Au Cameroun, l'Union Européenne (UE) a annoncé un financement de 80 milliards d'euros, soit 52 509,6 milliards de Fcfa pour soutenir la recherche et l'exploration de minéraux critiques. « L’Union Européenne projette un financement en vue de la recherche des minéraux critiques, à hauteur de quatre-vingt (80) milliards d’Euros ». C’était au cours de la réunion des ministres des Mines de l'Organisation des États d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (Oeacp), avec l’UE en terre camerounaise, couplée à la 4e édition de la Convention internationale des mines et expositions du Cameroun (Cimec).
Selon des sources proches du dossier, ces fonds seront affectés aux projets miniers à toutes les échelles à savoir la mine artisanale et la mine industrielle. Le plan d’investissement n’a pas été déroulé en détail ainsi que les éventuels sites prioritaires, encore moins la période de mobilisation des fonds. Mais, lors de la clôture de la réunion des ministres des Mines de l’Oeacp tenue à Yaoundé du 23 au 24 mai dernier, les échanges ont abouti à la signature d'un communiqué conjoint entre le Cameroun et l'Union Européenne sur une stratégie de gestion des minéraux critiques en vue d'aboutir à un mémorandum d’entente ou d'un protocole d'accord.
En détail, les minéraux critiques ciblés ici sont entre autres le lithium, le cobalt et le niobium, etc. Ceux-ci sont essentiels pour la fabrication de technologies de pointe, notamment les batteries pour véhicules électriques, les éoliennes et les composants électroniques. Le Cameroun dispose d'un riche sous-sol regorgeant de minéraux critiques. Le pays est notamment connu pour ses gisements de cobalt, de bauxite et de fer. L'investissement de l'UE permettra de financer des projets de recherche et d'exploration visant à identifier ces ressources, ainsi qu'à développer des technologies d'extraction et de traitement durables.
Des financements pour développer l’industrie
L'engagement de l'Union Européenne (UE) à soutenir le développement du secteur minier au Cameroun par un financement de 80 milliards d'euros intervient à un moment crucial pour le pays. En quête de financements nécessaires pour développer son industrie, le pays fait recours aux institutions internationales depuis plusieurs années. Bien avant cette annonce de l’UE, le Cameroun à travers la Plateforme de responsabilité sociale du secteur minier (Precasem), a contracté un prêt de trente-quatre (34) millions de dollars USD (20,5 milliards de Fcfa) en 2021 dans le but d’améliorer la cartographie géologique et les connaissances sur le potentiel minier qui nécessitent une mise à jour. Aussi, depuis 2019, la Banque mondiale a lancé un programme de cinquante (50) millions de dollars USD (30,1 milliards de Fcfa), en vue d’accompagner le financement de la recherche des minéraux stratégiques dans le pays. Pour Victor Aristide Mimbang, directeur des mines au ministère des Mines et du développement technologique (Minmidt), « au regard des résultats des travaux du Precasem, le potentiel est important et doit faire l’objet des recherches approfondies en vue d’évaluer les réserves en place. »
Globalement, d'après une étude du FMI intitulée "Digging for Opportunity : Harnessing Sub-Saharan Africa's Wealth in Critical Minerales", récemment publiée, l'Afrique abrite 30% de réserves minérales critiques (lithium, nickel, manganèse et cobalt) du monde et leur exploitation pourrait générer jusqu'à 2000 milliards de dollars de revenus au cours du prochain quart de siècle. Ce montant représente 12% des revenus que devraient générer l'extraction de ces minerais à l'échelle mondiale.
Des défis à relever
Cependant, le développement du secteur minier au Cameroun n'est pas sans défis. Selon les experts, il serait important de veiller à ce que l'exploitation minière se fasse de manière durable et responsable, en respectant l'environnement et les droits des populations locales. Ensuite, serait essentiel de mettre en place des mécanismes de transparence et de bonne gouvernance pour garantir que les bénéfices de l'exploitation minière soient équitablement partagés. Pour ce faire, l’ambassadeur de l’Union Européenne au Cameroun et en Guinée Equatoriale, Jean-Marc Chataigner, dans son allocution à l’ouverture de la Cimec et de la réunion des ministres en charge des Mines de l’Oeacp a fait savoir que la transition écologique constitue un enjeu majeur que l’Union Européenne porte à travers les pays de l’Oeacp. Car les ressources extractives constituent des sources d’énergies pour une transition verte, par l’utilisation et l’exploitation des minéraux critiques qui doivent être une valeur ajoutée à l’égard de ces pays avec pour corollaire l’impulsion du développement local à travers la construction des infrastructures (chemin de fer, routes bitumées et œuvre sociale).

