Le communiqué final de la 6ème session du Comité de pilotage de la rationalisation des communautés économiques régionales Cemac-Ceeac et Cepgl, tenue les 6 et 7 juin 2024 à Yaoundé, a permis de constater quelques avancées dans ce projet. Après la validation du Traité constitutif de la nouvelle Communauté économique régionale par le Conseil des ministres en 2020, l’instance a également validé certains textes régissant les organes et institutions de la nouvelle entité qui va regrouper 11 pays d’Afrique Centrale et des pays des Grands Lacs. Si quelques points d’attention doivent encore bénéficier d’éclairages avant leur adoption, des éléments de convergence ont émergé concernant les écoles de formation communautaires qui passent de 7 à 4, ainsi que sur les questions monétaires et des marchés financiers.
S’agissant spécifiquement de la monnaie et des marchés financiers, les six gouverneurs de banques centrales des trois ensembles communautaires telles la Beac, les Banques centrales du Congo, de Sao Tome y Principe d’Angola ou encore la banque nationale du Rwanda, présents à la réunion de Yaoundé ainsi que les responsables des marchés financiers desdits espaces économiques, se sont accordés sur les textes qui devront dorénavant régir les devises en circulation en Afrique centrale, à travers la création de la Haute autorité monétaire et bancaire d’Afrique centrale.
De fait, au regard de la pluralité des monnaies nationales en circulation dans le nouvel ensemble en création, il est question d’encadrer les échanges commerciaux entre les Etats et de faciliter la circulation de celles-ci durant une période transitoire qui reste à déterminer. Cette Haute autorité monétaire et bancaire va jouer le rôle de régulateur et aura pour mission de veiller à la convergence et à la convertibilité des devises locales, de faciliter et fluidifier la circulation fiduciaire dans les Etats membres.
Ladite institution, dont la mission sera ponctuelle, devra disparaître à l’issue de son mandat qui consiste en la mise en place d’une banque centrale unique et d’une monnaie unique commune aux Etats de la nouvelle entité communautaire. Il sera donc question de régir la convertibilité et les échanges entre le Dobra de Sao Tome y Principe avec les autres devises communautaires que sont le Kwanza d’Angola, le Franc congolais de RDC, le Franc rwandais, le Franc burundais et le Franc CFA en circulation au Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, en Centrafrique et au Tchad. Tout en précédant la mise en place de la future banque centrale unique de l’Afrique centrale, la Haute autorité monétaire et bancaire devra également réfléchir à l’architecture du nouvel institut d’émission : celui-ci sera soit une banque centrale de type fédéral, soit de type centralisé. Ce point devra être approuvé et validé par les chefs d’Etat bien que le format de la Haute autorité ait été validé par les ministres.
S’agissant des marchés financiers, le protocole régissant ce secteur a été validé et transmis avec avis favorable au chef de l’Etat camerounais, dédié à la rationalisation des sous-ensembles communautaires. Le conseil des ministres a cependant insisté sur la nécessité de disposer de marchés financiers performants afin de compléter le dispositif de financement des économies d’Afrique centrale encore limité aux banques. À cet effet, la Haute autorité des marchés financiers d’Afrique centrale a été validée et son rôle qui sera permanent, consistera à la régulation des marchés de la nouvelle entité.
La Cemac-Ceeac-Cegpl est un ensemble communautaire qui représente un marché de plus de 200 millions de personnes habitant une superficie de 6,67 millions de kilomètres carrés. L’exportation des hydrocarbures représente 41% du PIB et domine l’économie de la région, suivie de près par l’activité forestière, les industries minières extractives, et enfin par des agro-industries centrées autour de la transformation du coton, café et cacao, caoutchouc.
Elle dispose de ressources pétrolières, minérales et minières importantes (diamant, cuivre, fer, manganèse, cobalt, etc.) dont certaines sont des gisements de classe mondiale. Les réserves pétrolières prouvées en 2020 au sein de la région, sont estimées à 31,3 milliards de barils, soit 28% des réserves totales du continent.

