Le dossier du port en eau profonde de Mayumba franchit un nouveau cap décisif. Par un avis officiel émis ce 21 septembre 2026 par le ministère gabonais des Transports, de la Marine marchande et chargé de la Logistique a opté pour un appel à manifestation d'intérêt international de type restreint. L'objectif affiché est d'arrêter une liste sélective de consultants qualifiés, associant expertises nationales et internationales, pour réaliser les études techniques de ce mégaprojet et professionnaliser la démarche sur des bases irréprochables.
Pour s'assurer de la viabilité de ce nouveau départ, le cahier des charges publié par le gouvernement impose un filtre drastique aux prétendants. Les cabinets d'études nationaux ou internationaux sur les rangs devront présenter des garanties financières et techniques substantielles, en justifiant notamment d'une expérience d'au moins dix ans dans des prestations similaires et d'un chiffre d'affaires moyen de 1,5 milliards de FCFA au moins une fois au cours des six dernières années. Les soumissionnaires doivent en outre prouver leur capacité à mobiliser des liquidités ou des lignes de crédit pour démarrer immédiatement les prestations dès la notification du marché.
La composition des dossiers de candidature, dont la date limite de dépôt est fixée au 3 novembre 2026, exige un formalisme rigoureux allant de la divulgation des bénéficiaires effectifs aux attestations fiscales et sociales pour les nationaux, en passant par la valorisation des CV du personnel clé. L'étape suivante de ce chronogramme décisif se déroulera le même jour, le 3 novembre 2026, avec l'ouverture publique des plis scellés en présence des représentants des candidats. Les marchés internationaux observent désormais ce calendrier avec un mélange d'intérêt poli et de scepticisme prudent, attendant de voir si Libreville saura transformer ces études en une réalité concrète.
Un serpent de mer géostratégique à l'épreuve des faits
Annoncé depuis les années 2000, le projet de construction du port en eau profonde de Mayumba s'est longtemps apparenté à un serpent de mer économique. Porté par des visions successives, ce chantier a fait l'objet d'annonces en cascade, de promesses d'investissements et de multiples mémorandums d'entente signés au fil des décennies sans jamais voir le premier coup de pioche marquer le début des travaux.
Dans cette longue chronologie d'espoirs déçus, plusieurs partenaires internationaux avaient déjà été consultés par Libreville pour tenter de concrétiser l'ouvrage. Parmi ces jalons marquants, l'on retient notamment les accords et discussions menés avec Sustainable Forestry Management Africa (SFM Africa), ainsi que, plus récemment en juin 2026, les tractations stratégiques engagées avec le géant émirati KEZAD Group. Autant d'alliances et de mémorandums qui, faute de bouclage financier ou de volonté politique pérenne, sont longtemps restés lettre morte.
Pourtant, l'importance géostratégique de ce port en eau profonde n'a jamais varié pour l'économie gabonaise et sous-régionale. Conçu pour être un véritable catalyseur de croissance, il doit permettre de stimuler l'exploitation minière et forestière et d'offrir un débouché maritime de premier plan sur l'océan Atlantique, ouvrant ainsi une voie royale au désenclavement de la riche région australe du pays.
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Au-delà de sa simple dimension technique, le port en eau profonde de Mayumba représente un levier de puissance et de compétitivité déterminant pour l'économie gabonaise et son positionnement dans le golfe de Guinée. Conçu pour valoriser les immenses richesses de la région australe du pays, notamment forestières, minières et halieutiques, ce futur hub maritime doit permettre d'offrir un débouché direct et moderne à l'océan Atlantique pour l'évacuation des minerais et des produits bruts.
Dans une sous-région en proie à une concurrence portuaire acharnée, où des infrastructures comme le port de Kribi au Cameroun ou le port de Pointe-Noire au Congo captent l'essentiel des flux logistiques de l'Afrique centrale, le Gabon joue gros. Le port de Mayumba est pensé non seulement pour désenclaver le sud du territoire national, mais aussi pour s'imposer comme un carrefour d'éclatement et un pôle d'attraction pour les pays hinterlands de la zone CEEAC. En se dotant d'une telle infrastructure de nouvelle génération, Libreville ambitionne de transformer durablement sa position géographique en avantage comparatif, damant ainsi le pion à ses voisins et s'affirmant comme un acteur incontournable du commerce maritime international










