elite_capital-15-09-2026
Breaking News
Chargement des breaking news...
Breaking News
Chargement des breaking news...
App Logo
Magazine
    Bientôt disponible...
Je m'abonne
App Logo
MagazineJe m'abonne
Je m'abonne
Romain Blachier
Romain BlachierRomain Blachierconsultant en politiques énergétiques et expert à la fondation Jean Jaurès et chroniqueur
Opinion

À Douala, les usines devraient connaître la veille l'heure de la coupure

Les raccordements promis aux industriels de Douala sont annoncés pour la fin de l'année. Entre-temps, deux mesures retenues le 22 septembre par l'ARSEL et la Banque mondiale peuvent aider les usines sans tirer un mètre de ligne.​

Publiée jeudi 1 octobre 2026 à 16:22:29Modifiée jeudi 1 octobre 2026 à 16:22:31Temps de lecture 5 minPar EcoMatin

consultant en politiques énergétiques et expert à la fondation Jean Jaurès et chroniqueur
consultant en politiques énergétiques et expert à la fondation Jean Jaurès et chroniqueur

Le 22 janvier, au siège du GECAM à Bonanjo, Gaston Eloundou Essomba, ministre de l'Eau et de l'Énergie, était venu présenter son plan d'action. Célestin Tawamba, président du Groupement Interpatronal camerounais (Gecam), a résumé le malaise : « Plus nous parlons, plus la situation se dégrade. Les entreprises ont besoin de visibilité. » Huit mois plus tard, dans sa note de rentrée du 10 septembre, le GECAM écrit que 65 % des entreprises dépendent de groupes électrogènes, avec un kilowattheure à 200 ou 350 FCFA, jusqu'à sept fois le tarif industriel normal. Dans l'enquête de la Banque mondiale auprès de 615 entreprises camerounaises, conduite entre juin 2024 et février 2025, 93 % subissaient déjà des coupures, 10,4 par mois en moyenne, à peu près une tous les trois jours.

Je l'écrivais ici le 21 août, Douala manque de lignes bien plus que de centrales ou de production. Le corridor Édéa-Douala plafonne à 540 MW pour une demande de 671 MW, d'après les chiffres du ministère en janvier. Le 2 juin, une note du ministère expliquait que le fisc avait bloqué les comptes de Globeleq, sur fond d'« impayés persistants du concessionnaire de distribution » ; les centrales de Kribi et de Dibamba s'étaient arrêtées et 40 % des usagers du Littoral et de l'Ouest étaient délestés (un service de l'État bloquait ainsi un producteur non payé par la société société publique de distribution ). Six jours plus tard, dans ces colonnes, Nicolas Bec, directeur d'exploitation de Nachtigal, rappelait qu'à 300 MW « Nachtigal est capable de prendre en charge, à elle seule, un tiers […] de la consommation totale du Cameroun ».

Le 22 septembre, une équipe de la Banque mondiale a rencontré l'ARSEL, que dirige Jean Pascal Nkou, pour préparer un nouveau programme d'investissement. Trois priorités sont sorties de cette rencontre, dont le coût du service et la tarification, qui demanderont du temps. Les deux autres sont la « gestion dynamique de la demande » et le « relèvement du facteur de puissance ». Si près de deux entreprises sur trois ont un groupe élmectrogéne, Douala dispose déjà d'une centrale de pointe, en pièces détachées dans les cours d'usine, qui démarre chaque fois que le réseau Je propose de lui donner un horaire afin de permettre aux entreprises de pouvoir prévoir les coupures à l'avance.

Concrètement un client industriel signe un contrat de pointe avec la SOCADEL, que dirige Oumarou Hamandjoda depuis mai. La veille, la SONATREL, qui gère les flux sur le réseau de transport indique à ce client une plage pendant laquelle il réduit son appel d'un nombre de mégawatts convenu, en basculant sur son groupe ou en déplaçant une équipe vers la nuit. En contrepartie, on ne le déleste plus en dehors de ces plages, et ses kilowattheures d'heures creuses lui sont facturés moins cher.

Le contrat de Nachtigal oblige l'acheteur à verser chaque mois 14,3 millions d'euros de charge de capacité, environ 9,4 milliards de FCFA, que le réseau puisse évacuer le courant ou non. Le même rapport note qu'aux périodes de faible demande, quand les débits sont forts, il faut garder en marche des centrales anciennes pour stabiliser le réseau. Une partie de la capacité payée à Nachtigal dort alors, et la vendre moins cher à l'usine qui décale sa production vers ces heures-là serait du revenu supplémentaire. Le Kenya le fait depuis 2017, à moitié prix pour l'industrie et le commerce en heures creuses, et la consommation à ce tarif a bondi de 74 % sur un an au second semestre 2025.

Pour soulager le corridor, l'effort doit venir des usines situées en aval du goulot, à Bassa ou à Bonabéri. On commencerait par les plus gros sites de Douala, en leur réservant les premiers des 8 000 compteurs intelligents dont la commande a été annoncée en janvier. Les factures industrielles ont une rubrique intitulée « énergie réactive », mesurée en kVArh, et des pénalités sont appliquées lorsque le facteur de puissance chute en dessous de 0,80. Le seuil doit monter à 0,9. En janvier, devant le patronat, le ministre a proposé un « réexamen des délais d'application du relèvement du cosinus phi à 0,9, tenant compte du contexte économique actuel ». Ce réexamen peut aussi servir à organiser le financement des équipements.

Un transformateur génère de la chaleur en fonction de l'intégralité du courant qui le traverse Une usine qui s'équipe retire environ 16 % de charge au poste qui l'alimente, tout en maintenant sa production. À Logbaba, le transformateur grimpe à 140 % de sa charge quand les centrales thermiques d'appoint s’arrêtent. La correction, c'est aussi celle des batteries de condensateurs, posées dans l'enceinte de l'usine. Il faut les payer tout de suite, et la SOCADEL, ou une ligne du futur programme de la Banque mondiale, peut faire l'avance. Cela fournit et paie l'équipement des gros clients de Douala, qui le remboursent sur leur facture par mensualités plafonnées aux pénalités qu'ils paieraient au seuil de 0,9. L'ARSEL rédige un contrat type, identique pour tous, pour que chaque dossier ne tourne pas à la négociation particulière.

Certes, rien de cela ne remplace le corridor ni les 150 MW de raccordements promis. Les deux contrats types peuvent pourtant être publiés par l'ARSEL avant décembre, et les premiers signés dans la foulée avec les plus gros sites de Bassa et de Bonabéri. Un directeur d'usine y apprendrait la veille, par un message de la SONATREL, à quelle heure il tournera sur son groupe le lendemain..

Romain Blachier, qui a grandi à Douala, est expert associé à la Fondation Jean-Jaurès, consultant et enseignant en sciences politiques et en énergie.

  • Accueil
  • Opinions
  • À Douala, les usines devraient connaître la veille l'heure de la coupure
CamerounArselbanque mondialeSonatrelNachtigalÉlectricitéGecamPolitiques publiquesréseau électriqueÉnergieSocadelÉconomie camerounaiseDélestageCoupures de courantSecteur industrielVoici les tags pour cet article : DoualaGroupes électrogènesFacteur de puissanceRomain Blachier
Actuellement en kiosque

Les plus lus

1
2
3
4

Lire aussi

Toutes les opinions

Lire aussi

Du même auteur

Du même auteur

Articles connexes

Articles connexes

nsia-19-09-2026
App Logo
Je m'abonne
MarchéCotationBoursesFondsMatières premièresConvertisseur
AbonnementsMon compteMes abonnementsNewslettersArticles achetés
ServicesConditions généralesPolitique de confidentialitéPolitique en matière de cookiesContact & Suggestions
La rédactionQui sommes-nous?Nous rejoindreNotre équipeLettre du DP
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.