Mauvais temps pour les employés au Cameroun, d’Egis Road Operation, entreprise appartenant au groupe français Egis. La filiale de cette société qui intervient dans le secteur de l'ingénierie et des études techniques, Egis Road Operation Cameroon (ERO Cam) annonce en effet le licenciement de 200 salariés dans le pays. Selon les explications contenues dans un communiqué signé et parvenu à EcoMatin ce 18 juin, cette décision fait suite à la résolution prise par le gouvernement camerounais de suspendre le 2 février 2024, le contrat de Partenariat Public-Privé (PPP) signé avec Tollcam Partenariat pour la construction et l’exploitation de 14 postes de péages automatiques sur les principales routes du pays, et pour lequel ERO Cam a été mobilisé sur le terrain.
« A ce jour, renseigne le document, les discussions en cours ne laissent entrevoir aucune issue à court terme. En conséquence, la suspension du contrat de partenariat entraîne l’arrêt des paiements de loyer prévus par l’État à Tollcam, rendant impossible la rémunération des sous-traitants, dont Egis Road Operation Cameroun (ERO Cam) ». Toute chose qui contraint ERO Cam à procéder au licenciement de ses employés. « Les démarches administratives nécessaires ont été engagées ce jour, impactant près de 160 collaborateurs en plus des quelque 40 employés dont les contrats étaient déjà parvenus à terme. Ce sont donc au total plus de 200 personnes qui auront été démobilisées de ce projet », peut-on lire.
C’est le 18 mai 2020, que la société de droit camerounais Tollcam détenue à 50% par Fayat et à 50% par Egis, a signé avec le ministre camerounais des Travaux publics et son collègue des Finances un contrat de Partenariat Public-Privé (PPP) portant sur le financement, la conception, la construction, l’équipement, l’exploitation et la maintenance de 14 postes de péages sur les principaux axes routiers du pays. Le 2 février 2024, le gouvernement camerounais suspendait l’exécution dudit projet en mode PPP, en vue de sa mutation en un marché public pour son transfert en pleine propriété à l’Etat. Cette décision implique que l’entreprise détenue par le groupement français Fayat et Egis ne devrait désormais qu’être chargé de prestations pour lesquelles il sera désormais rémunéré dans le cadre d’un marché public à conclure. Après un investissement de 42 milliards de Fcfa, Tollcam devait initialement se faire payer des loyers annuels d’un montant total de 195 milliards de Fcfa sur les 18 années d’exploitation prévues dans le contrat.

