L'exemple le plus frappant dans la capitale économique reste incontestablement celui de la pénétrante Est de Douala, littéralement vandalisé par des personnes non-identifiées. L’ampleur des dégâts sur les garde-fous, poteaux électriques, bouches d'incendie et panneaux publicitaires montre que ces infrastructures sont systématiquement victimes d'attentats odieux. Interpellées en 2017 par Yaoundé sur ce sujet préoccupant, les autorités administratives de la ville de Douala ont tout de suite lancé une vaste campagne de sensibilisation de sensibilisation contre la destruction du mobilier urbain.
Les dégâts enregistrés au moment des faits étaient évalués, d'après Naseri Paul Bea, alors Préfet du Wouri, à 800 millions de FCFA moins d'un an seulement après la mise en circulation de l'infrastructure routière. Dans la foulée, le Dr. Fritz Ntone Ntone, délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Douala, va convoquer les entreprises concessionnaires (Camwater, Eneo, Camtel) dont les travaux dégradaient sérieusement le mobilier urbain (destruction de bitume), à l'effet de créer une plateforme de concertation relative à la dégradation du mobilier urbain, sous le principe « pollueur-casseur-payeur ».
Toutes les mesures prises par la Communauté urbaine de Douala se sont révélées vaines. La ville de Douala continue d'enregistrer des cas quotidiens de destruction et vandalisme sur le mobilier urbain : « les entreprises concessionnaires sont facilement identifiables. Avec elles, le problème ne se pose pas », s'est exprimé, Roger Mbassa Ndine, maire de Douala, le 9 avril 2020.
La ville de Douala met désormais un accent particulier sur les « usagers du mobilier urbain », hors entreprises concessionnaires. Roger Mbassa Ndine a décidé de la mise en place d’une procédure d’application du principe « casseur-payeur », en cas de destruction du mobilier urbain. Il travaillera en étroite collaboration avec le procureur de la République près le Tribunal de grande instance du Wouri, les commissaires centraux de la ville, les sociétés d'assurance, les régies financières, et tous les acteurs impliqués pour une stratégie commune contre les délinquants urbains.
« Nous voulons attirer l'attention des populations sur la destruction et la dégradation volontaire ou accidentelle du mobilier urbain. Nous devons réagir énergétiquement face à ce type de vandalisme », a prévenu l’édile de la ville. Le procureur de la République près le TGI du Wouri indique pour sa part que « l'accent doit être mis sur l'établissement des procès-verbaux et les constats d'infractions contre les délinquants du mobilier urbain ». La concertation de plus de trois heures a débouché sur des recommandations à mettre en œuvre à terme.
Recommandations
- Constatation de l’infraction est le préalable à toute action de réparation au moyen d’un procès-verbal simplifié signé par les deux parties sous la diligence des agents de Police Nationale et Municipale.
- Une Commission de conciliation à mettre sur pied pour le traitement des PV établissant l’infraction
- Evaluation du degré de préjudice en vue d’établir une mercuriale pour remplacement du mobilier dû à des dommages mineurs et le recours du contrat d’assurance pour la couverture les préjudices majeurs
- Une procédure à mettre sur pied en vue du prélèvement des coûts de réparation dans la perspective de la réalisation dans l’immédiat de la réparation (compte séquestre du Greffe ou Compte spécial en réflexion)
- Réflexion sur une campagne de sensibilisation des populations sur la protection du mobilier urbain avec pour option d’impliquer celles-ci dans l’identification et le signalement des contrevenants
- Résolutions
- Mise sur pied d’un Comité Restreint pour élaboration du PV simplifié
- Densification de la présence des FMO et Police Municipale autour du Mobilier Urbain
- Implication indispensable du Chef de Groupement Régional de la voie Publique et de la Circulation

