vie de l’Etat et de la rectification des projections macroéconomiques.

Ajustement budgétaire : la pilule amère

Les difficultés liées à l’exécution du budget appellent de l’Etat, au regard de la conjoncture économique actuelle, appellent de sa part une révision de la loi des finances. «Il faut que l’Etat s’ajuste ; son niveau de vie n’est plus soutenable. Bien qu’étant un pays producteur de pétrole, ce que nous gagnons en exportation, on le perd doublement en importation. C’est cela que les grands analystes appellent le win-fall. Avec la hausse des revenus salariaux des enseignants et le soutien des prix à la consommation qui va vertigineusement augmenter, il ne reste que cette réforme à appliquer. Tout est prêt, il ne reste qu’à liquider les procédures», souligne-t-on à la direction générale du budget.

En réalité, ces facteurs plombent l’exécution rapide du budget et posent le problème d’efficacité budgétaire. «Nous devons apprendre à être efficients et efficace c’est-à-dire faire avec le peu de moyens dont on dispose avec célérité pour ne pas gripper la machine budgétaire. Deuxièmement, nous devons pratiquer des politiques de ciblage qui ont été évacuées depuis des années dans le pays. Celles-ci permettent de minimiser l’effet d’éviction que pourraient avoir certains sacrifices de l’Etat sur les recettes 

publiques et agissent de manière efficace sur les couches vulnérables sans que les riches ne continuent d’en bénéficier au même titre que les pauvres », préconise un expert de la DGB.

Au moment où des voix s’élèvent pour invoquer de possibles baisses de salaires et d’effectifs à la fonction publique, à la direction générale du budget, l’on est catégorique. «Ça n’existe pas ! En temps de crise conjoncturelle, la relance ne se fait pas par la baisse mais par la hausse de l’activité. Cela veut dire que l’Etat ne peut pas adopter cette mesure qui n’est même pas envisageable parce que si les travailleurs ne peuvent plus consommer faite de travail, le poste TVA va prendre un sérieux coup parce que le plus impôt et c’est lui qui permet de soutenir les subventions et autres. Au contraire, l’Etat qui a choisi de ne pas augmenter les salaires mais de recruter davantage, va poursuivre cette politique en réglant la dette salariale des enseignants grâce à la mobilisation de tous les postes de financements et autres guichets qui existent pour avoir de la ressource budgétaire. Donc il y aura plutôt augmentation de salaires», tranche-t-on à la division de la préparation budgétaire.

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article nécessite un abonnement EcoMembre pour y accéder.

Contactez le service client
  • Accueil
  • Politiques Publiques
  • Loi des finances : ces écueils qui plombent l’exécution du budget 2022
loi des financesBudget 2022Archive
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Dans la même catégorie

CAMEROUN - La ville de Sangmelima, au milieu de la foret tropicalePolitiques PubliquesAgriculture : le Cameroun veut immatriculer au moins 500 000 titres fonciers d’ici 2030 Alors que moins de 1 % des communes disposent d’un plan cadastral numérisé, Yaoundé veut sécuriser les terres agricoles, dans un secteur qui revient régulièrement en tête des domaines les plus dénoncés pour corruption.il y a 21 heuresDaily life in Kerawa village with Boko HaramPolitiques PubliquesLe Cameroun cherche 1 119 milliards FCFA pour relancer sa stratégie agricole après les déboires du Piisah Avec à peine 8% de financement mobilisés, le plan d’import-substitution 2024-2026 a pâti de contraintes de trésorerie mais Yaoundé vient de présenter une autre version baptisée le ''Pacte AgriConnect''. il y a 2 joursEpremiumAllocations familiales CNPSPolitiques PubliquesSécurité sociale : le Cameroun veut élargir les prestations de l'assurance volontaireLe régime destiné aux indépendants et aux travailleurs informels s’essouffle. Selon la CNPS, les nouvelles adhésions à l’assurance volontaire ont chuté de plus d’un quart en un an.il y a 3 joursYaounde VillePolitiques PubliquesCameroun : la participation du public à l’élaboration du budget de l’État s’effondre de 20 à 9 points (rapport)Le Cameroun associe de moins en moins le public à ses décisions budgétaires. Selon l’Enquête sur le Budget Ouvert 2025, le pays obtient une note de 9/100 sur cet indicateur, contre 20/100 deux ans plus tôt.il y a 3 joursEpremiumdouanesTransport et LogistiqueCameroun, Nigeria et Bénin préparent l’interconnexion de leurs systèmes douaniersCes trois pays avec l’appui d’Afreximbank, préparent un vaste chantier pour fluidifier leurs frontières, dans un contexte où le commerce intra-africain reste marginal comparé au reste du monde.il y a 4 joursEpremiumLe ministre centrafricain des Finances et du Budget XXXPolitiques PubliquesDette publique : la Centrafrique lance une nouvelle offre de rachat de 7,5 milliards FCFA après un premier essai décevantLa première tentative n'avait guère convaincu les investisseurs. Le Trésor centrafricain revient à la charge, alors que plusieurs échéances de remboursement approchent.il y a 4 jours
Actuellement en kiosque

Les plus lus

1Affaire Garoubé : la justice française maintient une saisie de 11,7 milliards FCFA contre l’État du Camerounil y a 3 jours2Cameroun : le projet de brasserie Krieger Brewery franchit l’étape des audiences publiquesil y a 1 jour3Tchad : le groupe ivoirien AFG en passe de prendre le contrôle de la Banque de l’Habitatil y a 3 jours4Cameroun : l’offre aérienne s’étoffe avec 21 compagnies, portée par les liaisons africainesil y a 5 jours5Cameroun : le français Camusat lève 12 milliards FCFA auprès de deux banques locales pour ses infrastructures de télécomsil y a 4 jours6Fitch abaisse la note souveraine du Cameroun à « B- »il y a 4 jours7CEMAC : les capitaux étrangers reculent dans les banques, les nationaux contrôlent désormais 23 établissements sur 54il y a 3 jours8Guinée équatoriale : Tradex menacé de perdre ses réservoirs de stockage de carburantil y a 3 jours9Abidjan, Lomé, Libreville… : Idrissa Nassa remanie les états-majors de Coris Bank en Afriqueil y a 1 jour10CEMAC : les États veulent puiser dans les dividendes de la BEAC pour recapitaliser la BDEACil y a 4 jours
📧

Newsletter EcoMatin

Recevez notre briefing économique quotidien directement dans votre boîte mail

Analyses exclusives • Décisions économiques • Afrique centrale

App Logo
Je m'abonne
MarchéCotationBoursesFondsMatières premièresConvertisseur
AbonnementsMon compteMes abonnementsNewslettersArticles achetés
ServicesConditions généralesPolitique de confidentialitéPolitique en matière de cookiesContact & Suggestions
La rédactionQui sommes-nous?Nous rejoindreNotre équipeLettre du DP
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.