Les acteurs économiques de la CEMAC ont réalisé 907 484 opérations d’envoi de fonds en 2023, pour un montant global de 963,6 milliards FCFA, selon le rapport annuel sur les services de paiement de la BEAC. Ce volume, en baisse de 23,2 % par rapport à 2022 (1 255,1 milliards FCFA pour 1,54 million d’opérations), traduit un net ralentissement des transferts sortants. Ces transactions couvrent les services de mandats, de remises de fonds et de mise à disposition, c’est-à-dire les paiements ne nécessitant pas de compte bancaire du payeur ou du bénéficiaire. Ils sont très utilisés pour des petits transferts (≤ 1 million FCFA) vers l’étranger via des réseaux comme Western Union, MoneyGram ou RIA. La BEAC explique que les opérateurs ont justifié ces baisses des envois de fonds par "une application plus stricte de la règlementation des changes".
En 2023, les flux les plus importants ont été dirigés vers l’Union européenne (361,8 milliards FCFA), l’Asie (271,6 milliards FCFA) et la CEDEAO (133 milliards). Les envois de fonds intra-CEMAC, eux restent marginaux représentant moins de 15% du total.
Du côté des transferts entrants, la tendance s’est inversée. Le nombre d’opérations a chuté de 2,91 millions en 2022 à 1,05 million en 2023, soit un recul de près de 64 %. En revanche, les montants reçus ont bondi de 34 %, passant de 569,8 à 763,8 milliards FCFA sur la période. Ce paradoxe traduit une hausse du ticket moyen des transferts, probablement liée à un resserrement des circuits informels et à une concentration des flux sur les envois à plus forte valeur ajoutée. En valeur, près des trois quarts (73,7 %) des fonds proviennent de l’Union européenne, loin devant l’Amérique du Nord et la CEDEAO, principales zones contributrices de la diaspora.
Danielle Noah

