Le projet de loi de finances du Tchad pour l’exercice 2026 a été présenté devant le Parlement par le ministre des Finances et du Budget le 2 décembre dernier. Au cœur des mesures phares, figure l'institution d'un nouveau prélèvement douanier sur une dizaine de produits provenant des cinq autres pays de la zone. En effet, N'djamena propose d’instituer « un droit de douane de 5 % à l’importation des produits du cru originaires de la CEMAC ». Cette mesure est appliquée pour une durée de trois ans.
Il s’agit des produits céréaliers : le froment (blé), les fruits et légumes (bananes, pommes et les poires), les fruits tropicaux spécifiques tels que les goyaves, mangues, mangoustans et papayes, les agrumes frais ou secs (citrons, oranges, mandarines, pamplemousses et clémentines) et les œufs frais.
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Théoriquement, en renchérissant le coût des produits importés, N’Djamena souhaite offrir un avantage aux producteurs locaux, stimulant ainsi la production nationale des filières concernées (blé, œufs, fruits). Cependant, le surcoût de 5 % sera probablement répercuté sur le consommateur tchadien, affectant le coût des denrées de base. Cette hausse des prix irait à l'encontre de l'objectif national de maintenir le taux d’inflation en dessous de la norme communautaire de 3 %.
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Rappelons que cette mesure intervient dans un contexte où les échanges du Tchad avec son principal partenaire régional, le Cameroun, sont déjà en recul. Selon l’Institut National de la Statistique (INS), le Tchad est sorti en 2024 du Top 5 des clients mondiaux du Cameroun (où il était en 2023 avec 278 700 tonnes de marchandises pour 149,1 milliards FCFA), pour être relégué au 8e rang, avec des achats s'élevant à 138,9 milliards FCFA. Globalement, Yaoundé n’a capté que 6,8 % des recettes globales d’exportations (3252,2 milliards FCFA) en direction des autres pays de la zone en 2024, ce qui suggère que les échanges avec les pays africains restent limités dans les statistiques douanières.

